Au gré du courant

1956

Genre : Mélodrame
Thème : Prostitution

(Nagareru). Avec : Kinuyo Tanaka (Rika Yamanaka / Oharu), Isuzu Yamada (Otsuta), Hideko Takamine (Katsuyo, la fille d'Otsuta), Mariko Okada (Nanako), Haruko Sugimura (Someka), Sumiko Kurishima (Ohama). 1h57.

Envoyée par une agence de placement, Rika, qui a perdu mari et fils, parvient pourtant à être embauchée comme bonne de la maison de geishas de Tsutayako (Otsuta) à Tokyo. Dévouée, discrète et polie, Rika, appelée désormais Oharu, gagne l'estime et l'affection des habitantes de la maison. Mais le bonheur d'une soirée musicale fêtant la réconciliation de Otsuta et de Someka, une des employées mécontentes, n'est qu'illusion.

Otsuta est endettée et sa fille, Katsuyo, ne voit aucun avenir dans ce commerce dont les pensionnaires affrontent comme elles le peuvent l’irrémédiable destitution qui les menace.

L'avenir de la maison tenue par Otsuta est, en réalité, compromise car Ohama, une de ses anciennes amies, aujourd'hui enrichie, s'est acquis la propriété des lieux et projette de transformer l'endroit en restaurant. Par fidélité à Otsuta, Rika/Oharu décline l'offre de travailler dans le futur établissement d'Ohama.

Héroïne préférée de Kenji Mizoguchi, Kinuyo Tanaka fut notamment l'actrice principale de La Vie d'O'Haru femme galante (1952). Pour pouvoir travailler dans la maison de geishas, elle prend ici le nom d'Oharu. Isuzu Yamada, grande vedette japonaise des années 1930, s'imposa aussi chez Mizoguchi dans L'Élégie d'Osaka et Les Sœurs de Gion, tous deux réalisés en 1936. Elle incarne ici le rôle de la patronne de la maison de geishas, Otsuta comme si elle ouvrait la porte à toutes les grandes actrices du cinéma japonais

Cette même année 1956, Kenji Mizoguchi réalise La Rue de la honte, son ultime film, dont toute l’action se déroule dans un bordel de Tokyo, au moment où le gouvernement délibère sur un projet de loi visant à interdire la prostitution.