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Vénus, Mars et Adonis

1650

Vénus, Mars et Adonis
Guillaume Courtois , vers 1650
Huile sur la toile, 69 x 77 cm
Collection privée

Ce séduisant tableau représente les tous derniers instants d’Adonis : Mars, ivre de rage et de jalousie, est sur le point d’occire l’éphèbe endormi tandis que Vénus essaie, en vain, de l’en empêcher. Cet épisode nous est narré dans les Métamorphoses d’Ovide. Quand le dieu de la guerre apprend la liaison qu’entretient son amante officielle avec Adonis, il entre dans une colère folle et se transforme en sanglier pour tuer son jeune rival parti chasser. Notons une certaine liberté prise par le peintre vis-à-vis du mythe ; ici nulle question de métamorphose : Mars s’apprête à passer Adonis par le fil de son épée.

Guillaume Courtois emprunte le groupe de Vénus et Mars à une fresque de Giulio Romano (vers 1492-1546) du Palazzo Te qu’il réinterprète dans un vaste contexte paysagé, très marqué par ses années de collaboration avec Pier Francesco Mola (1612-1666) et Gaspard Dughet (1625-1675). La figure d’Adonis est, quant à elle, une invention du Bourguignon dont subsiste une étude préparatoire conservée au musée des beaux-arts et d'archéologie de Besançon.

Guillaume Courtois s’approprie ces influences croisées (l’antiquité et le maniérisme) qu’il retravaille à l’aune des innovations de son temps et nous livre une œuvre très contrastée, entre violence et douceur. D’une part, le groupe de Vénus et Mars exprime tout le dramatisme de la scène : le grand tumulte de leur lutte est rendu par les drapés et le panache mouvementés ainsi que par la contorsion tendue de la figure du dieu. D’autre part, les personnages, relativement petits, sont représentés dans une nature arcadienne d’où se dégage une grande sérénité. Dans ce décor, la figure d’Adonis agit en parfait repoussoir au premier groupe : dans une pose lascive, l’épaule dénudée et un chiot blotti contre lui, il ignore l’avertissement de son chien et dort paisiblement.

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