Insula Dulcamara

1938
Insula Dulcamara
Paul Klee, 1938 ;
huile et couleur à la colle sur papier sur toile de jute, 88 x 176
Berne, Centre Paul Klee

Insula dulcamara est le plus grand tableau achevé de Klee. Il s’intitulait à l’origine l'Ile de Calypso. Les coloris tendres évoquant des plantes en fleurs contrastent avec des lignes noires et dures, les formes dynamiques et ouvertes avec d’autres fermées et statiques. Comme support, Klee a utilisé du papier journal monté sur de la jute et peint de couleurs à l’huile et à la colle.

Les signes picturaux sont tous issus d’un vocabulaire formel élémentaire et présentent plusieurs niveaux de lecture. Ainsi, la ligne qui va de la gauche vers la droite dans la moitié supérieure du tableau rappelle un serpent, la forme plus à droite une calligraphie arabe. Au milieu du tableau, on distingue un visage blême, que Klee a repris dans Mort et feu (1940) durant sa dernière année de travail.

Le titre initial du tableau renvoie à la première idée, la thématisation du séjour d’Ulysse sur l’île de la nymphe Calypso. En cours de travail, Klee a élargi son propos, au-delà de la référence mythologique, à un message pictural plus ouvert. Le titre »Insula dulcamara« a des résonances exotiques, tout en renvoyant à l’antinomie du doux (lat.: dulcis) et de l’amer (amarus). Il fait toutefois vraisemblablement référence en premier lieu à la médecine: solanum dulcamara est le nom latin de la douce-amère, une plante extrêmement toxique qui, employée comme plante médicinale, est anti-inflammatoire et stimule le métabolisme. Utilisée pour ses propriétés antirhumatismales, elle était capable de soulager les symptômes de la sclérodermie dont souffrait Klee. Les baies écarlates réparties sur le tableau et quelques petites feuilles brunes renvoient directement à la solanum dulcamara à son stade de maturité.

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