Kaos, contes siciliens

1984

(Kaos). Avec : Margarita Lozano (Mariagrazia, segment L'Altro figlio), Claudio Bigagli (Batà, segment Mal di luna), Omero Antonutti (Luigi Pirandello, segment Colloquio con la madre), Franco Franchi (Zi' Dima segment La Giara), Biagio Barone (Salvatore, segment Requiem), Regina Bianchi (la mère de Pirandello, segment Colloquio con la madre), Ciccio Ingrassia (Don Lollò segment La Giara), Enrica Maria Modugno (Sidora,segment Mal di luna). 2h20.

Des bergers siciliens capturent un corbeau. L'un d'entre eux lui attache une clochette autour du cou et le relâche. L'oiseau s'envole, parcourant le pays, témoin des contes d'une terre aride et millénaire.

Premier récit : L'Autre Fils (36'). - Ce sont les grandes migrations vers l'Amérique. Une mère rejette le seul de ses trois fils qui soit resté. À un jeune médecin, elle confie que celui-ci est né d'un viol et qu'elle ne peut le considérer comme étant le sien.

Deuxième récit : Mal de Lune (45'). - Sidora et Bata sont jeunes mariés. Les nuits de pleine lune, le mari est en proie à des crises étranges qui effraient son épouse. Saro, un ami d'enfance venu la protéger, et elle, auraient pu s'aimer toute la nuit et laisser Bata succomber, mais ils l'aident finalement à soigner ses blessures le matin venu.

Troisième récit : Requiem (29'). - Les bergers ont manifesté en vain le droit d'être enterrés dans leurs montagnes. Leur vieux patriarche fait croire à sa mort. Terrorisés par la cérémonie de l'enterrement, les gendarmes s'enfuient. Le vieil homme peut mourir en paix, les siens ont obtenu gain de cause.

Épilogue : Entretien avec la mère (23'). - Pirandello revient, après une longue absence, sur les lieux de son enfance. Par-delà une conversation imaginaire avec sa mère, il " se souvient " d'une journée qu'elle a passée en bord de mer alors qu'elle avait treize ans. Eklle embarqua sur uen tartane avec sa mère ses seours t son jeune frere pour rejoindre Malte où le pere et le garnd pere etait ene xil pourchassés par las bourbons apres la revolution d e1848. le voyage dura tois jours mai ami chemin ilsarreterent sur une ile, l'ile de la pierre ponce

Librement inspiré de Nouvelles pour une année de Luigi Pirandello. De grands moments de "Meraviglia" (la merveille) chère aux poètes Italiens du XVe siècle : quelque chose qui frappe dans un texte, qui saisit avec peu de mots. Le cinéma sait inceraner ces sentiments complexes notamment sur le visage d'un acteur. Ainsi, dans l'épilogue, ce mélange sur le visage de la jeune fille de résignation, désir, lutte du bien et du mal. En littérature, il faudrait des pages pour décrire cette complexité. Lorsqu'elle commence à grimper on ne voit plus qu'elle dans le plan, désir de vivre, se libère de sa mère, libération atteinte au sommet : élan, joie et extase quand elle plonge dans la mer.

L'émotion est redoublée par la création de la "bulle poétique" de Pirandello : souvenir de la mère dans le souvenir du fils. Le choix de la musique y participe, l'arietta 'L'ho perduta' des Les noces de Figaro, la servante qui perd une épingle et se trouve un moment hors du temps.

Source : Balinda Cannone, intervention lors du colloque : Pour vous qu'est-ce que le cinéma (avril 2014 au Café des images)

Je suis donc fils du Chaos ; et non pas de façon allégorique, mais réellement, parce que je suis né dans une maison de campagne à nous, qui se trouve près d’un bois touffu, appelé, Càvusu, par les habitants d’Agrigente, forme dialectale du grec Kaos. (Frammento d’autobiografia, Luigi Pirandello)