Tango
1998

Buenos Aires, de nos jours. Mario Suarez, un talentueux metteur en scène argentin, vient d'être quitté par sa femme Laura. Pour oublier son chagrin, il se réfugie dans le travail et se lance à cœur perdu dans un vaste film consacré au tango. Dans ce projet, se mêlent l'histoire de sa vie et celle de son pays, le passé et le présent, la musique et la danse, le drame et la poésie, et l'amour. Au cours des auditions, on lui présente une ravissante jeune danseuse, Elena, qui est la protégée du principal commanditaire du spectacle, le puissant Angel Larroca, un homme aux activités très louches.

Au fil des répétitions, Mario et Elena sont attirés l'un vers l'autre par une passion aussi irrépressible que dangereuse. Mario vit pratiquement en permanence au théâtre. Une nuit, Elena lui annonce qu'elle a quitté Larroca, pour venir le rejoindre. Le spectacle prend forme, petit à petit, malgré les interventions des commanditaires qui voient d'un très mauvais œil l'évocation des massacres de la dictature militaire. Lors de la répétition générale, l'un des hommes de mains de Larroca se glisse parmi les danseurs et poignarde Elena. Mario court vers elle, la croit morte puis la voit se réveiller. Larroca se lève du fauteuil d'où il suivait la scène et demande au metteur en scène si sa prestation a été bonne. C'est toujours Mario qui depuis le départ imaginait ce scénario. Il est l'exil de la caméra qui monte le spectacle...

Saura rend hommage au Tango dans un film mental privilégiant les numéros sur fonds monochromes rouges, roses, jaunes, oranges et verts pomme. Saura met en effet en scène un double jeu avec la réalité pour accentuer le mystère inhérent au tango. La suspens sur le fait que la comédie musicale intègre ou non la réalité politique, qu'elle permette ou non à Mario d'aimer Elena n'est que le fait de Mario qui se repose dans son lit et imagine son film. Mario metteur en scène de cinéma s'imagine Mario metteur en scène de théâtre. C'est le sens de cette caméra autonome qui se montre au début du rêve de Mario et que l'on revoit au milieu puis à la toute fin.

Ce jeu mental est renforcé par l'interprétation pour le moins monolithique de Miguel Ángel Solà, pur esprit qui est d'ailleurs affligé d'une cane après un accident qu'il aurait provoqué en dormant au volent. Plongée dans la mémoire du tango (extraits de Mercado de abasto de Lucas Demare réalisé en 1955 avec Tita Merello, Pepe Arias, Juan José Miguez, Pepita Muñoz), le film évoque aussi la dictature militaire et ceux qui veulent la faire oublier : "Le passé est indestructible, tôt ou tard les choses finissent par revenir et parmi les choses qui reviennent il a le projet d'abolir le passé". (Borges).

critique du DVD
Editeur : Carlotta-Films. Nouveau master restauré. Avril 2011.
Analyse DVD

Supplément : Bande annonce.

 

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Genre : Musical

Avec : Cecilia Narova (Laura Fuentes), Miguel Ángel Solà (Mario Suarez), Mía Maestro (Elena Flores), Juan Carlos Copes (Carlos Nebbia), Carlos Rivarola (Ernesto Landi). 1h55.

DVD Carlotta Films
Thème : La danse