La maison du Diable
1963
Genre :Film fantastique

(The haunting) 1963 Avec : Julie Harris (Eleanor Vance), Claire Bloom (Theodora), Richard Johnson (Dr John Markway), Russ Tamblyn (Luke Sanderson), Loïs Maxwell (Grace Markway). 1h52.

Le docteur Markway s'intéresse passionnément aux phénomènes paranormaux. Longtemps à la recherche d'une maison hantée, il réunit trois personnes dans un château de très mauvaise réputation, le manoir de Hill House. Ses invités sont : Luke Sannerson, le jeune héritier du castel : Eleonore et Theo, deux jeunes femmes qui furent l'une et l'autre confrontée, durant leur existence à certaines manifestations dites surnaturelles; Eleonore, longtemps attachée au chevet de sa mère malade, souffre d'une sexualité refoulée ; Theo, inversement, est une femme perverse, maîtresse d'elle-même, et de surcroît excellent médium.

Dans le castel qui fut le théâtre de plusieurs morts violentes depuis sa construction, des manifestations étranges ont lieu la première nuit : des coups violents retentissent dans les couloirs, des plaintes se font entendre dans les murs. La psychologie malade d'Eleonore est bien vite contaminée par l'atmosphère malsaine de la maison. À la fois intrigué et effrayé, Markway veut renvoyer la jeune femme ; mais cette dernière, secrètement amoureuse de son hôte, refuse.

La venue de Madame Markway vient précipiter les événements. Au cours de la nuit suivante, après une manifestation médiumnique particulièrement terrifiante, la nouvelle venue disparaît, tandis qu'Eleonore tente de se suicider en se jetant du haut de l'escalier métallique de la bibliothèque. Markway décide de renvoyer Eleonore. Mais cette dernière se tue au volant de sa voiture dans le parc du château, tandis que l'on retrouve Madame Markway, vivante, à demi-folle de terreur. Le castel a eu la victime qu'il s'était choisie et désormais, la funeste demeure a son appétit pervers assouvi pour quelques années...

 

Pour Jacques Lourcelles : " Récit fantastique magistral et original dans le genre, pour cette raison essentielle que la plupart des personnages y sont en eux-mêmes passionnants au point que plusieurs d'entre eux auraient pu donner lieu à un film particulier.

Subissant à tout jamais, comme la plupart de ceux qui ont travaillé avec lui, l'influence de Val Lewton - le producteur des quatorze films fantastiques entre 1941 (La féline de Tourneur) et 1946 (Bedlam de Mark Robson) presque tous singuliers et marquants-, Wise obtient les effets les plus efficaces en utilisant l'ellipse, le doute, l'incertitude.

C'est surtout par le son, matière mystérieuse et impalpable que la maison s'approprie ses occupants et que Wise hypnotise et terrifie le spectateur. Cela n'empêche pas le film, à partir de certains motifs minutieusement répétés et variés (couloirs, portes, escalier de fer), de composer aussi une étonnante symphonie visuelle.

Sur le plan dramatique, le récit reste volontairement ambivalent. Il progresse à la fois sur le mode objectif (description d'une expérience scientifique) et subjectif (point de vue d'Eleanor, dont la solitude, la nervosité, le sentiment de culpabilité, l'exaltation morbide ne vont cesser de s'intensifier au cours du film jusqu'à lui faire désirer d'être absorbée par la maison. Wise se gardera bien de conclure et ne dira jamais si les événements extraordinaires (ou paranormaux) vécus par les personnages sont le fruit d'une action autonome de la maison ou de la sensibilité exacerbée et pathologique de certains de ses hôtes.
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