Un automne pastoral François Boucher 1749
 
 
Un automne pastoral
François Boucher, 1749
Huile sur toile, 259,5 x 198,5 cm
Wallace Collection, Londres
 

Un couple assis devant une fontaine ; le garçon tient sur sa jambe droite une corbeille contenant des grappes de raisin, la fille aussi, sur une sorte de nappe. Comme dans beaucoup de tableaux de Boucher, les visages sont enfantins. Aussi est-il difficile de donner un âge aux personnages. Ils adoptent une pose alanguie, leurs regards sont remplis de tendresse. En réponse au geste de son compagnon, la jeune fille, immobile, le remercie du regard. A droite un garçonnet se repose sur des blés fauchés. Ils sont entourés d’un chien et de moutons.

L'immense fontaine surplombée de chênes dont on ne voit pas la cime occupe les deux tiers du tableau. On distingue à gauche une forêt touffue, sombre. À droite, la vue est dégagée même si des nuages cachent les rayons du soleil.

La pastorale semble évoquée dans ses deux sens : celui du pasteur qui garde les moutons et celui, dérivé, du genre du paysage champêtre. Mais le temps qui passe est un thème majeur dans ce tableau. La fontaine est usée par les années et commence à être recouverte par la végétation. L'été s'est achevé et alors, que l'eau coule encore, il est grand temps de ceuillir les plaisirs de sasison.

Comme l’indique le titre, la scène se déroule à l’automne : les épis de blé fauchés , le raisin est mûr et les feuilles des arbres brunissent. Cependant, les circonstances sont plus difficiles à préciser : le jeune garçon à droite laisse préjuger par ses habits qu’il est un berger, en train de faire une pause alors qu’il garde des moutons. La présence du couple est incongrue. Le jeune homme et la jeune femme sont habillés élégamment ; respectivement chemise rouge, chemisette blanche, pantalon marron clair et robe bleue à manches jaunes. Ils peuvent difficilement garder les moutons ainsi – le premier a dû remonter son pantalon, la seconde les manches de sa robe –, d’autant plus qu’ils sont pieds nus et ne semblent pas avoir de chaussures près d’eux.

Il s’agit en réalité d’une entrevue à l’abri des regards indiscrets. Dans cet endroit, le couple avait l’intention de se retrouver seul ou du moins sans être regardé. Ce n’est qu’une fausse impression : ils sont observés du coin de l’œil par le jeune garçon qui feint de s’être assoupi. Les visages sculptés du vase semblent en faire de même, comme les putti en bas relief de la fontaine, enlacés d’une manière symétrique au couple devant eux. Ce sont donc trois regards, plus celui du spectateur, qui sont posés sur la scène.

Cette scène de genre plait beaucoup auprès de la frange de la population qui, récemment enrichie, ne porte pas un vif intérêt à la peinture d’histoire. Le peintre a tout loisir de mettre en œuvre ses compétences : il utilise des couleurs chatoyantes pour les personnages et fait preuve d’une grande maîtrise dans la représentation des textures (eau qui coule, vêtements).

 

 

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