La desserte rouge

1909
La desserte, Harmonie rouge (Harmony in Red), Red Room
Henri Matisse , 1908
Huile sur toile, 180,5 X 221
Saint Petersbourg, Musée de l'Ermitage

La desserte marque le retour à des traitements de problèmes formels après le repli de 1907. Après avoir utilisé le schéma de composition qu'il avait adopté dès le début dans son tableau réaliste de La serveuse bretonne 1896 (qu'il conserva jusqu'à la fin de sa vie) puis dans son tableau impressionniste La desserte (1897), Matisse a soumis toute la construction du tableau au plan de la toile, simplifiant à l'extrême, dynamisant les couleurs, séparant et soulignant les rythmes essentiels de manière à ce que le contour des arbres, des fruits sur la table et de la femme (elle aussi traitée comme un motif décoratif) fassent contrepoint au puissants motifs en S du tissu décoratif.

Matisse conserva cette toile de Jouy (étoffe de coton sur laquelle sont représentés des personnages avec décors ou des paysages. Les dessins sont le plus souvent monochromes, rouges ou violets) pendant plusieurs décennies et celle-ci figure dans toute une série précédente mais aussi dans la Nature morte en camaïeu de bleu (1909) où le motif du tissu est représenté aussi de manière plus imprécise qu'il ne l'est en réalité.

Avant de devenir La desserte rouge, le tableau est passé par deux états : Il a tout d'abord été vert froid puis bleu. Au salon d'automne de 1908 il fut présenté sous le titre harmonie en bleu et il était alors destiné à la salle à manger de Chtchoukine. Puis au début de 1909, Matisse repeignit le tableau qui appartenait déjà au collectionneur moscovite en le transformant en harmonie en rouge. Lorsque l'un des visiteurs de l'atelier, après avoir vu ce qu'il était advenu de l'harmonie en bleu remarqua "C'est une autre peinture", Matisse dit après son départ : "Il n'y comprend rien. Ce n'est pas un autre tableau; Je cherche des forces et un équilibre des forces"

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