Die Granate
Max Beckmann , 1915
Pointe-sèche sur imitation de papier Japon. 38,6 x 28,9 cm
Sprengel Museum, Hanovre

L’Obus, pointe sèche, 1915, est l’œuvre centrale marquant la rupture dans le langage formel de Beckmann. Pour la première fois, il traduit son expérience traumatique dans une forme délibérément nouvelle. L’explosion de l’obus fait comme éclater la composition, la perspective, l’espace et les figures. Les traits esquissant les corps sont brisés dans un rythme désordonné, disloqué. Les lignes se heurtent et s’arrêtent. Le chaos et la dévastation sont rendus par le fractionnement de toute la composition. Seul l’obus, situé en haut et à droite de la gravure, semble stable, tel un soleil noir donnant la mort.
En renonçant à toutes les conventions spatiales et formelles de la peinture auxquelles il avait adhéré, Beckmann donne à voir la réalité de la guerre des tranchées, où fragments atomisés de ferraille et de chair se dispersent.

 

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1950
L’Obus