Starship troopers

1997

Avec : Casper Van Dien (Johnny Rico), Dina Meyer (Dizzy Flores), Denise Richards (Carmen Ibanez), Jake Busey (Ace Levy), Michael Ironside (Jean Rasczak), Neil Patrick Harris (Colonel Carl Jenkins). 2h15.

La Terre, au XXIVe siècle. Le gouvernement musclé de la Fédération fait régner sur la planète devoir, ordre et vertu. À l'université, cinq camarades jeunes, riches et beaux décident de leur carrière : Johnny veut s'engager dans l'Infanterie mobile malgré le désaccord de ses parents; sa petite amie Carmen rêve de piloter un vaisseau spatial; Dizzy est une battante séduisante et amoureuse de Johnny; Carl, un brillant cerveau stratégique et Ace, un sportif aéronaute. L'attaque d'une armée d'arachnides géants qui se dresse contre l'espèce humaine décide de l'avenir de chacun. La destruction éclair de Buenos Aires met le feu aux poudres. La guerre est déclarée et les combattants - hommes et femmes confondus - partent pour le front.

Après avoir fait leurs classes au camp d'entraînement, Johnny et Dizzy se retrouvent dans la troupe d'élite de Jean Rasczak, ancien combattant et professeur de Johnny. Carmen, qui a trouvé sa vocation de pilote, fait équipe avec Ace, son navigateur. Malgré les batailles sanglantes, les combats intergalactiques et les pièges tendus par les insectes " buveurs de cerveaux " qui contrôlent ainsi les Terriens, les plans de l'adversaire sont déjoués lors du guet-apens final. Mais Ace et Dizzy - qui avait enfin conquis Johnny - y perdent la vie. Johnny, Carmen et Carl capturent le cerveau de l'ennemi et deviennent des héros.

Sorti six ans après la fin de la première guerre d'Irak (1990-1991) entreprise par George Bush, le film s'appuie  sur un roman de Robert A. Heinlein, très militariste, pour exposer frontalement la bêtise et les conséquences meurtrières de l'engagement dans l'armée. C'est, en reprenant les termes de Baudrillard, une stratégie fatale : pour dénoncer le militarisme, l'être jusqu'au bout.  Sont montrés sans fard la sauvagerie des corps tués ou mutilés durant la guerre. C'est de ce premier degré que le film tire son efficacité dramatique.

Quelques séquences humoristiques ou mélodramatiques donnent à un peu d'humanité à cette représentation d'un avenir fasciste. Un second degré incontestable est en effet introduit dès le générique avec le  un spot télévisuel de propagande qui ne fait qu'exagérer à peine le ton général du film. Le ton se fait franchement satirique avec les enfants initiés au maniement des armes dans un second spot avec entrainement à la destruction de cafards.

Néanmoins c'est une fédération humaine interchangeable (Buenos-Aires ne se distingue plus du tout venant de la planète), une humanité très propre, où rien n'est à cacher, ni les résultats aux examens ni les raisons de son engagement dans l'armée, qui est le plus généralement mis en scène.

L'ennemi c'est alors tout le refoulé de cette propreté : les astéroïdes en forme de grosses crottes propulsés depuis une planète peuplée de cuirassés péteurs et d'arachnides géants;  dissection et explosions en révéleront les entrailles putrides et salivaires. En mourant, les arachnides dégagent une matière visqueuse verte ou orange. La multiplication permise par le numérique rend l'attaque de la planète P particulièrement spectaculaire. La succession des combats, où les fusils mitrailleurs taillent en pièces des arachnides géants ou des cuirassés géants, dit l'eternel combat de l'homme endoctriné contre tout ce qui grouille en lui.

Jean-Luc Lacuve le 03/06/2016