Le héros sacrilège

1955

Genre : Aventures

(Shinheike monogatari). Avec : Raizô Ichikawa (Kiyomori Taira), Yoshiko Kuga (Tokiko, sa femme), Ichijirô ôya (Tadamori Taira, le père de Kiyomori), Michiyo Kogure (Yasuko), Shigetoshi Hayasi (Tokitada), Eitarô Shindô (Banboku, le marchand), Eijirô Yanagi (l'ex-empereur Shirakawa), Shunji Natsume (l'ex-empereur Toba). 1h48.

Japon, XIIe siècle. Le pouvoir est divisé. La guerre menace. L'ordre impérial repose sur la force des samouraïs dirigés par le clan Taira, dont Tadamori est le chef. Les nobles refusent de les intégrer et les condamnent à la pauvreté.

Kiyomori, le fils aîné de Tadomori, ne peut se résigner. Très affecté par la conduite de sa mère qui méprise ouvertement son clan, il fait la connaissance de Tokiko, la fille d'un noble lettré tombé en disgrâce pour avoir pris la défense des Taira. Tokiko fait de la teinture. Pauvre, elle doit travailler. Kiyomori apprend le « mystère » de sa naissance. Sa mère était une courtisane, maîtresse de l'empereur défunt. Volage, elle entretenait également des relations avec un moine. Tadamori l'a épousée alors qu'elle était déjà enceinte. De qui Kiyomori est-il le fils ? Le jeune homme presse son père de lui confier son secret. En vain. Leurs relations se dégradent.

Les Taira repartent au combat. Kiyomori refuse de suivre son « père ». A son retour, victorieux, Tadamori est ennobli. Les nobles tentent de l'assassiner. Kiyomori se porte à son secours en pénétrant dans le palais, enceinte interdite. Les nobles lui reprochent son action. Le père de Tokiko prend sa défense. Il est déchu. Kiyomori épouse Tokiko et rétablit son beau-père dans son rang.

Les Taira ennoblis bénéficient d'un domaine confisqué aux moines soldats. Jaloux, ceux-ci exigent que ce bien leur soit restitué. Sous un prétexte fallacieux, ils se battent avec le frère de Tokiko et demandent que le jeune homme leur soit livré. Kiyomori refuse. Les moines marchent sur la capitale. La cour s'inquiète. Convoqué à la cour, Tadamori y est giflé par un ministre. Il meurt dans la voiture qui le reconduit à son domicile. Dans sa main, un éventail lève l'énigme de la naissance de Kiyomori : celui-ci est fils d'empereur.

Se réfugiant derrière le prestige des palanquins sacrés, selon eux dépositaires des esprits des empereurs défunts, les moines soldats se font de plus en plus menaçants. Ils se croient invulnérables. Kiyomori se porte à leur rencontre. Bandant son arc, il tire sur les miroirs des palanquins, sans conséquence. Hébétés, terrorisés, les moines reculent. Kiyomori a vaincu la superstition qui régnait sur son pays. La mère de Kiyomori a pris la direction d'une maison de danse. On interdit au jeune homme de l'approcher. Il s'écarte, désormais confiant dans son avenir.

Le prototype du film d'aventures au contenu politique. Où l'on montre que toute lutte sur le terrain social est inséparable d'un combat intérieur, la réussite de l'un conditionnant celle de l'autre. Avec L'Impératrice Yang Kwei Fei, une œuvre maîtresse sur la couleur.