Nuit et brouillard au Japon
1960

C'est la rentrée universitaire en cet automne 1960. La signature d'un traité de sécurité entre le Japon et les Etats-Unis vient d'être adopté malgré les manifestations étudiantes de juin.

Reiko Harada, jeune étudiant protestataire se marie à un journaliste plus âgé qu'elle, Nozawa, qui représente un bord politique moins critique envers le pouvoir en place. Pour le professeur Nakayama, cette union est le symbole d'une réunification nationale. Mais les invités sont loin d'en être convaincus.

C'est d'abord Toura devenu journaliste à sensation mais qui autrefois fut un théoricien austère convaincu de la révolution qui se demande pourquoi on chante au lieu de discuter. Lors d'une fête mémorable de 1953 il échoua à convaincre ses amis plus fêtards de prolonger une discussion : "L'union et la solidarité naissent du chant" lui répliqua-t-on. "'Sans esprit collectif pas de révolution, ni de mouvement étudiant"

Ota, recherché par la police, fait alors une intrusion remarquée et raconte la rencontre de Reiko et Nozawa lors de la manifestation du 15 juin 1960 où une étudiante fut tuée par la police. Les manifestants appelaient à la démission de Kishi et voulaient empêcher Eisenhower de venir au japon. Nozawa rencontra Reiko à l'hôpital et lui apporta des fleurs. Kitami l'étudiant exalté qu'elle avait entraîné a disparu.

Alors qu'Ota réclame que les participants du mariage se mettent en quête de Kitami. , Un nouvel invité arrive. Il s'agit de Takumi qui dit haïr tous les participants. Toura raconte alors un épisode de 1952 lorsque la démocratie dans la nuit et le brouillard semblait menacée par un coup d'état militaire. Un voleur de document dans l'université était-il un mouchard comme le supposait le leader étudiant Nakayama ou un simple voleur comme le pensaient Toura, Nozawa et Takumi. Différents tours de garde Misako aime Nozawa et est aimée de Takao. Est-ce Takao qui laissa s'enfuir le mouchard ? En tous les cas, il disparut après cette fuite

Après il y eut le 1er mai 52, le 1er mai sanglant puis la lutte se délita. Nakayama et Nozawa sont devenus conciliants quand la lige révolutionnaire a été jugée erronée par le parti et Nakayama a épousé Misako. Le jour de leur mariage, en 1955, Takao est revenu pour se suicider.

Ota se révolte conte l'insensibilité de Misako et de son mari. Toutes les mêmes : Avant tout protéger ce qu'elles ont de plus précieux : elles même. Misako avoue que le jour de la fuite du mouchard en 52, elle est devenue la maîtresse de Nozawa

Celui-ci confirme mais dit vouloir aller plus loin. Entre 52 et 53, il fut l'amant heureux de Misako. Mais après la fête de 53, Nakayama séduit Misako par son confort petit-bourgeois, la musique Chostakovitsch et ses livres. elle lui préfère celui-ci et l'épouse

Un jeune dit savoir où est Takumi. Reiko était lasse de constater que toutes les manifestations, sauf la loi sur la police, avaient été des défaites comme le sera probablement celle-ci. Mais ce 18 juin, Takumi se lève de son lit d'hôpital et s'en va protester contre la ratification du traité par le parlement...

Dans la Trilogie de la jeunesse, auquel le film succède, le sujet est bien la jeunesse. Oshima veut s'adresser à elle non pas pour des raisons financières comme la Shochiku mais pour des raisons idéologiques. Le fait que la jeunesse se révolte est très important pour lui.

Ici, on quitte la jeunesse pour des adultes responsables politiquement. C'est moins intense et dramatique et plus réfléchi. C'est la pensée en action. Tous les groupuscules y sont étrillés mais le parti communiste aussi. Le film est plus didactique, il montre les pièges dans lesquels les jeunes doivent éviter de tomber.

En prenant une tournure didactique et politique le film n'intéresse plus guère les jeunes. La Shochiku, qui n'a déjà pas réalisé de gros bénéfices avec les premiers films d'Oshima décide de se retirer du jeu. Elle retire les copies du film des salles en moins d'une semaine. Dans les petites villes où il a été vu, les protestations morales et politiques avaient fusées.

Dans ce film, Oshima ne se montre ni réactionnaire, ni communiste, ni révolutionnaire, plutôt anarchiste.

Ulisation privilégiée du plan-séquence selon le principe "Une scène une coupe". Le plan-séquence qui donne une plus grande présence de l'acteur que le champ contrechamp. Dans les scènes de groupe avec un plan-séquence, il y a aussi plus de tension pour les acteurs et donc pour leur personnage.

Tous les personnages appartiennent à la gauche et ils éprouvent une même douleur sur ce qui à l'époque se déroule devant leurs yeux. Confusion du présent et du passé. Pour cela utliser : éclairage non réaliste, projecteurs, flou avec mise au point sur l'arrière plan, arrêt sur image.

critique du DVD
Editeur : Carlotta-Films. Nouveau master restauré, version originale, sous-titres français. Format 2.35.
critique du DVD

Suppléments :

Mises au point (11 mn). À partir d'une série d'entretiens publiés au Japon en 2001, le réalisateur Nagisa Oshima revient sur sa conception de la mise en scène.

Bande-annonce.

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(Nihon no yuri to kiri) avec : Miyuki Kuwano (Reiko Harada), Fumio Watanabe (Haruaki Noda), Hiroshi Akutagawa (L'assistant du Professeur Udagawa), Shinko Ujiie (Mme Udagawa), Akiko Koyama (Misako Nakagawa). 1h47.
dvd chez Carlotta Films