Le celluloid et le marbre
1966
Episode de Cinéastes de notre temps. Avec : César Baldaccini, Georges Candilis, Pierre Klossowski, Claude Parent, Roger Planchon, Nicolas Schoeffer, Claude Simon, Kurt Sonderberg, Takis, Victor Vasarely, Paul Virilio, Iannis Xenakis. 1h30.

Eric Rohmer demande à des artistes qui n'appartiennent pas au monde du cinéma de se situer et de situer leur art par rapport à l'art cinématographique. Le celluloïd l'art du présent se conserve mieux qu'on ne l'a dit et les artistes utilisent de plus en plus des matériaux périssables.

Première partie : L'art, la réalité

Takis : c'est un art capable de rendre visible les choses invisibles comme le disait Platon

kurt Sonderberg : il aime les choses qui surprennent dans le cinéma mais pas les films abstraits.

Claude Simon: récit neuf mais pas roman filmé des films-roman; l'âge d'or et le chien andalou, Marienbad, L'immortelle, Citizen Kane, Huit et demi. /resté une esthétique de l'histoire racontée qui remonte au siècle dernier. Procédé narratif est celui de Balzac, Zola / Si on filme un souvenir ne pas le signaler puisque le souvenir est souvent aussi intense que le présent (Rohmer ne veut pas confondre la perception et l'imaginaire) Simon demande comment il fit la distinction dans L'âge d'or ; c'est surréaliste, c'est spécial Rohmer : l'imaginaire c'est ce que l'on construit soi-même. Mais on construit toujours réplique Simon. La réalité est quelque chose est donnée affirme Rohmer. Simon dit qu' Heisenberg lui-même dit que. Le cinéma se place sur le plan du sens commun, difficile d'en sortir. Non Bunuel Robbe-Grillet. Le panthéon présent le nombre exact de colonnes. Non répond Simon on sera seulement sensible à un plus ou moins grand nombre de colonnes ; aucun spectateur ne les comptera. Rohmer affirme en colère que le fonctionnement de l'imaginaire au cinéma n'a aucun intérêt. Simon n'est pas de cet avis. L'objet nie le monde mais au moment où je le décris il ramène à lui le monde. Le paquet de cigarettes est plus intéressant pour le romancier qui saura en tirer davantage que le cinéaste. En revanche le visage est plus intéressant pour le cinéaste que pour le romancier. Il y a plus d'intérêt dans la nature que dans la pensée. Simon pas d'accord, on n'existe que dans la conscience et la parole. Péremptoire Rohmer affirme que pour le cinéaste la nature est quelque chose de très important et à laquelle il faut quand même penser. Simon se marre : s'il n'y a pas d'homme pour la voir ou la filmer, il n'y a pas de nature. Rohmer : dans les grands films, il y a un émerveillement devant la nature. Ca dépend qui la filme réplique Simon citant les photos de vacances. En revanche le gros plan est un apport du cinéma et de la photo. Nous a appris à voir ce que l'on ne connaissait pas. Là Rohmer est d'accord

Roger Planchon : dix mètres sur dix mètres c'est mieux pour le théâtre que l'espace permis par le cinéma / façon de montrer le monde de façon neuve pas bon la mise en scène tarabiscotée d'Armand Gatti

Pierre Klossowski : le cinéma outil d'analyse mieux que moyen de création aux antipodes de l'art/ pas auxiliaire des autres arts/ aucun intermédiaire entre la perception et l'objet, émotionnellement atteint

Victor Vasarely : le cinéma a remplacé la partie anecdotique, informative de la fresque par ses vastes moyens. Mais bons films et mauvais films. Art de notre temps car temps scientifique et technique même s'il reproduit des thèmes anciens, moyens plastique. Potemkine. Ordonner le désordre de la nature, organiser le réel.

César Baldaccini : faire corps avec la caméra; Aime pas le cinéma expérimental, juste pour les connaisseur celui qu'il aime c'est celui qu'il aimait étant gosse, le cinéma ordinaire. C'est l'outil qui fait l'artiste. Il n'aurait rien contre sculpter Brigitte Bardot. Mais serait-ce encore Brigitte Bardot ? Demande Rohmer. Le cinéaste aussi recrée Brigitte Bardot comme il l'entend répond César.

Deuxième partie : Le mouvement.

Iannis Xenakis : très grand avenir pour le cinéma abstrait en liaison avec le tube cathodique art visuel mobile totalement automatisé avec les machines à calculer. Un champ fantastique avec des écrans géants. Lien entre la musique et l'architecture, le pavillon Phillips, des formes à bases de droites inspirés aussi par une musique à base de glissandi. Avec un orchestre à cordes, on peut contrôler toute une transformation continue. Le cinéma pourrait-il être une synthèse des arts. Oui programmation totale avec la musique en plus. Mais est-ce utile de lier son et image ? Ce sera un pléonasme. Le spectacle devrait suffisant en soi, la musique pure ne devrait pas avoir besoin de spectacle visuel. Au cinéma, il ne faudrait pas trop de musique.

Vasarely : l'introduction du mouvement dans la peinture est la voie nouvelle dans laquelle il s'engage. Dans le cinétisme le mouvement optique des formes. Entre cinétisme et cinéma il ya un rapport dans la racine. L'image devient vibrante s'inscrit dans la durée. Cinétisme pictural mouvement qui agit sur la rétine à interpréter. Les films sont didactiques. Jouer comme Averty

Takis. Il fait des objets mobiles. Un film avec de la danse du théâtre et des éléments mobiles.

Nicolas Schoeffer : lumière, programmation pour un déroulement audiovisuel. Ses sculptures lumière sont aussi du cinéma; ses spectacles lumino-dynamique sont aussi une forme de cinéma, du cinéma dans la cité. Utiliser des grands écrans dans l'espace de la cité sur lesquels sera projeté du cinéma, de la télévision, du spectacle, des sculptures qui se promèneront qui seront programmés par des cerveaux électroniques. Une ville cybernétique avec des spectacles selon la demande que les habitants formuleront

Sonderberg : un moteur de voiture plus intéressant qu'une sculpture qui bouge

Troisième partie : La vie, l'évasion.

Georges Candilis : le cinéma est l'image de la vie actuelle. Le cinéma reproduit la réalité, l'architecture fait la réalité dit Rohmer. L'architecture de 1965 est-elle bien représentée dans el cinéma de 1965 ? Non le cinéma est encore top jeune, il imite trop

Paul Virilio et Claude Parent : Pour Paul Virilio, le cinéma avec le sens du déplacement, la succession des plans, la chronologie dans le temps rejoint l'architecture un passage de plans successifs, une succession dans le temps. Cinéma ancien images fixes contemporains des facettes. Oui le problème du temps intéresse l'architecture ce que confirme Claude parent. L'utilisateur de l'architecture se déplace et acquiert une émotion par la lecture de l'architecture. Parent aime le cinéma qui essaie de travailler avec l'architecture autrement que comme un décor. Mais on est privé d'architecture contemporaine, aller voir un barrage. Un monde architecturé, l'urbanisme av inspiré le cinéma dit / Parent : veut travailler pour le durable, Virilio aussi, l'urbanisme c'est la planification dans le temps. On peut peut-être détruire un objet mais pas une ville / L'évasion de demain sera non pas celle d'Alice au pays des merveilles mais vers une réalité merveilleuse, la conquête de l'espace mieux que la sortie du week-end en voiture. Pour Parent quand l'architecture au quotidien intéresse les hommes les arts de l'évasion perdront de terrain.

Roger Planchon: du cinéma moderne en filmant des vieilles palissades. Aller à Brasilia c'est pour éblouir. Faire quelque chose de neuf avec des palissades comme dans Bande à part. Ce n'est pas en filmant des usines modernes qu'on fera du cinéma qui rendra compte de notre temps, il faut aussi filmer de vieilles usines, sur le même plan. D'Annunzio ou Villiers de L'Isle-Adam vent s'entourent d'objets élégants. Il ne se décrit que lui-même ; il faut décrire le reste. Dans le combat contre le monde, il faut donner raison au monde et jamais à soi-même.

Georges Candilis : Vue sur une ville américaine avec que des voitures ou Métropolies vision cauchemardesque du monde de demain / L'architecture doit disparaitre dans un permis de construire il faut un plan pour la démolir dans els pays scandinaves. Formidable de pouvoir changer. / Il y aura mise en scène de la ville de demain mais pas seulement par l'architecture, avec du cinéma, des techniques de miniaturisation

Vasarely : la présence du passé serra-t-il perceptible dans l'avenir ? Êtes-vous pour la table rase ou les arbres, la nature derrière votre atelier sont-ils utiles à votre création ? Oui le monde naturel doit être présent

Pierre Klossowski: le cinéma répond à un besoin très profond de récupération psychique de voir son double, la réalité quotidienne dédoublé

Iannis Xenakis : L'art évasion ou se rapprocher du monde ? Le pouvoir de s'exprimer est donné à tous comme manger et ce n'est pas seulement de la peinture du dimanche. Le loisir bien conçu est du travail créatif.

Episode de Cinéastes de notre temps question generale pour fiare parler de ce quils veulent

 

Test du DVD

Editeurs : Potemkine et Agnès B. Novembre 2013. 30 DVD et leur déclinaison blu-ray pour les 22 films restaurés HD. 200 €.

Supplément au DVD2, La boulangère de Monceau.

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Genre : Documentaire
DVD