Caravage

Sybille Ebert-Schifferer

Editeur : Hazan (12 novembre 2009) Collection : Beaux Arts . Poche: 272 pages : 32 x 3 x 26,5 cm

Ancienne directrice du Hessisches Landesmuseum Darmstadt et ancienne directrice générale des collections nationales d'art de l'Etat de Saxe à Dresde, Sybille Ebert-Schifferer est directrice à la Bibliotheca Hertziana (Institut Max Planck pour l'Histoire de l'Art) à Rome. Elle a initié et organisé un certain nombre d'expositions sur la peinture baroque italienne qui eurent un grand succès. Spécialiste de la peinture italienne du XVIIe siècle, elle a publié La Nature morte (1999), ouvrage traduit en plusieurs langues dont le français.

Autour de 1600, le jeune Caravage (1571-1610) et ses tableaux d'une facture nouvelle firent sensation à Rome. Ses oeuvres frappaient par une authenticité psychologique que l'on n'avait encore jamais rencontrée. Inédits aussi étaient, jusque dans les sujets religieux, leur audacieuse proximité avec les modèles naturels, tirés du peuple, et, plus encore, le traitement dramatique de l'ombre et de la lumière d'où émanait un nouveau type de spiritualité. Son art apporta à Caravage aisance matérielle et considération ; sa conduite de vie, en revanche, le fit entrer de plus en plus fréquemment en conflit avec la justice. Dans son ouvrage généreusement illustré, Sybille Ebert-Schifferer réalise un portrait mouvant et bigarré de la vie et de l'oeuvre de l'artiste. Ce faisant, elle remet en question bien des clichés qui ont, dès le départ, influencé le jugement porté sur lui. En le replaçant dans le contexte historique de son époque et en le saisissant dans ce cadre, elle donne à voir un autre Caravage qui ne s'avère pas moins fascinant. À ce Caravage, il ne manquait ni culture ni piété et, en matière de technique, il était largement avisé. Il développa une stratégie commerciale réussie et gagna la très grande considération de ses commanditaires. Quant à ses déboires avec la justice, là encore, ils s'inscrivaient à l'intérieur de normes de comportement propres à la noblesse, à laquelle le peintre aspirait. Toutes les peintures originales de Caravage sont reproduites dans ce volume. En celles-ci perce une dimension tout à la fois profane et sacrée qui n'a jamais su être imitée depuis. Dans l'esprit de leur temps, et en écho avec certains préceptes de la Contre-Réforme, elles devaient correspondre à des affects susceptibles de provoquer la stupeur des connaisseurs et de guider les hommes vers la foi. C'est ce mystère contenu dans l'effet nullement amoindri de l'art de Caravage que tente d'élucider cette nouvelle monographie.