Henri Verneuil

Henri Verneuil
Né en 1920
34 films
   
   
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Henri Verneuil, de son vrai nom Achod Malakian naît le 15 octobre 1920 à Rodosto en Turquie. Il a raconté son enfance dans ses deux derniers films formant diptyque : Mayrig et 588, rue Paradis.

En décembre 1924, petit réfugié ne parlant pas français, Henri Verneuil débarque à 4 ans, sur le quai de la Joliette à Marseille, avec sa famille rescapée du génocide arménien perpétré par le gouvernement Jeunes-Turcs de l'Empire ottoman. Après des études à l'école des Arts et Métiers d'Aix-en-Provence où il sort diplômé en 1943, il devient journaliste au magazine Horizon en 1944. En 1947 a lieu sa première rencontre avec Fernandel, pour un court métrage sur Marseille Escale au soleil. Fernandel, déjà célèbre, accepte de tourner avec un réalisateur inconnu. En 1949, il « monte » à Paris, où il décroche un emploi comme assistant réalisateur. Parallèlement, il tourne plusieurs courts-métrages.

Henri Verneuil réalise son premier long-métrage La Table aux crevés avec Fernandel qui y interprète Urbain Coindet. Jusqu'en 1955, les deux hommes collaboreront : Le Fruit défendu, Brelan d'as avec également Michel Simon, Le Boulanger de Valorgue, Carnaval, L'Ennemi public numéro un et Le Mouton à cinq pattes. Henri Verneuil connaît la consécration nationale en 1956 avec Des gens sans importance avec Jean Gabin. Suivront d'autres films comme Paris, Palace Hôtel, Une manche et la belle, Maxime avec Michèle Morgan et Le Grand Chef qui marque ses retrouvailles avec Fernandel.

En 1959 avec Fernandel, il tourne La Vache et le Prisonnier qui sera un succès mondial. En 1961, la MGM passe une commande de trois films avec le trio Henri Verneuil (à la réalisation), Jean Gabin (acteur principal) et Michel Audiard (au scénario). De cette collaboration naît Le Président en 1961, Un singe en hiver en 1962 avec Jean-Paul Belmondo et Mélodie en sous-sol en 1963 avec Alain Delon. Ce dernier film offre définitivement au cinéaste sa réputation à l'échelon international. Dès lors, Henri Verneuil acquiert le statut de réalisateur de super-productions avec des stars internationales malgré les critiques de la Nouvelle Vague. Le succès est au rendez-vous à chaque sortie. Il enchaîne avec Cent mille dollars au soleil avec Jean-Paul Belmondo, Lino Ventura et Bernard Blier, puis avec Week-end à Zuydcoote toujours avec Belmondo en 1964. Il part ensuite aux États-Unis tourner La Vingt-cinquième heure sorti en 1967 et La Bataille de San Sebastian sorti en 1969, tous les deux avec Anthony Quinn. De retour en France, avec l'appui de la 20th Century Fox, il met en scène Le Clan des Siciliens en 1969. Le film réunit trois grandes stars du cinéma français : Jean Gabin, Lino Ventura et Alain Delon.

Henri Verneuil continue d'enchaîner des succès. Pour la Columbia Pictures, il produit et réalise Le Casse en 1971 : un film d'action où il réunit Jean-Paul Belmondo, Omar Sharif, Robert Hossein, Nicole Calfan, Dyan Cannon et Renato Salvatori ; puis Le Serpent en 1973 : un film d'espionnage autour de Yul Brynner, Henry Fonda, Dirk Bogarde, Philippe Noiret, Michel Bouquet et Farley Granger En 1975, il retrouve Jean-Paul Belmondo, qui devient son acteur fétiche, dans Peur sur la ville, un polar produit par le comédien. Henri Verneuil, sans quitter le terrain du cinéma-spectacle, oriente son œuvre vers la critique politique. Toujours avec Jean-Paul Belmondo, il met en scène Le Corps de mon ennemi en 1976, critique d'un milieu politico-bourgeois qui se compromet avec l'univers du crime. Il crée ensuite sa propre société de production V Films qui lui permet de mettre en chantier I... comme Icare avec Yves Montand. Le cinéaste s'inspire des expériences de Stanley Milgram sur la soumission à l'autorité et de l'assassinat du président américain John Fitzgerald Kennedy en 1963, pour construire une enquête politique dont la réalisation aboutira en 1979. Puis il enchaîne, en 1982, avec Mille milliards de dollars, interprété par Patrick Dewaere : critique des multinationales et de la mondialisation.

l réalise son dernier film à caractère commercial en 1984 : Les Morfalous avec Jean-Paul Belmondo qu'il retrouve pour la septième et dernière fois. Dans les années 1990, Henri Verneuil change totalement de registre et se lance dans la réalisation de films intimistes. En 1991, il écrit et met en scène Mayrig (Maman en arménien) avec Omar Sharif et Claudia Cardinale. Le film est une adaptation de son propre roman, écrit en 1985 pour rendre hommage à sa mère décédée quelques années plus tôt. Le livre est traduit dans 37 langues. Il met en chantier une suite l'année suivante avec 588, rue Paradis. Richard Berry qui fut narrateur dans le premier volet, rejoint la distribution. Le film clôt la carrière du cinéaste. En 1996, il reçoit un césar d'honneur pour l'ensemble de son œuvre. La même année un film documentaire, Henri Verneuil 50 ans de cinéma, relatant la carrière du cinéaste, voit le jour. Le vendredi 11 janvier 2002, Henri Verneuil décède dans une clinique de Bagnolet à l'âge de quatre-vingt-un ans.

Filmographie :

Courts-métrages :
1947 : Escale au soleil
1948 : Cuba à Montmartre, Rythmes de Paris, Un juré bavard
1949 : À la culotte de zouave, Les nouveaux misérables, À qui le bébé, Entre deux trains , La Kermesse aux chansons ,Trente-troisième chambre , Une journée avec Jacques Hélian et son orchestre.
1950 : Pipe chien, On demande un bandit, Maldonne, Les chansons s'envolent, La légende de Terre-Blanche,L'art d'être courtier

Longs-métrages :

1951 La Table-aux-Crevés

Rentrant à sa ferme, Urbain Coindet trouve sa femme Aurélie pendue au plafond de la cuisine. C'est un suicide, mais les parents de la défunte, les Miloin, laissent entendre qu'il pourrait s'agir d'un meurtre, dont leur gendre serait l'auteur. Il est vrai que celui-ci ne paraît guère affecté - Aurélie l'avait épousé par intérêt, et qu'il n'a jamais caché un tendre penchant pour la jolie Jeanne Gari. Aussi la rumeur, colportée par les Miloin et les adversaires de la municipalité, Coindet est conseiller municipal, a tôt fait le tour de Cantagrel, dont le maire, Forgeral, et ses partisans prennent la défense d'Urbain. Ce dernier peut aussi compter sur la fidélité de son ami Victor et sur celle de Capucet, le garde champêtre, un bien brave homme lorsqu'il n'est pas ivre ! Le curé tranchera en refusant la sépulture religieuse à la suicidée...

 Mais Urbain va trouver d'autres ennemis à Cessigney, le petit port voisin de Cantagrel : les Gari, dont le fils Frédéric, frère de Jeanne, vient de purger trois mois de prison pour contrebande. Les Miloin, encore eux, lui ont laissé croire que Coindet l'avait dénoncé et Frédéric, bien sûr, ne veut pas entendre parler d'un mariage entre sa sœur, que le pêcheur Rambarde voudrait bien épouser, et celui qui l'aurait trahi. Gari et Coindet en viennent aux mains lors du bal de la St-Jean. Menacé de mort, Urbain se réfugie à Aix en compagnie de Jeanne, mais ne peut supporter longtemps la vie à la ville. Il retourne au village, prêt à affronter Frédéric, les armes à la main. La rencontre aura lieu sur une parcelle d'Urbain, "La Table aux crevés" : des coups de feu sont échangés et c'est Capucet qui tombe, légèrement blessé. Le garde champêtre révèle alors qu'il a lui-même, un jour de beuverie, orienté les gendarmes sur Frédéric ! Le calme revenu à Cantagrel et à Cessigney, Jeanne et Urbain vont enfin pouvoir se marier.

   
1952 Brelan d'as

Film à sketchs qui réunit l'inspecteur Maigret, le détective Wens, et Lemmy Caution.

Je suis un tendre : Lemmy Caution, un G'Men, que tente de séduire Michèle Leroy, menera jusqu'au bout l'enquête concernant un important vol de bijoux.

Les témoignages d'un enfant de chœur : En allant servir la messe, Justin, un enfant de chœur, est témoin d'un meurtre. Le commissaire Maigret est chargé de l'affaire.

Le mort dans l'ascenseur : L'inspecteur de police Wens demasque un coupable et le fait expier de deux meurtres commis par le criminel.

   
1952 Le fruit défendu
Le docteur Charles Pellegrin, veuf de 45 ans, vient s’installer en Arles avec sa vieille mère et ses deux petites filles nées d’un premier mariage. Peu après, il épouse Armande, nièce du docteur Marchandeau, et exerce son métier avec un dévouement qui lui vaut l’attachement de tous. Mais il ne trouve pas dans la froide et autoritaire Armande, la femme douce et aimante qu’il espérait. À l’occasion d’un voyage à Marseille, il fait la connaissance de Martine Englebert, une jeune fille de vingt ans délurée et un peu canaille, dont il s’éprend et qui devient sa maîtresse le soir même. Martine se rend précisément en Arles, invitée par Boquet. Pour lui éviter de tomber sous la coupe de cet homme à la réputation douteuse, propriétaire d’un bar et de l’Auberge du Chêne Vert, Pellegrin l’engage comme secrétaire et va régulièrement la retrouver dans la chambre qu’elle occupe dans une autre partie de la ville. Soucieuse de préserver les apparences, Armande, qui a surpris Martine dans les bras de son mari, garde le silence. Mais la jeune fille commence à se lasser de son amant quadragénaire et de la vie monotone de la petite ville. Sur les conseils de Boquet, elle décide de rompre avec Pellegrin et de monter à Paris. De crainte de la perdre, Pellegrin fait sa valise et envisage de tout quitter pour la suivre. Mais il réalise qu’il est déjà sorti de la vie de sa jeune maîtresse et rentre chez lui. Il y retrouve une Armande plus compréhensive et qui saura pardonner, d’autant plus que la crise lui a permis de comprendre combien elle tenait à son mari.
   
1953 Le boulanger de Valorgue

Valorgue, Bouches-du-Rhône, 323 habitants. Le boulanger, Félicien Hébrard, a un fils : Justin. La veuve Zanetti, l'épicière, a une fille, Françoise. Les deux jeunes gens se fréquentent, en cachette. La veille de son départ au service militaire, Justin est subrepticement monté dans la chambre de Françoise...

 Dix mois plus tard, Françoise revient d'Italie avec un bébé qu'elle affirme être de Justin. Sa mère prend l'enfant dans ses bras, traverse la place et le dépose sur la balance de Félicien. Et Valorgue, jusqu'alors endormie sous le soleil, bascule dans la guerre civile ! En effet, le boulanger, brave homme mais fort en gueule, nie la culpabilité de son fils et accuse Françoise et sa mère d'exercer un ignoble chantage.

 Indignées, les deux femmes trouvent un ardent défenseur en la personne de M. Aussel, le receveur des postes, qui prend la tête d'une croisade anti-Félicien. Celui-ci réplique par un refus de vendre son pain aux membres du "Comité Central des Épiciéristes". Mme Zanetti ferme sa porte aux partisans du boulanger, Une embuscade est montée pour intercepter le camion de farine qui va livrer à Félicien.

 La maréchaussée est débordée. Le marché noir s'installe. Le maire ne sait plus où donner de la tête. Bref, c'est l'anarchie ! On envisage une solution: Évariste, facteur autrefois mitron, fabriquera le pain dans le four communal : il y met le feu ! La tension est à son comble lorsque le curé intervient auprès de Félicien:  Et si c'était votre fils... ? " Ébranlé, le boulanger va chercher Françoise et le bébé réfugiés en Italie. A son retour, il trouve sa boutique réquisitionnée et Evariste au fournil. Nouveaux " coups de gueule"... Mais Justin, en permission, reconnaît son " forfait". Il ne reste plus aux Hébrard qu'à traverser la place pour demander à Mme Zanetti la main de sa fille. Mariage, banquet, embrassades La paix est revenue à Valorgue.

   
1953 Carnaval

M. Dardamelle, architecte à Aix-en-Provence, homme rangé et mari attentif, éprouve une cruelle désillusion. Dans un moment de colère, Francine, son épouse dévoile à son mari qu'elle le trompe.

 Dardamelle s'installe dès lors dans son rôle de mari bafoué et joue les cocus magnifiques. Il proclame gaillardement son ennui qu'il détaille aux amis et aux voisins. Les uns et les autres croient que le cynique, émoustillé par le carnaval, joue la comédie.

 Difficile de crier son infortune sans passer pour un galéjeur! Mais l'épouse et son amant se trouvent dans une situation intolérable. Mme Dardamelle finit par s'avouer vaincue.

   
1953 L'ennemi public n° 1

Joe Calvet est un américain moyen et paisible. Employé dans un grand magasin new-yorkais, il est affligé d’une forte myopie. Déguisé en cow-boy, il officie ce jour-là au rayon sports et loisirs, où il vante les charmes d’une roulotte-camping tout en courtisant timidement une jolie vendeuse prénommée Peggy. Mais son supérieur jugeant ses épaisses lunettes incompatibles avec son costume, il se voit contraint de s’en passer et effectue une démonstration calamiteuse. Aussitôt renvoyé, il se console en allant voir un film policier.

 Au cinéma, il se retrouve assis à côté d’un gangster, membre de la bande de Tony Fallone, qui vient de braquer une banque. Au moment de quitter la salle, il emporte par erreur la gabardine du malfrat. Une méprise qui va bientôt faire de lui l’ennemi public n°1. Dans le métro, Joe retire machinalement un objet de sa poche. Il s'agit d'un revolver. Il sème alors la panique dans le métro de New York en tirant par mégarde.

 On l'arrête, on l'accuse d'être un redoutable gangster. La capiteuse Lola, qui fait partie de la bande de malfaiteurs, persuade Tony Fallon, le véritable criminel recherché, que Calvet est en fait le «Grand Patron», inconnu de tous. Dirigés par cette dernière, les gangsters assaillent la prison d'où, peu après, Calvet s'évade seul en trompant le directeur. Réfugiés à la campagne près de New York, Calvet tente de convaincre les gangsters de devenir d'honnêtes citoyens... mais en vain. Traqué à la fois par le shérif et par Fallone, Joe triomphera : mieux, il épousera Lola et vivra heureux au cœur du Far West.

   
1954 Le mouton à cinq pattes

Trézignan, petit village varois, cherche à sortir de sa léthargie par un moyen qui attirerait les foules. Le maire a l'idée de réunir à l'occasion de leur quarantième anniversaire, les cinq fils (des quintuplés) du bourru viticulteur Edouard Saint-Forget. Mais l'irascible vieux paysan s'est fâché, vingt ans auparavant avec ses fils partis chacun de leur côté et personne ne sait où la pétulante progéniture est allée s'égailler. Le maire décide de les réunir et charge leur parrain, le docteur Bollène, de les retrouver.

 Les cinq frères ont eu des destinées bien différentes qui se déclinent de A à E : Alain, le prétentieux, dirige un institut de beauté ; Bernard est le responsable de la rubrique "Courrier du cœur" d'un magazine et protège une jeune Marianne; le prêtre Charles s'insurge contre sa ressemblance avec Don Camillo ; Désiré lave les vitres et s'ingénie à tenter des coups misérables. Quant à Etienne, maître après Dieu sur un cargo douteux, il a tous les vices. La fête les rassemble autour de leur père, mais les gendarmes s'en mêlent et Désiré passerait un mauvais quart d'heure s'il n'apprenait qu'il vient d'être père de sextuplés.

   
1955 Les amants du Tage

Un mystérieux individu, Richard Lewis, suit la jeune femme dans tous ses déplacements. Un soir, Pierre, qui a tout dit de son passé à Kathleen, voit Lewis rôder autour de l’immeuble où habite celle-ci et croit que c’est son amant.

 Elle le rassure, lui expliquant que la famille Dinver, persuadée qu’elle a tué son mari, a lancé sur sa trace un inspecteur de Scotland Yard, Lewis. Bien sûr, Catherine Clérand – c’est son nom de jeune fille – affirme son innocence. Convaincu, Pierre provoque Lewis à son hôtel.

 Peu après, Catherine confie à son amant qu’elle était vendeuse de parfums avant son mariage, mais ajoute : « Tout ce qui s’est passé avant toi ne te regarde pas ». Ce qui plonge Pierre dans le doute. Il relance Lewis, qui lui révèle que Dinver n’est pas mort il y a un an comme Catherine le lui a affirmé, mais il y a seulement deux mois.

 « Tu m’as menti » reproche-t-il à celle qu’il aime et qui rompt. « Je pars demain » annonce Pierre, à qui Porfirio, un ami d’Amalia, a retenu un passage sur un cargo en partance pour le Brésil. Catherine rejoint Pierre à la boîte d’Amalia et lui avoue enfin : « Je l’ai tué pour ne pas redevenir pauvre » « Tu vas partir avec moi » consent Pierre.

 Le bateau va appareiller. Sur le quai avec Pierre, Lewis abat sa dernière carte : « Pourquoi vous a-t-elle tout avoué le jour où je lui ai retiré son passeport ? ». Pierre ne se fait plus guère d’illusions sur la sincérité des sentiments de Catherine. Celle-ci comprend qu’elle n’a qu’un moyen de lui prouver son amour : se livrer à la police. Alors que le bateau est déjà au large, Pierre voit s’éloigner sur le quai les silhouettes de Lewis et de Catherine, sa bien-aimée, dont il crie en vain le nom.

   
1956 Des gens sans importance

 C'est au relais "La Caravane" tenu par son ami Barchandeau à 60 kilomètres de Bordeaux. que le routier Jean Viard. qui fait régulièrement l'itinéraire Paris-Bordeaux avec son coéquipier Bercy, a rencontré un soir de Noël, Clotilde, la nouvelle serveuse. A cinquante ans, mal marié à Solange, devenue acariâtre, et père de trois enfants qui ne le voient jamais et se détachent de lui, Viard hésite à rompre avec son passé.

 A la suite d'une bagarre avec son contremaître, Gillier, il se retrouve sans travail. Sans nouvelles de lui, Clotilde, qui se morfond, décide de venir le rejoindre à Paris. Elle le retrouve à l'occasion de la fête annuelle des routiers mais, le voyant désemparé par sa condition de chômeur, n'ose pas lui annoncer qu'elle est enceinte. Elle trouve un emploi de bonne dans un hôtel de passe de la rue Lepic tenu par Mme Vacopoulos qui lui propose de voir une avorteuse Pendant ce temps, Viard, qui a retrouvé du travail, se dispute avec sa fille Jacqueline et découvre une lettre de Clotilde interceptée par elle où sa maîtresse lui annonçait son état.

 Rompant définitivement avec sa famille, Viard va retrouver Clotilde dans son hôtel borgne. Affaiblie, elle le suit dans son camion. Elle mourra d'épuisement des suites de son avortement clandestin et Jean se retrouvera seul dans sa chambre de "La Caravane" où deux ans plus tôt il avait fait la connaissance de celle qu'il aima passionnément.

   
1956 Paris, Palace Hôtel

A la veille de Noël, Delormel, un riche homme d'affaires, fait la rencontre de Françoise Noblet, une jeune manucure. Il lui offre le réveillon dont elle avait toujours rêvé.

 Gérard rejoint bientôt le duo. Censé livrer une Cadillac, il a gardé le véhicule pour lui. Françoise et Gérard tombent amoureux l'un de l'autre et partent ensemble, laissant la Cadillac à Delormel.

   
1957 Une manche et la belle

Mrs Farnwell, une veuve richissime de Nice, demande à sa banque que ses affaires soient gérées spécialement par un petit employé Philippe Delaroche. C'est qu'elle est éprise de lui et profitant de la situation, Philippe réussit à l'épouser. Mais il rencontre la jeune secrétaire de Mrs Farnwell, Eve, qui elle-même intrigue pour devenir la maîtresse de Philippe. Au cours d'une grande réception, Philippe découvre qu'Eve quitte la maison en cachette ; il la suit et la retrouve entre les bras d'un autre amant.

 Elle avoue et explique qu'il faudra bien qu'elle épouse ce second amant puisqu'il est riche et lui promet de l'enrichir. Cependant, elle déclare qu'elle n'aime que Philippe. Ils décident alors à eux deux de tuer Mrs Farnwell pour pouvoir ensuite s'épouser. Un crime parfait est monté. Grâce à un magnétophone, les amis de Philippe, convoqués pour une partie de cartes, croiront que Philippe dicte du courrier dans une pièce voisine alors qu'il est en train d'étrangler sa femme sur une route et de la précipiter avec sa voiture dans le vide.

 Le plan se réalise à merveille. Cependant quelques doutes s'élèvent et un des joueurs de cartes, inspecteur de police, comprend la supercherie. Philippe sera donc inculpé. Par ailleurs, le testament révèle que Mrs. Farnwell avait un fils qui va hériter et Eve vient expliquer que c'est de cet héritier qu'elle va devenir la femme et qu'elle s'est servie de Philippe pour permettre à son fiancé d'hériter. Les deux complices se tueront à la dernière image du film.

   
1958 Maxime

En 1914, pour subvenir à ses besoins, Maxime Cherpray, séducteur vieillissant, spirituel et raffiné mais sans le sou, enseigne les bonnes manières à son ami Hubert Treffujean, arriviste mal élevé et péremptoire. Au cours d’une promenade au bois, Hubert tombe en admiration devant Jacqueline Monneron, jolie veuve qui l’éconduit sans ménagement. Dépité mais pas découragé, Hubert comprend qu’il a encore beaucoup de chemin à parcourir avant d’espérer intéresser une personne telle que Jacqueline. Il demande donc à Maxime d’aborder la jeune femme à sa place afin de les présenter ultérieurement l’un à l’autre. L’importante somme proposée à Maxime lui ôte tout scrupule.

 La rencontre se déroule merveilleusement. S’appréciant mutuellement, Maxime et Jacqueline se revoient souvent pour dîner et danser. D’amis, il deviennent amants. Gazelle, une ancienne actrice, ex-maîtresse de Maxime et devenue la compagne du général Le Questin, recueille avec intérêt les confidences de Maxime : il brûle de dire la vérité à Jacqueline, mais craint en même temps de perdre son amour. Elle le croit riche et ignore que chacune de leurs sorties aggrave le dénuement de Maxime. Discret sur son mode de vie et sur son lieu de résidence, il entretient un mystère que finit par éveiller la curiosité de Jacqueline. Lui rendant visite à l’improviste, elle s’émeut en découvrant l’état de pauvreté dans lequel il vit.

 De retour d’un voyage à Nice, Hubert rencontre de nouveau Jacqueline. L’enseignement de Maxime lui a été profitable et la jeune femme le trouve spirituel. Au cours d’un dîner chez Maxim’s auquel le Tout-Paris est convié, Coco Naval, vieille cocotte vulgaire, rappelle bruyamment à Maxime leur ancienne liaison. Vexée, Jacqueline se laisse courtiser par Hubert, qui l’invite à danser et la raccompagne. Dînant avec elle, Hubert révèle à Jacqueline le rôle qu’il fit tenir à Maxime. Peu à peu, la jeune femme prend conscience que son amour pour lui est terminé; elle se montre, en revanche, de plus en plus sensible aux avances d’Hubert.

 Furieusement jaloux, Maxime provoque son rival en duel. Jacqueline le supplie de renoncer et Maxime, mesurant à quel point elle aime Hubert, accepte de s’effacer. La fidèle Gazelle trouvera les mots pour le consoler.

 Jacqueline annonce à Hubert qu’ils sont désormais libres de s’aimer et tous deux passent leur première nuit ensemble. Le lendemain matin, les journaux titrent sur l’assassinat de l’archiduc François-Joseph à Sarajevo.

   
1959 Le grand chef

 Antoine et Paolo végètent dans leur emploi de laveurs de voitures. Ils s'ennuient et laissent leurs pensées vagabonder dans de chimériques constructions mentales d'un avenir meilleur. Antoine et Paolo veulent faire fortune et posséder une station d'essence.

 Pour réaliser leur projet, les deux compères, peu regardants sur les moyens, largement justifiés par les fins, selon eux, kidnappent Eric Jumelin, le fils d'un milliardaire, et exigent une forte rançon. Minutieusement combiné par Paola, "cerveau" de leur association, et réalisé dans l'angoisse par le timide Antoine, costumé en grand chef pour attirer l'enfant qui joue aux Indiens, le kidnapping réussit parfaitement.

 Mais l'enfant se révèle rapidement insupportable et se montre très heureux de cette aventure qui le dispense de faire ses devoirs, et le libère de la stricte discipline familiale. Il monte sur le toit de la maison, casse les carreaux des voisins, invite tous les garnements du quartier, feint d'être malade et provoque la panique dans la rue. Les parents, quant à eux, ne sont pas pressés de récupérer leur infernale progéniture.

 Paolo, que l'enfant a pris en grippe, finit par se casser la jambe et, se prenant les pieds dans une corde tendue par le marmot, décide que c'en est trop. Il écrit alors aux parents Jumelin pour réclamer la rançon. Mais le milliardaire a facilement retrouvé la trace de son petit diable et il observe ses exploits par une fenêtre de l'appartement d'en face. Il répond donc en exigeant à son tour une forte somme pour reprendre l'enfant !

Excédés, épuisés, désespérés, les deux gangsters amateurs acceptent de sacrifier leur petit magot. Monsieur Jumelin accepte alors de reprendre son fils (au grand désespoir de ses domestiques) et déchire en deux les billets de banque: chaque dimanche, Eric ira passer la journée chez ses deux "amis" et leur remettra une moitié de billet. Paul et Antoine ne connaîtront plus le repos...

   
1959 La vache et le prisonnier

1943 en Allemagne. Charles Bailly, prisonnier de guerre français, est affecté aux travaux des champs dans une ferme dont le patron est mobilisé sur le front russe. Il décide de s'évader, au grand jour, revêtu de son costume de K.G., en tenant une vache en laisse d'une main et un seau de lait de l'autre. L'idée n'est pas mauvaise, car nul ne s'inquiétera de ce paisible couple qui semble se déplacer d'une ferme à l'autre. La fermière, avec qui Charles entretient de bonnes relations, trouve le projet dangereux et même le désapprouve, pourtant elle donne une de ses vaches, Marguerite. L'équipée commence mal. Un marchand complaisant embarque la vache dans sa bétaillère et ramène l'évadé à son point de départ. C'est aussi Marguerite qui se perd parmi une centaine de ses semblables.

 Bailly est embarqué dans une équipe de prisonniers français travaillant dans une scierie... Il rencontre également des prisonniers russes qui acceptent de l'aider... mais veulent manger Marguerite ! Il se fait arrêter par deux SS. qui heureusement se révèlent être des évadés comme lui. La traversée d'un fleuve sur une passerelle occupée par une compagnie allemande ne posera pas moins de problèmes. La frontière approche et Bailly, le cœur gros, se sépare de sa vache. Le voici enfin en France, mais des invectives un peu rudes de deux policiers français le mettent en fuite. Il prend peur et monte dans un wagon et le train prend la direction de l'Allemagne ! Ce n'est que deux ans plus tard que le soldat Charles Bailly reviendra de captivité, comme tant d'autres.

   
1960 L'affaire d'une nuit

 Michel Ferriol, bourgeois aisé et beau garçon, rencontre par hasard sur les quais de la Seine, un ancien camarade de classe : Antoine Fiesco. En vérité, c'est ce dernier -un lourdaud qui a fait l'Algérie et a la nostalgie de la vie militaire - qui se souvient surtout de Michel et lui remémore des tas de détails du passé. Fiesco ne veut plus lâcher Michel et l'entraîne avec lui jusqu'à la terrasse d'un café où il a rendez-vous avec sa femme, Christine. Celle-ci est jeune et jolie, et il s'avère rapidement qu'elle n'est pas très satisfaite de sa vie avec Fiesco.

 Comme par hasard, ce dernier doit abandonner son épouse pour aller défiler sur les Champs-Élysées et ranimer la flamme du soldat inconnu. Michel, qui a bien senti que Christine était en quête d'une " aventure ", l'invite à dîner et la raccompagne chez elle, à Saint-Cloud. Et comme le mari, lui, n'est pas encore rentré, l'inévitable se produit : Michel et Christine tombent dans les bras l'un de l'autre...

 Puis, cette étreinte passionnée va se poursuivre toute la nuit à l'extérieur, dans différents cadres. Et, lorsqu'au terme de cette folle nuit, Michel raccompagne de nouveau Christine à son domicile, Fiesco, le mari, est, cette fois, bel et bien rentré et attend son épouse de pied ferme !

 Michel raconte alors à son ancien ami une histoire invraisemblable pour justifier ce retour tardif et éviter tout soupçon. A la suite de quoi, le mari, flairant quelque chose de peu catholique, s'effondre, complètement désemparé, et confie à Michel que sa femme le trompe depuis longtemps. Et, au bout du compte, au petit matin, Fiesco décide de se réengager dans l'Armée !...

   
1960 segment "L'Adultère
  Segment de La française et l'amour
   
1961 Le président
Vieil homme solitaire, retiré de la vie publique depuis des années, Émile Beaufort vit maintenant loin de Paris, dictant ses mémoires à sa fidèle secrétaire Mademoiselle Milleran, et la visite personnelle que lui rend une haute personnalité britannique le renvoie soudain à ses souvenirs. Alors qu'il était Président du Conseil et que, pour assainir la situation financière, il avait dû se résigner à une dévaluation, le secret de son plan ne fut pas respecté et, du fait de l'action d'un important groupe, l'épargne subit une grave hémorragie. C'est Philippe Chalamont, chef de cabinet de Beaufort, qui avait été l'artisan de cette fuite et Beaufort l'avait contraint à signer l'aveu de sa forfaiture. Puis, de nouveau Président du Conseil Beaufort avait encore vu Chalamont se dresser; contre lui à propos des États-Unis d'Europe et avait dû démissionner avec éclat. Maintenant, Chalamont brigue le poste suprême et voudrait récupérer le document, accablant pour lui, qu'il a jadis signé. Mademoiselle Milleran se fait forte de mettre la main dessus. En vain. Alors Chalamont se décide à venir faire amende honorable. Beaufort a brûlé le document. Sitôt après l'entrevue, Chalamont renonce à briguer le titre de Président du Conseil. Épuisé mais satisfait, Beaufort retourne à la rédaction de ses mémoires.
   
1961 Les lions sont lâchés

À son arrivée de Bordeaux, Albertine est accueillie à la gare par son amie Cécile. Lassée par la vie de province, elle est venue se divertir à Paris. Son mari l’ennuie de plus en plus et la jeune femme songe sérieusement à divorcer. Élégante et raffinée, Cécile représente pour elle un modèle d’équilibre, heureuse entre son mari et ses enfants, dans sa villa de Montfort-l’Amaury. Le lendemain, Albertine accompagne Cécile au grand raout printanier organisé par sa cousine Marie-Laure, snob et écervelée. Le docteur Challenberg, personnage bourru mais brillant médecin, et son épouse Hélène figurent parmi les invités. Albertine fait la connaissance de Didier Marèze, jeune romancier à la mode, dont l’esprit et la désinvolture la séduisent. Les semaines suivantes, Marèze fait découvrir le Paris mondain à la jeune provinciale émerveillée, qui tombe rapidement amoureuse de lui. Malheureusement, Didier doit s’éloigner quelque temps pour écrire un roman promis depuis longtemps à son éditeur.

 Pendant l’été, Albertine, qui loue désormais une chambre de bonne chez Marie-Laure, est courtisée successivement par le fils, le beau-fils et enfin le mari de sa logeuse en vacances. Lorsque Didier réapparaît, Albertine devient sa maîtresse mais découvre que Marie-Laure et Didier se retrouvent chaque après-midi dans sa chambre de bonne et constate amèrement qu’elle a été prise pour cible dans son nouveau roman, «La demoiselle de province». Déprimée, la jeune femme prend pour amant l’énergique Challenberg. Mais le docteur se consacre trop à son travail et néglige Albertine qui, déçue, se réfugie quelque temps chez Cécile.

 Réconciliés, Didier et Albertine s’affichent ensemble à la générale d’une pièce de théâtre à laquelle assiste le tout-Paris. Piqué de jalousie, Challenberg fait une scène à Albertine et lui promet de divorcer d’Hélène pour l’épouser. Marie-Laure, qui a écouté la conversation, s’empresse d’avertir Hélène des intentions de son mari. Challenberg se rend chez Marie-Laure et lui administre une gifle magistrale. Dans l’escalier, il croise Cécile qui lui apprend qu’Albertine est retournée vers son mari à Bordeaux.

   
1962 Un singe en hiver

Avec : Jean-Paul Belmondo (Gabriel Fouquet), Jean Gabin (Albert Quentin), Noël Roquevert (Landru), Suzanne Flon (Suzanne Quentin). 1h45

Juin 1944 en Normandie. Albert Quentin, ancien quartier-maître du corps expéditionnaire en Chine, propriétaire de l'Hôtel Stella, boit chez Georgina avec son ami Esnault. Il boit pour "voyager". Le village est bombardé. Quentin promet à sa femme Suzanne de ne plus boire si l'hôtel est préservé. Les années ont passé. Quentin a tenu parole. Une nuit d'hiver, un jeune homme, Gabriel Fouquet, arrive à l'hôtel...

   
1963 Mélodie en sous-sol

À peine sorti de prison et revenu auprès de son épouse Ginette, Charles, un truand sur le retour, rêve déjà d'un nouveau gros coup. Son ami Mario a en vue un superbe hold-up, celui du Palm Beach de Cannes et, malade, en confie la réalisation à Charles, qui constitue alors son équipe : Francis Verlot, d'abord, jeune délinquant ambitieux et le beau-frère de celui-ci, Louis, un mécanicien qui sera le chauffeur de la petite bande.

 À Cannes, Charles organise le coup : il surveille au casino les allées et venues de M. Grimp qui, chaque soir, va déposer la recette des jeux dans un coffre, au sous-sol. Francis devra s'introduire dans l'établissement par les coulisses – grâce à Brigitte, une jeune danseuse qu'il a séduite –, monter sur le toit et descendre à la salle du coffre par un conduit d'aération.

 Mais le jeune homme n'est pas aussi docile que le voudrait Charles : jaloux de Brigitte, qui le trompe avec Walther, un riche soupirant, il se fait remarquer dans les salles de jeu et rate presque son passage sur le toit. Il réussit néanmoins à rafler un milliard de centimes, qu'il enfouit dans des sacs de plage.

 Le lendemain, la photo de Francis au casino s'étale à la une des journaux. Les deux truands doivent fuir. Ils jettent les sacs dans l'eau de la piscine; l'un d'eux s'ouvre et les billets remontent à la surface...

   
1964 Cent mille dollars au soleil

A Blima, au Maroc, Castigliano dirige une entreprise de transports routiers. Il vient juste d'embaucher un certain Stemer pour convoyer un chargement à Moussorah dans un camion flambant neuf. Mais, au petit matin, c'est un autre employé, Rocco, qui prend le camion et récupère sa maîtresse Pepa à la sortie de la ville, bien décidé à négocier pour son compte le chargement de contrebande.

 Furieux, «Casta» propose deux millions à un ancien de la maison, Marée, pour rattraper le fuyard. Marée s'associe à Steiner pour qu'ils puissent se relayer au volant. C'est au cœur des monts Atlas que les deux poursuivants rejoignent Rocco.

 Mais ce dernier, en panne, leur a tendu un piège et les contraint, sous la menace de son fusil, a transborder sa marchandise sur leur propre camion. Secouru par Mitch-Mitch, un collègue qui suit le même itinéraire, Marée, laissant derrière lui Steiner, qui n'est qu'un mercenaire responsable d'un récent coup d'état dans un pays voisin, retrouve enfin Rocco dans un bar de Moussorah.

 Une bagarre homérique s'engage au cours de laquelle Rocco avoue avoir été berné par Pepa. Alors qu'il prenait rendez-vous avec l'acheteur du mystérieux chargement, elle s'est enfuie seule avec le camion et la marchandise.

   
1964 Week-end à Zuydcoote

 Avec : Jean-Paul Belmondo (Julien Maillat), Catherine Spaak (Jeanne), Georges Géret (Pinot), Pierre Mondy (Dhéry). 1h59.

A Dunkerque, en juin 1940, ses camarades et lui ayant raté l'embarquement pour l'Angleterre au plus fort de la Débâcle, le sergent Julien Maillat, dégoûté et las, rencontre Jeanne, une jeune femme qui refuse de quitter sa maison en ruines. Julien persuade Jeanne de fuir avec lui et dit adieu à ses amis. Une improbable idylle se noue bientôt entre eux.

   
1967 La vingt-cinquième heure

En 1939, dans le village roumain de Fontana, Johan Moritz et sa femme Suzanna baptisent leur second enfant. Dénoncé comme juif - alors qu'il ne l'est pas, par le gendarme Dobresco qui convoite sa jeune épouse, Johan est expédié dans un camp de travail.

 L'année suivante, Les troupes allemandes entrent en Roumanie et confisquent les biens des Israélites. Suzanna est contrainte de demander le divorce pour conserver de quoi élever ses fils.

 Avec l'aide d'autres détenus, Moritz s'évade et s'enfuit en Hongrie, pays encore libre. De là, il doit gagner l'Amérique : mais le comité juif qui organise la filière refuse de s'occuper de lui car il n'est pas des leurs. Arrêté à Budapest, il est vendu aux Allemands comme travailleur volontaire.

 Découvert par un ethnologue nazi Comme le type pur de l'aryen, Johan est revêtu de l'uniforme des SS et sa photo est reproduite sur les magazines et les affiches. Au moment de la débâcle de l'Allemagne, il traverse les lignes grâce à son uniforme et il rejoint l'armée américaine. Mais quand on apprend qu'il est roumain, il est interné comme ennemi et cité au procès de Nuremberg pour répondre de son rôle dans la propagande nazie.

 Acquitté, il retrouve enfin sa femme après huit ans de séparation. Suzanna a un troisième enfant, né après un viol par un soldat russe

   
1968 La bataille de San Sebastian

 Le Mexique, au milieu du XVIII siècle. Blessé par les soldats du gouverneur, Leon Alastray trouve refuge auprès d'un moine franciscain de Chihuahua, le Père Joseph. Pour l'avoir soigné et avoir refusé de le livrer, celui-ci est banni et contraint de se rendre à San Sébastian, une bourgade isolée, réduite à l'état de ruines après une attaque d'Indiens Yaquis.

 A peine arrivé, il est assassiné par un pillard. Alastray, qui l'a suivi, revêtu d'un habit religieux, est pris pour lui par les villageois et, comme tel, ligoté en plein soleil à un arbre par le métis Teclo, qui les exhorte à revenir aux anciens rites païens afin d'éviter la colère des Indiens.

 Ainsi promis à une mort affreuse, Alastray est libéré par une jeune villageoise, Kinita, qui, bien qu'étant la seule à comprendre qu'il n'est pas l'homme d'église attendu, voit en lui l'unique chance de salut de San Sébastian. De fait, il organise la résistance et la reconstruction du village, faisant édifier un rempart ainsi qu'un barrage en vue d'assurer de meilleures récoltes.

 Usant de son passé sentimental avec Felicia, actuelle maîtresse du gouverneur, Léon persuade celui-ci de soutenir leurs efforts. Mais une nouvelle attaque des Yaquis est presque fatale. C'est alors qu'il décide de détruire le barrage. En se déversant, les flots libérés noient les assaillants, tandis que l'allié de ces derniers, Teclo, est tué. La troupe et le vicaire général arrivent après la bataille. C'est pour mieux identifier Alastray, qui doit à nouveau s'enfuir. Mais, cette fois, il n'est plus seul; Kinita part avec lui

   
1969 Le clan des Siciliens

Avec : Jean Gabin (Vittorio Manalese), Alain Delon (Roger Sartet), Lino Ventura (Commissaire Le Goff), Irina Demick (Jeanne Manalese), Amedeo Nazzari (Tony Nicosia), Philippe Baronnet (Luigi). 2h02.

Le tueur Roger Sartet s'évade du fourgon cellulaire qui le transportait. C'est le clan des Siciliens, dirigés par Vittorio Manalese, qui a mis au point cette spectaculaire évasion. Sartet confie au clan un projet dont l'idée lui est venue en prison : s'emparer de la collection de bijoux d'une exposition....

   
1971 Le casse

Ralph, Renzi, Hélène et Azad, leur chef, se dirigent vers une villa isolée dans la banlieue athénienne. Après avoir ligoté le gardien, Azad commence à ouvrir le coffre mais il est interrompu par l'arrivée d'un officier de police, Abel Zacharia. Azad, pour donner le change, joue les automobilistes en panne, mais visiblement aucun d'eux ne croit ce que dit l'autre. Après le départ du policier, Azad termine son "casse" et s'empare de 36 émeraudes.

 Le lendemain matin, les complices ne peuvent embarquer comme convenu à bord d'un cargo, aussi Azad suggère-t-il qu'ils se séparent pendant les quatre jours que durera la réparation du bateau, tandis qu'il mettra les émeraudes en lieu sûr.

 Azad se rend compte alors pour la première fois qu'il est suivi et, après une course folle à travers la ville, qu'il est traqué par Zacharia. Celui-ci assure au propriétaire des émeraudes, M. Tasco, que le voleur est identifié. Il tue Renzi et fait croire que Ralph est le meurtrier.

 Lorsqu'il retrouve Azad dans un petit restaurant, il lui dévoile ses véritables intentions : s'emparer des émeraudes pour son propre compte. Grâce à Lena, Azad échappe de peu aux policiers, mais il découvre rapidement qu'elle est une complice de Zacharia.

 Le jour du départ, le cargo est cerné par la police; Ralph est arrêté. Conscient que Zacharia peut les empêcher de quitter le pays, Azad accepte, contre leur liberté, le marché du policier. Il l'entraîne alors vers les silos du port où les bijoux sont, dit-il, cachés. Là, les deux hommes vont s'affronter. Un seul en sortira vivant : Azad. Zacharia a péri étouffé sous des tonnes de grains.

   
1973 Le serpent

Avec : Yul Brynner (Vlassov), Dirk Bogarde (Philip Boyle), Henry Fonda (Allan Davies), Philippe Noiret (Lucien Berthon). 2h05.

 Officier du KGB détaché à Paris, le colonel Vlassov déserte et devient l'hôte de la ClA et de son directeur, Allait Davies. Comme preuve de sa bonne foi, il donne le nom d'un certain nombre de "taupes" infiltrées dans l'OTAN. Une vague de "suicides" sévit soudain en Allemagne : les autorités "font le ménage"... Aux obsèques de l'une des victimes, Philip Boyle, agent de l'Intelligence Service, prévient son homologue Lucien Berthon, directeur-adjoint du contre-espionnage français, des graves soupçons qui pèsent sur deux agents anglais, Laine et Burger. Mais, de retour à Paris, c'est Berthon lui-même qui est accusé de haute trahison...

 Tandis que l'on apprend la fuite à l'Est de Laine et Burger. Berthon, qui est innocent, comprend alors le double jeu de Philip Boyle.

 Trois mois plus tard, Allan Davies convoque Vlassov et lui annonce la défection de Boyle. La Centrale détient désormais la preuve que tous deux - Boyle et Vlassov - avaient monté la plus gigantesque opération d'intoxication de la guerre froide pour affaiblir la défense de l'Occident, en compromettant plusieurs hauts fonctionnaires de l'OTAN. Peu après, Vlassov sera échangé contre un pilote américain capturé par les Soviétiques..

   
1975 Peur sur la ville
Terrorisée par des appels téléphoniques anonymes dénonçant sa vie privée, une femme, Norah Elmer, victime d'un accident cardiaque, tombe par la fenêtre et s'écrase sur le sol. Chargé de l'enquête avec son adjoint Moissac, le commissaire Letellier est contacté par un homme disant s'appeler "Minos", qui lui lance un défi, revendique la responsabilité de la mort de Norah et annonce vouloir entreprendre une croisade contre la licence des mœurs. Letellier n'est pas soulevé d'enthousiasme par sa nouvelle mission. Il n'en rencontre pas moins une série de jeunes femmes récemment menacées par des maniaques, notamment Hélène, infirmière à l'hôpital de La Trinité, qui, sur le conseil d'un ami, Pierre Valdeck, a prévenu la police. "Minos" commet un second meurtre au nez et à la barbe de Letellier qui entreprend, au péril de sa vie, de le poursuivre, mais n'hésite pas à le laisser filer pour "coincer" un petit truand, Marcucci, qui sévit dans les environs. Désavoué par ses supérieurs, Letellier demande à être relevé de l'affaire. En vain. Il surveille alors Hélène mais ne peut empêcher son assassinat. L'étau se resserre cependant autour de "Minos". Le laboratoire reconstitue les fragments d'un objet perdu par le meurtrier au cours de sa fuite : un œil de verre. Letellier réalise alors que le coupable n'est autre que l'ami d'Hélène, Pierre Valdeck. Après avoir lancé une grenade à l'entrée d'un cinéma porno, le déséquilibré s'est réfugié chez la vedette d'un film osé, Pamela Sweet, qu'il séquestre avec sa famille. Letellier feint d'accepter les conditions de Valdeck mais parvient cependant à l'arrêter avant que celui-ci ne fasse sauter tout l'immeuble.
   
1976 Le corps de mon ennemi

 Revenu à Cournai, dans le nord de la France, après sept années passées en prison, François Leclerc y retrouve les protagonistes du drame pour lequel il fut condamné. Ami d'enfance puis amant de Gilberte, fille du tout-puissant Jean-Baptiste Beaumont-Liégard, il s'était alors, malgré ses origines modestes, parfaitement intégré à cette société huppée qui l'acceptait comme futur gendre.

 Mais leurs relations s'étaient détériorées à la suite de certaines incartades de François et de son refus de dissuader son père d'être candidat aux élections municipales contre Victor Verbruck, l'homme de Beaumont-Liégard. Pierre Leclerc avait alors été discrédité auprès de ses partisans parla révélation, délibérée, au grand jour des liens unissant son fils à ses adversaires politiques.

 Associé à Raphaël Di Massa, François avait ensuite ouvert une luxueuse boite de nuit le "Number one". Mais ces rêves du monde de la nuit éclatèrent en morceaux le jour où il découvrit que Di Massa et Karine Lechar utilisaient à son insu le "Number One " comme plaque tournante d'un trafic de drogue.

 Un peu plus tard, Karine était retrouvée assassinée en compagnie de son amant Kojac, footballeur vedette de l'équipe locale. Et François fut accusé du double meurtre. Questionnant Verbruck avec rudesse et retrouvant Di Massa, il découvre que le vrai responsable du trafic et de la machination n'est autre que Beaumont-Liégard ! Lequel va tomber sous les coups de ceux-là même qu'il avait utilisés pour perdre François.

   
1979 I... comme Icare

Un homme d'État est assassiné au milieu de la foule qui l'acclame. Le procureur Henry Volney et ses quatre assistants héritent de cette enquête; le dossier est mince, il ne contient qu'un petit bout de film de sept secondes enregistré par une caméra de télévision.

 Ces sept secondes renferment un renseignement précieux : perdu dans la foule, un petit homme filme avec une caméra super 8 mm. Une véritable chasse à l'homme commence pour retrouver cet amateur. Mais, sur chaque piste. Henry Volney, va trouver un cadavre en travers.

 Les cadavres de sept hommes et deux femmes : neuf témoins qui avaient vu quelque chose de plus que les autres. Henry Volney s'aperçoit qu'il a affaire à une machination.

 Un soir, il s'introduit au domicile de Mallory, le chef des services secrets. en espérant y trouver une preuve. Pour couvrir le bruit de la "perquisition", il met une cassette. Celle-ci révèle un message codé. Il emporte le document à son bureau et trouve le plan de la machination qui a pour nom " I comme Icare". Il essaie de joindre Mallory, mais l'interlocuteur lui apprend que ce dernier a été remplacé.

 Vers six heures du matin. Volney enregistre sa découverte sur une cassette. Il appelle sa femme au téléphone. c'est alors qu'Henry Volney reçoit une balle en pleine tempe.

   
1982 Mille milliards de dollars

Paul Kerjean, journaliste, a assisté à la convention annuelle de la GTI, une société multinationale. Au bureau de son journal il reçoit un coup de téléphone anonyme. Son interlocuteur accuse Jacques Benoît Lambert, un homme politique d'avoir reçu un "pot de vin ", pour céder à l'étranger une usine française "Electronic de France", Benoît Lambert venant d'être nommé P. D.G. de cette société.

 L'enquête de Kerjean confirme cette accusation. Il publie un article retentissant sur l'affaire et un scandale éclate. Le lendemain, on retrouve le cadavre de Jacques Benoît Lambert qui s'est tiré une balle dans la tête. Kerjean continue son enquête et découvre que l'homme ne s'est pas suicidé mais qu'il a été tué. Il comprend qu'on s'est servi de lui pour maquiller un assassinat en suicide. Il prouve également que Benoit Lambert n'avait pas du tout l'intention de vendre " Electronic de France ", mais que des agents secrets d'une puissance étrangère voulaient libérer la société pour la rendre disponible et fournir leur marché. Ils ont donc fait disparaître le seul obstacle à leur projet: Benoit Lambert. Kerjean rentre chez lui pour écrire un article qu'il intitulera " 1000 milliards de dollars".

 C'est alors qu'il trouve chez lui son informateur anonyme qui l'attend avec un revolver pointé vers lui. Kerjean arrive à se sortir de cette sale situation et se réfugie dans une petite ville de province chez Guérande, l'ancien rédacteur en chef du " Courrier de Vesons " où il avait débuté comme journaliste. C'est ce petit journal de province qui numéro par numéro dévoilera la vérité.

   
1984 Les morfalous
En Afrique du Nord, pendant la Seconde Guerre mondiale, un détachement de la Légion Étrangère est chargé de convoyer 6 milliards en lingots d'or, entreposés à la banque d'Elksour. Pris dans une embuscade allemande, le bataillon est décimé. Parmi les survivants, le sergent Augagneur, aidé d'un artilleur, Béral, s'empare du seul canon restant et bombarde la base allemande. Désormais maîtres du magot. Augagneur, Béral et un troisième larron, Boissier, envisagent de se partager l'or, contre la volonté de leur supérieur, l'intègre Mahuzard, et de Laroche-Fréon, le directeur de la banque, incorruptible. Parti avec Hélène, la femme de ce dernier, chercher du ravitaillement, Augagneur rencontre Dreiner, un Allemand avec qui elle s'était entendue pour s'emparer de l'or. Avec le tank de Dreiner, les deux hommes embarquent les lingots. Mais Laroche-Fréon est électrocuté, puis une fusillade déclenchée par Mahuzard provoque sa mort et celles de Béral et de Boissier. Augagneur et Dreiner abandonnent Hélène, qui joue double jeu entre eux. Finalement Augagneur échappe aux ruses de son compagnon qui cherchait à le semer et arrive seul au rendez-vous avec un nommé Alcide, chargé d'échanger For contre de l'argent. Or. au petit matin, c'est l'armée française qui entoure le char. Augagneur est décoré en tant que héros de guerre. sauveur de l'or, tandis que la voiture d'Hélène se profile à l'horizon.
   
1991 Mayrig

Le 15 mars 1921, un diplomate turc est assassiné dans une rue de Berlin par un jeune Arménien, Tehlirian, qui voulait ainsi venger le génocide de son peuple par les Turcs six ans plus tôt. Six ans, c'est alors l'âge de Azad (dont le nom signifie "libre") lorsqu'il débarque sur le quai de la Joliette à Marseille avec son père Hagop, sa mère "Mayrig" Araxi et ses "pluriels de mère" c'est-à-dire ses deux tantes, Anna et Gayané. Cette famille déracinée laisse éclater sa joie à l'annonce de l'acquittement de Tehlirian, avant de se confronter aux difficultés de sa nouvelle vie : logement précaire à cinq dans une seule pièce au 109 de la rue Paradis, racisme d'un voisin qui ne veut pas partager un fourneau commun à l'étage, recherche de travail. Hagop, autrefois grand armateur dans son pays, devient ouvrier dans une raffinerie de sucre. La "trinité de mère", elle, a la chance de trouver un emploi, pour chacune, de couturières à domicile. Tous travaillent dur pour que Azad reçoive la meilleure instruction au collège Saint-Hilaire, où il est mis à l'écart par élèves et enseignants, y compris l'abbé Pignon, professeur de catéchisme, malgré de brillants résultats scolaires. Les années passent. Grandi, Azad est atteint de pleurésie. Il n'est guéri que par la scrupuleuse application de cataplasmes toutes les heures. La famille Zakarian déménage du 109 au 168, signe d'avancée sociale, et achète une boutique. Hagop n'ira plus à l'usine. Azad découvre le cinéma et sa magie en écoutant, derrière l'écran, le son de LA REINE CHRISTINE... il n'avait pas l'argent pour se payer la place ! Mieux : il veut devenir cinéaste. Stupeur familiale ! Il consent alors à suivre des études d'ingénieur naval dans une autre ville. Un jour, l'ami de la famille, Apkar, qui connut les pires atrocités du génocide, vient le chercher : tante Anna est morte. Premier grand chagrin. La guerre éclate. Azad passe ses examens. Attente angoissée. Il réussit. Tout le quartier l'accueille triomphalement.

   
1992 588 rue Paradis

Azad danse avec sa mère, heureuse et fière de sa réussite aux examens. C'est l'une des scènes de la pièce autobiographique "La chevalière" de Pierre Zakar, nom de théâtre... d'Azad, devenu à Paris auteur dramatique à succès. Un jour, au cours des répétitions, il reçoit la visite d'Alexandre Pagès, qu'il n'avait pas revu depuis l'enfance, au collège Saint-Hilaire, et dont le souvenir évoque un goûter d'anniversaire d'Alexandre, il y avait été la risée de ces gosses de riches, méprisants à son égard, et s'était rendu compte que le gâteau longuement confectionné avec amour et fierté par ses mères et tantes n'avait été jugé bon qu'à donner aux domestiques. Près de trente ans plus tard, Alexandre ne se souvient de rien. Imbu d'une pitoyable fatuité, il attend d'Azad la prise en charge de son fils, qui veut être acteur. Mais ses tentatives de corruption ne font que le conduire davantage à l'échec. Une autre visite, par contre, comble de joie Azad : celle de son père, venu de Marseille assister à la première de la pièce. Mais le vieil homme trouve démesuré d'être hébergé dans une suite de palace : une initiative de Carole, l'épouse d'Azad qui, ayant pris en main les intérêts professionnels de celui-ci, entend maintenir sa famille à distance respectueuse, voire même lui faire renier ses origines. C'est elle qui, irritée de la mise en avant des parents Zakarian par un grand magazine, conduit Azad à prononcer des reproches irrémédiables à son père, qui en meurt. Azad décide de faire vivre sa mère près de lui. Outre son habituelle hostilité, Carole fait preuve de bassesse. C'en est trop pour Azad, qui tombe le masque et se sépare d'elle. Leurs enfants Adrien et Charlotte vont pouvoir, selon leur propre désir, arborer leur vrai nom et apprendre l'arménien avec Astrig Setian. Le soir de la première, Azad a rencontré cette collaboratrice d'un petit journal de la communauté, "Horizons". Il prélève sur ses droits d'auteur la somme nécessaire à l'achat- d'une belle demeure pour sa mère, tout à l'autre bout de la rue Paradis, à Marseille, là où vivent les gens fortunés. Il viendra la voir régulièrement, en compagnie des enfants et probablement d'Astrig.

   
   
   
   
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