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Deux chiens de chasse liés à une souche

1448

Deux chiens de chasse liés à une souche
Jacopo (?) Bassano , 1570 ?
Huile sur toile - 51 x 80 cm
Paris Musée du Louvre

Réalisé en 1548 pour le comte Zantani, patricien de Venise, ce tableau est le premier portrait animalier de la peinture occidentale. Dans un cadrage serré typiquement maniériste, tout en courbes et en contrecourbes, l'artiste montre en pleine nature ses propres chiens, deux braques, qu'il représente souvent dans ses oeuvres sacrées du milieu du siècle. Tintoret a rendu un vibrant hommage au talent de Bassano, le plus grand peintre d'animaux de Venise, en copiant la même année dans son Lavement des pieds (Madrid, musée du Prado) le chien du premier plan, qui est en effet d'une vitalité exceptionnelle.

Un portrait vivant

Sur fond de ciel nuageux, deux chiens de chasse semblent poser comme des modèles et donnent ainsi à l’artiste l’occasion d’étudier avec minutie leur pelage. L’un est marron, l’autre est blanc avec des tâches beiges. Assis près d’un arbre, ils se reposent ou attendent l’arrivée de leur maître. L’un est couché et tranquille tandis que l’autre regarde le spectateur. Le peintre semble s’être inspiré de ses propres chiens. Dans ses scènes sacrées, il confère un rôle important aux animaux.

Un nouveau genre

En portraiturant des chiens seuls, pratique assez rare à l’époque, Bassano invente le genre de la peinture animalière. Le réalisme de cette toile est frappant par l’analyse précise des attitudes, la tension énergique des deux animaux inscrits dans le rectangle de la toile et le rendu presque tactile du pelage. Le recours à d’audacieux effets de lumière pour faire ressortir les formes est typique de Bassano. Le contraste de tonalités blanche, rousse et brune sur le fond de ciel bleu foncé est remarquable tout autant que les effets de matière et le brio de la facture. La composition de cette œuvre peut être rapprochée de celle des créations du peintre anversois Pieter Aertsen.

Une peinture marquée par le clair-obscur

Symbiose des expériences lombardes et flamandes, ce tableau achève une série de trois œuvres : l’Adoration des mages (Vienne, Kunsthistorisches Museum), le Repos pendant la fuite en Egypte (Milan, Biblioteca Ambrosiana), et le Bon samaritain (Hampton Court, Royal Collections). Dès 1542-1544, sous l’influence de Parmesan et de Tintoret, les couleurs de Bassano s’assourdissent par un usage croissant du clair–obscur. Jusqu’à la fin de sa vie, le peintre développe le genre de la pastorale biblique qui se caractérise par la fusion de l’histoire sacrée et de la vie quotidienne. Mais, après 1575, Bassano pratique surtout une peinture nocturne inspirée de Titien et marquée par l’angoisse de la mort.

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