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La vallée de larmes

1883

La vallée de larmes
Gustave Doré, 1883
Huile sur toile, 413,5 x 627 cm
Paris, Petit Palais

Le thème de La Vallée de larmes peinte sur une immense toile s’inspire de l’Evangile selon saint Matthieu qui rapporte ces paroles du Christ : « Venez avec moi, vous tous qui peinez sous le poids du fardeau, et moi je vous donnerai le repos ». Au seuil de sa vie, Gustave Doré évoque la lumière de la foi qui triomphe de la douleur et de la mort.

L’humanité souffrante se dirige vers la figure du Christ rédempteur portant sa croix. La lumière qui irradie de sa frêle silhouette éclaire un paysage aride et montagneux. La foule se presse sur ces pentes abruptes : souverains et mendiants, enfants et vieillards, hommes et femmes. Leurs vêtements évoquent le moyen orient, berceau de la Chrétienté.

Catholique par tradition familiale et de tempérament angoissé, Gustave Doré a cherché l’apaisement dans la foi chrétienne. Sa fascination pour le Christ éclate dans les peintures de la Doré Gallery. Celle-ci se compose d’une vingtaine de grandes toiles commandée à l’artiste en 1867, à la suite de l’énorme succès de sa Sainte Bible illustrée. Comme Manet, né et mort la même année que lui, Doré est éreinté par la critique qui ne comprend ni la singularité de son réalisme visionnaire, ni l’intelligence visuelle de ses mises en scène. C’est à Londres, grâce à l’ouverture de la Doré Gallery de 1869 à 1892, puis aux Etats-Unis, que cet oeuvre trouve une audience plus favorable.

Au cours de ses vingt-quatre années d’existence, la Doré Gallery et sa vingtaine de toiles a reçu environ deux millions et demi de visiteurs. En 1892, la plupart des peintures ont été envoyées aux États-Unis pour être présentées dans une exposition itinérante jusqu’en 1898. Puis l’oubli tombe sur elles. Elles sont retrouvées en 1947 dans un entrepôt de Manhattan, vendues aux enchères et dispersées.

Depuis 1985, trois d’entre-elles font partie des collections du Petit Palais, dont la dernière réalisée : La vallée des larmes (1883). Comme les autres peintures de la Doré Gallery, cette œuvre prolonge la sensibilité romantique  et annonce les quêtes symbolistes.

Source : Petit Palais

 

 

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