Non réconciliés
1965
ou Seule la violence aide là où la violence règne (Nicht versöhnt oder es hilft nur Gewalt wo Gewalt herrscht). D'après le roman de Heinrich Böll : Les Deux sacrements. Avec : Heinrich Hargesheimer (Heinrich Fähmel à 80 ans), Carlheinz Hargesheimer (Heinrich Fähmel à 35 ans), Martha Staendner (Johanna Fähmel à 70 ans), Danièle Huillet (Johanna Fähmel à 30 ans), Henning Harmssen (Robert Fähmel à 40 ans), Ulrich Hopmann (Robert Fähmel à 18 ans), Joachim Weiler (Joseph Fähmel), Eva-Maria Bold (Ruth Fähmel), Hiltraud Wegener (Marianne), Ulrich von Thüna (Schrella à 35 ans), Karl Bodenschatz (le receptionniste de l'hôtel), Ernst Kutzinski (Schrella à 15 ans), Heiner Braun (Nettlinger), Walter Bruhl (Trischler), Erika Bruhl (Edith). 0h55.

Robert Fähmel raconte son histoire au jeune groom de l'hôtel que peut-être il va adopter. Avant la guerre, Schrella était le souffre douleur de l'école et seuls quelques-uns ne participaient pas à son humiliation quotidienne.

Dans l'hôtel, la secte de l'agneau suscite l'intérêt des journalistes, leur mot d'ordre : sauver le monde par le lait de brebis et le tricot. "La béatitude du monde est cachée dans l'agneau" dit encore la jeune prêtresse qui essaie d'entrainer le groom dans la secte en lui prometant la richesse.

Sur un mur l'annonce de l'exécution d'un apprenti né en 1917, communiste, que l'on accuse d'avoir ourdi un guet append. La secte de l'agneau Schrella en faisait partie ainsi que sa sœur Edith. Robert tomba amoureux de cette dernière. Au café Zons, il avait juré à Edith de jamais goûter au sacrement du buffle. Ils commirent l'attentat de Vacano, celui-ci en rechapa un enfant fut tué. Robert fut inquiété, son condisciple Nettlinger, fasciste le fouetta puis le laissa partir. Avec l'aide du propriétaire dune péniche, caché dans un tapis, il réussit à fuir pour la Hollande.

Aujourd'hui, Nettlinger veut le revoir sans doute pour lui parler de Schrella qu'il vient d'aider à sortir de prison en se portant caution politique pour lui. Ce fugitif apatride, Nettlinger regrette qu'il n'ait pu prouver sa fuite pour raisons politique : il aurait pu empocher beaucoup d'argent en attaquant le gouvernement. De l'attentat de Vacano, le fugitif n'est pas fier, il ne le voulait même pas. Au restaurant, Nettlinger commande escalope vin et saumon, Schrella bière et poulet. Il a du mal à cacher son mépris croissant pour Nettlinger. Il finit par emporter la nourriture dans un sac ne pouvant supporter Nettlinger lui rappelant ses tout petits faits d'armes pour protéger les conjurés : " vos bienfaits sont presque plus effrayant que vos méfaits" et ne se souvenant pas des gens de peu qui les aidèrent au péril de leur vie comme Trischler, le propriétaire de la péniche.

Nettlinger a repris contact avec Robert par son père, Heinrich, célèbre architecte. Celui-ci raconte à sa secrétaire dans le café où ils ont leurs habitudes comment il gagna le concours pour l'église saint Antoine face aux architectes célèbres Brehmockel, Grumpeter et Wollersein. Le prêtre fut enthousiasmé et l'église construite. Heinrich rencontra sa femme, Johanna, la fille du notaire qui habitait au-dessous de là où il travaillait sans relâche.

Puis ce fut la guerre, commandée par un Kaiser dépassé. Heinrich du revenir à l'arrière où l'on avait besoin de lui comme architecte. Sa femme sombra dans la folie.

Le groom demande à Robert s'il participa à la guerre. Robert répond qu'il était artificier, en charge de faire sauter les ponts et les voies d'accès mais aussi de dégager les champs de tir. C'est lui qui dans Berlin assiégé détruisit l'église saint Antoine construite par son père.

Aujourd'hui, Robert rend visite sa mère à l'hôtel qui semble accueillir favorablement les fous légers. Pour celle-ci le temps s'est arrêté à la guerre. Elle rappelle qu'elle essaya vainement de soustraire Edith à la mort en usant de protections politiques inefficaces. Elle demande à Robert de se réconcilier avec son frère Otto. Celui-ci nazi convaincu est mort devant Kiev. C'est maintenant à Heinrich de rendre visite à sa femme.

Plus tard, les deux hommes se retrouvent à la gare où ils vont rejoindre le fils de Robert, tout juste fiancé. Il a fait des études d'architecture mais a perdu l'envie de construire.

Heinrich dit à quel point il aime sa femme, son fils et son petit-fils. Les pertes architecturales ne sont rien. Fussent-elles à l'image de Dieu, elles ne vaudront jamais les messagers de sa parole : Edith morte aujourd'hui ou l'enfant de l'attentat contre Vacano.

Le petit-fils, Joseph, raconte à sa fiancée Marianne, la joie qui régnait chez lui malgré les privations et l'obligation de destruction que son père et son grand-père acceptaient sans trop souffrir.

Schrella retourne là où il habitait jadis mais plus personne de sa famille ne s'y trouve. Il fait semblant de ne pas reconnaître la sœur d'un condisciple. La nouvelle église sera reconstruite.

La mère est folle mais peut-être pas tant que cela. Alors que s'ourdit une marche militaire pour réclamer un retour à la fierté nationale, elle sort dans une serre récupérer un revolver. Elle veut tirer sur le chef du cortège. Heinrich l'en dissuade ... et lui conseille de tirer plutôt sur l'organisateur politique de la manifestation sur le balcon d'a coté. Elle tire.

Lorsque les enfants rentrent, on leur annonce un drame. En fait la fête familiale peut se poursuivre. La balle n'a fait qu'effleurer le politicien. La femme d'Heinrich sera juste un peu plus surveillée. Espérons que la stupeur fera réfléchir le politique.

Les Straub condensent une importante matière historique et romanesque en un diamant poétique, mystérieux et dense traversé d'éclats lyriques et drôles.

Le roman de Heinrich Böll raconte cinquante ans d'histoire allemande, de 1910 au miracle économique de l'après-guerre et l'histoire de trois générations. Il raconte aussi comment le peuple allemand oublie ce qui l'a conduit vers l'abîme.

 

critique du DVD
Editeur : Montparnasse, octobre 2007. Format: 1.37.
critique du DVD

Coffret Straub - Huillet vol. 1

DVD1 : Machorka-Muff (1962, 0h17), Non réconciliés (1965, 0h50) DVD 2 : Moïse et Aaron (1974, 1h43) DVD 3 : Introduction à la "Musique d'accompagnement pour une scène de film" de Arnold Schoenberg (1972, 0h16). Du jour au lendemain (1996, 0h59).

 

 

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