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Du 18 octobre au 25 novembre 1905
Paris, Grand Palais,
 

Le Salon d'automne de 1905 est un évènement artistique qui s'est tenu entre le 18 octobre et 25 novembre 1905, à Paris, au Grand Palais. Par l'exposition, dans la salle VII, de jeunes peintres comme Henri Matisse, il marqua le début du fauvisme et de l'expressionnisme mondial.

Le Salon d'automne se singularise par sa pluridisciplinarité, puisque se trouvent mélangés peintures, sculptures, photographies (à partir de 1904), dessins, gravures, arts appliqués… et la clarté de son agencement, plus ou moins par école. L'édition de 19051 marque le basculement du salon vers le modernisme : un quart des sociétaires de l'association chargée de la mise en place du Salon en 1904, plutôt conservateurs, sont écartés, en faveur d'artistes élèves de Gustave Moreau, plus tournés vers les avant-gardes. Le comité, élu pour deux ans afin d'administrer le Salon, se compose alors d'Henri Matisse, de George Desvallières, Georges Rouault, René Piot, tous anciens de la classe de Moreau, ainsi que de Louis Vauxcelles et Roger Marx. Le jury décide de favoriser l'originalité sur l'« impressionnisme édulcoré », et accepte des œuvres que leurs auteurs eux-mêmes considèrent comme expérimentales. André Derain écrit même : « Je n'aurai jamais fait un travail aussi complexe et aussi différent, aussi déconcertant pour la critique. »

Le placement des œuvres est confié à l'architecte Charles Plumet, qui adopte à peu près le même classement que l'année précédente.

Le Salon comporte 18 salles, recense 1 625 numéros, et s'ordonnance en suivant des temps forts. On trouve ainsi dans le vestibule des sculptures d'Auguste Rodin et dans la salle I, salle d'apparat de grands noms comme Paul Cézanne, Auguste Renoir, Armand Guillaumin, Jean-François Raffaëlli, Odilon Redon. De même, la salle III regroupe des artistes à la réputation déjà bien établie, comme Eugène Carrière, George Desvallières et Georges Dufrénoy ainsi que les nabis, Édouard Vuillard, Pierre Bonnard, Félix Vallotton, Ker-Xavier Roussel.

Deux grandes rétrospectives occupent les salles suivantes, l'une concernant Jean-Auguste-Dominique Ingres, l'autre Édouard Manet. De nombreux étrangers sont également présentés au fil des salles : Alexej von Jawlensky, Vassily Kandinsky et Béla Czóbel en font partie.

Mais c'est évidemment, la salle VII, placée par Plumet au cœur de l'exposition qui occupe tous les regards. Située à côté de l'espace où sont exposées des œuvres du Douanier Rousseau, notamment Le Lion, ayant faim, se jette sur l'antilope, elle regroupe des œuvres de Matisse, Manguin, Derain, Vlaminck, Marquet, Camoin. Les peintres Jean Puy, Jules Flandrin, Georges Rouault, Kees van Dongen, Pierre Girieud, bien qu'assimilés aux fauves, se trouvent dans d'autres salles.

Parmi ces peintures aux couleurs violentes — un « pot de peinture vient d'être jeté à la figure du public », écrit Camille Mauclair dans le chapitre « La crise de la laideur » de son ouvrage Trois Crises de l'art actuel publié en 19063 — trônent au milieu de la pièce deux bustes d'Albert Marque, dans un style très traditionnel.

Le séchage des voiles
André Derain, 1905
La femme au chapeau
Henri Matisse, 1905
La Japonaise au bord de l'eau
Henri Matisse, 1905