Le professeur

1976

(La Prima Notte di Quiete). Avec : Alain Delon, Sonia Petrova, Lea Massari, Giancarlo Giannini, Renato Salvatori, Alida Valli.

Dans un Rimini hivernal et brumeux Daniel Dominici, 37 ans, déambule, mal rasé, cheveux longs. Il vient d'accepter un poste de professeur remplaçant et dissimule une douleur secrète que seule sa femme, Monica, semble comprendre. Elle accepte ses pertes au jeu et leurs infidélités mutuelles. Daniel tombe bientôt amoureux fou d'une de ses élèves, Vanina Abati, dix-neuf ans. Il promet d'expliquer pourquoi un vers de Pétrarque est beau, le vice et la vertu chez, Alessandro Manzoni (1785-1873), les amours de Vanina Vanini (Stendhal 1829). Un jour, il accompagne Vanina à Monterchi chez sa sœur et lui montre La madone del parto de Piero della Francesca. En retour, elle l'embrasse.


Daniel découvre le lourd passé de Vanina, prostituée à quinze ans par sa mère au groupe de jeunes gens qui sont aujourd'hui les amis de son riche amant et bientôt de Daniel. Celui-ci révèle lui-même son secret à son ami Spider qui a découvert ses poèmes de jeunesse : à Rimini, il y a longtemps il s'est senti responsable du suicide de sa riche cousine. Daniel vient annoncer à Monica son départ avec Vanina mais celle-ci menace de se suicider. Sur la route, sentant que Monica a mis sa menace à exécution, Daniel se rend compte que c'est elle qu'il aime. Les yeux plein de larmes il ne voit pas le camion qui fauche sa voiture. Daniel trouve dans la mort "La prima notte di quiete", vers de Goethe qu'il avait cité plus jeune et qui évoque la mort comme la première nuit de quiétude parce qu'elle est sans rêve.

Spider, étrange enquêteur amoureux, découvre lors de l'entrrement de son ami que Daniel Dominici était bien un fils de la haute bourgeoise militaire en rupture de banc avec sa famille.

Le charme d'Alain Delon, de Sonia Petrova et de Léa Massari, la brume de Rimini, la musique douloureuse, la mort qui rôde s'accordent pour créer une atmosphère envoûtante.

Le film a pourtant du mal à tenir son sujet : la rédemption par l'amour. Il se montre bien loin des modèles qu'il cite, de Pierro della Francesca pour la peinture à Rossellini pour le film Vanina Vanini en passant par les citations littéraires (Pétrarque, Goethe et Manzoni).

Jean-Claude Brisseau traitait avec beaucoup plus de force le passage de la théorie amoureuse chez Nietzsche ou Freud à la pratique de l'adultère dans Noces blanches.