En
l'an 1100, le chevalier Arnolphe Main-de-Fer est en route vers le sud de l'Italie.
Il doit prendre possession du fief d'Aurocastre. Une bande de gueux l'attaque
et le laisse pour mort après l'avoir dépouillé et jeté dans une rivière. C'est
ainsi que le parchemin d'investiture du fief d'Aurocastre tombe entre les
mains des assaillants. Ceux-ci conçoivent le projet de choisir un imposteur
qui prendrait la place d'Arnolphe Main-de-Fer. Le voleur Abacuc oriente leur
choix vers un fanfaron qui se fait orgueilleusement appeler Brancaleone da
Norcia. Une longue errance commence, au cours de laquelle les gueux de l'Armée
Brancaleone sont plus soucieux de sauver leur peau que d'aller courageusement
aux combats. Ils rencontrent Theophilas, à la tête des derniers Byzantins,
et conquièrent une cité ravagée par la peste. Ils arrivent enfin à Aurocastre
et s'apprêtent à goûter un repos bien mérité. Or la forteresse est prise d'assaut
par les Sarrasins. Alors que Brancaleone et ses amis vont Étre empalés, les
Sarrasins sont mis en déroute par des cavaliers surgis au dernier moment.
Mais le chef des sauveteurs n'est autre qu'Arnolphe Main-de-Fer, qui a miraculeusement
échappé à la noyade. Prisonnier dans une cage suspendue, Brancaleone sauvera
sa tête et celles de ses compagnons en acceptant de grossir la troupe
des croisés qui se dirigent vers la Terre Sainte.
Mario
Monicelli avec Age et Scarpelli, ses complices infatigables a concocté une
épopée picaresque aux cent épisodes dans un Moyen-Age de fantaisie, barbare
et anti-conventionnel, où s'équilibrent merveilleusement le burlesque, la
farce, l'aventure, la satire historique.
Monicelli n'a pas oublié les trognes inénarrables du Pigeon pour former la troupe de gueux dépenaillés, va-nu-pieds forts en gueule, qui accompagne le preux mais hâbleur et vociférant chevalier Brancaleone, double de Don Quichotte, dans sa quête "héroïque" à travers l'Italie du XIIème siècle.
En possession d'un parchemin qui lui attribue la propriété d'une ville, Brancaleone rêve d'exploits. Sa troupe n'aspire qu'au repos et aux ripailles. Un duel entre le condottiere et son ennemi dégénère en désastre écologique. La croisade contre les barbaresques devient le lieu de toutes les rodomontades. Vittorio Gassman, les cheveux longs, la moustache fine et le bouc au vent à la fois fanfaron et couard, vulgaire, excentrique est absolument irrésistible sur son pauvre cheval jaune prénommé Aquilante.
Les couleurs extravagantes de Carlo Di palma rappellent les enluminures du Moyen-Age.
(L'armata Brancaleone). Avec : Vittorio Gassman (Brancaleone da Norcia), Catherine Spaak (Matelda), Folco Lulli (Pecoro), Gian Maria Volontè (Teofilatto dei Leonzi), Maria Grazia Buccella (la veuve), Barbara Steele (Teodora). 2h00.
