Les mariés de l'an deux

1971

Genre : Aventures

Avec : Jean-Paul Belmondo (Nicolas Philibert), Marlène Jobert (Charlotte), Laura Antonelli (Pauline de Guérande), Michel Auclair (Le Prince), Julien Guiomar (Le représentant du peuple), Mario David (Requiem- le cocher du prince), Charles Denner (Le passager partisan des républicains). 1h38.

À la fin du XVIIIe siècle, un petit garçon et une petite fille, jouent dans la campagne enneigée et rencontrent une bohémienne qui leur prédit que la fille deviendrait princesse et que le garçon connaîtrait la fortune et la gloire dans un monde nouveau. Les deux enfants, Nicolas Philibert et Charlotte, grandissent et se marient mais Nicolas tue un baron trop empressé auprès de sa femme et doit fuir aux États-Unis.

En quelques années Nicolas  fait fortune dans le commerce des épices. Il est sur le point épouser la plus riche héritière de Caroline du Sud quand, au beau milieu de la cérémonie nuptiale, un jaloux rèvèle à  l'assistance stupéfaite que Philibert est déjà marié... en France. Il doit revenir à Nantes retrouver Charlotte et lui demander le divorce, nouvellement instauré. Cela en l'an II de la République, alors que la Révolution et la guerre civile font rage.

Il emprunte un bateau de blé affrété par son futur beau-père. À Nantes, c'est l'état de siège. Le bateau est d'abord canonné mais on les laisse passer en apprenant qu'il vend du blé. La population, fébrile, leur fait un accueil enthousiaste. Mais le principal homme fort de la ville, délégué par la Convention, crie au complot et déclare que le blé est empoisonné. Il ordonne à Philibert d'attendre pendant qu'on inspecte la cargaison.

Philibert s'échappe immédiatement pour chercher Charlotte. Il retrouve le père de celle-ci, qui lui annonce qu'elle n'est plus dans la ville. Elle est parvenue à se faire courtiser par un marquis, Henri de Guérande, avec qui elle s'est enfuie dans les rangs de l'armée royaliste. Personne ne sait où elle se trouve, mais un commis connaît l'adresse de Pauline de Guérande, la sœur du marquis, qui habite toujours la ville.

Philibert y va sans attendre, mais il l'a à peine aperçue qu'elle s'enfuit de chez elle en voyant des gardes arriver. Pourtant ces gardes ne le cherchent que pour lui annoncer que le blé est enfin reconnu sain. Il est le héros du jour et on l'invite à une cérémonie du culte de la Raison.

Pendant la cérémonie, à sa grande surprise, Pauline de Guérande est sur scène. Elle chante un hymne à la Raison. Mais après avoir fini, tout à coup elle sort un pistolet et tente d'assassiner le délégué de la Convention. Le pistolet s'enraye, le coup ne part pas. Le délégué se jette alors sur elle, sort son épée et l'attaque. Philibert, indigné de cette lâcheté, attaque ce dernier à coups de poing, ce qui permet à Pauline de s'enfuir. On l'accuse de trahison, il est condamné à mort après une parodie de procès.

Philibert s'évade et s'enfuit comptant rejoindre son bateau par l'estuaire. Mais il tombe dans une embuscade des Chouans. Ceux-ci le prennent pour un espion, ils veulent l'exécuter. Il est sauvé par l'arrivée impromptue de Pauline de Guérande, qui fait partie de leur bande, et qui le présente comme son sauveur.

Philibert est conduit à leur base, un château qui est le refuge de nombreux royalistes sous le commandement d'Henri de Guérande. Il retrouve enfin Charlotte, sa femme, qui s'est fait passer pour veuve. Il cherche à lui parler mais un méli-mélo d'événements l'en empêchent. Tout d'abord un prince, envoyé de la contre-révolution, arrive au château et met tout le monde en branle. Puis des querelles amoureuses éclatent, entre Charlotte et Philibert, entre Charlotte et Henri de Guérande, entre Charlotte et le prince, entre un noble et Pauline de Guérande, entre Philibert et Pauline de Guérande, et une relation complexe se fait jour entre Henri et Pauline de Guérande, le frère et la sœur.

Philibert, entraîné dans ces histoires, au comble de l'exaspération, finir par se proclamer républicain et par provoquer une bagarre générale avec toute la bande. Au milieu de la confusion, au cours d'un quiproquo, Charlotte révèle qu'il est Nicolas Philibert, assassin du marquis avant la révolution et qu'il est son mari. Le couple s'enfuit du château et parvient à semer les poursuivants.

Ils se réfugient dans un arbre, où ils passent la nuit enlacés. Mais c'est pourtant le moment que Philibert choisit pour demander le divorce ce qui met Charlotte en rage. À ce moment-là, la berline du prince passe près d'eux. Charlotte l'arrête et lui demande de l'emmener, acceptant pour cela de l'épouser. Le prince, tout de joie, consent à épargner Philibert, mais se voit obligé de le droguer pour le conduire sans éclat à la mairie et obtenir le divorce.

Le divorce ne se passe pas sans mal. Une insurrection éclate à la mairie contre le délégué de la Convention, qui est démis de ses fonctions par le Comité de salut public. Et le prince est reconnu par une ancienne servante, ce qui les force à s'enfuir, non sans avoir achevé le divorce en bonne et due forme.

Quand Philibert retrouve ses esprits, il est à bord de son bateau voguant vers l'Amérique. On lui montre son divorce. Tout semble aller pour le mieux, la prédiction de la bohémienne se réalise : Charlotte va épouser un prince et il va connaître la fortune en Amérique. Mais il est morose. Soudain un coup de vent projette l'acte de divorce par-dessus bord. Il saisit ce prétexte pour déclarer que tout est à recommencer et qu'il doit rejoindre Charlotte. Il plonge dans l'estuaire et rejoint la France.

Il part à la poursuite de la berline. Au château, on lui annonce qu'elle est partie pour Coblence, le foyer des émigrés en Allemagne. Il fonce dans cette direction. Après avoir traversé le pays, il les rejoint tout près de la frontière allemande, alors que la bataille fait rage avec les Autrichiens. Il s'engage avec les troupes françaises, après avoir fait la connaissance de volontaires français. Il prend part activement au combat.

Il ne parvient pas à empêcher Charlotte et le prince de rejoindre les lignes ennemies. Mais Charlotte, dès son arrivée, décide d'échapper au prince. Elle s'enfuit et repasse toute seule les lignes ennemies dans l'autre sens.

1809, dans un somptueux château. Le couple est au milieu des dorures dans une salle splendide, comme de coutume en train de se disputer violemment. Ils doivent interrompre leur scène pour prendre la pose, devant un peintre, avec leurs trois enfants. Nicolas Philibert a fait une carrière militaire éclatante, jusqu'à devenir prince d'Empire. La prédiction de la bohémienne s'est bien réalisée : Charlotte est devenue princesse, et lui a connu la fortune et la gloire dans un monde nouveau.