1928

En pleine nuit, une porte s'ouvre dans le bureau des archives du consul de Novonie. Des mains gantées forcent un coffre-fort et s'emparent des papiers de la plus haute importance. Le lendemain, tous les journaux font état de ce vol de documents secrets qui aurait été opéré par une organisation secrète qui sévit en Europe centrale. Cela, le meurtre d'un diplomate, mais avant tout les mesures de sécurité à prendre pour couvrir clandestinement un accord secret avec l'Espagne, donnent l'occasion au Ministre de l'Intérieur d'inciter le chef des services secrets, Burton Jason, à assurer un meilleur fonctionnement de ses services.

Les efforts de Jason pour découvrir le chef du réseau international d'espionnage qui donnent tant de soucis à l'Etat n'ont mené jusqu'à présent qu'à la perte de quelques-uns de ses meilleurs agents. Il met sur l'affaire le n°326, Donald Tremaine, son détective le plus compétent.

Le chef du réseau d'espionnage, Haghi, aux yeux de tout le monde un banquier couronné de succès quoiqu'infirme, envoie Sonja, sa meilleure collaboratrice, sur les talons de Tremaine. Quand Tremaine et Sonja se rencontrent, c'est le coup de foudre. Sonja demande à Haghi de la dégager de cette mission, mais il la contraint à poursuivre : il faut qu'elle apprenne par Tremaine le lieu et l'heure où se déroulera la rencontre au cours de laquelle seront signés les accords secrets avec l'Espagne et qu'elle ait accès aux documents relatifs à cette signature. Sonja s'efforce de remplir son contrat sans trahir son amour pour Tremaine, mais donne à Haghi suffisamment de prétextes de s'impatienter à propos de ses faiblesses pour le n°326.

Tremaine finit par apprendre, grâce au diplomate et agent secret japonais Matsumoto, que Sonja est une espionne. Matsumoto succombe à son tour au charme d'un autre agent de Haghi, Kitty. Elle le séduit et lui vole les documents secrets ; quand il se rend compte de ce qui s'est passé, il se fait hara-kiri

Kitty rapporte les documents à son chef Haghi qui la récompense en lui donnant les perles qui étaient destinées à Sonja. Haghi jubile devant al réalisation prochaine de son rêve : devenir l'homme le plus puissant du monde. Il est même prêt à laisser Sonja en paix à condition qu'elle remplisse un dernier contrat : passer les importants documents à l'étranger. Sonja accepte à condition que Haghi laisse Tremaine en paix, ce que Haghi accepte pour, en toute tranquillité, mener à bien un plan génial qui devrait coûter la vie à Tremaine

L'agent n°326 cependant et son chef de bureau font des efforts désespérés pour que la signature des contrats puisse avoir lieu dans les meilleures conditions malgré le vol des documents. Ils rendent visite à un de leurs agents qui se produit comme clown dans un music-hall sous le nom de Nemo. Il se donne garant pour que tout se déroule dans la plus grande sécurité.

L'attentat de Haghi contre Tremaine prévoit qu'il sera supprimé au cours d'un voyage en chemin de fer : on décrochera le wagon-lit dans un tunnel et il sera écrasé par le train qui suit. Mais ce plan sera déjoué par Sonja qui est déjà en route pour accomplir sa mission à l'étranger

Tremaine et Jason finissent par soupçonner que l'infirme directeur de banque Haghi est le chef du réseau d'espionnage. Haghi enlève Sonja, l'enchaîne dans la banque et menace de faire sauter le bâtiment. Tremaine réussit à sauver Sonja, mais Haghi s'échappe. Sa piste mène au théâtre de Variétés où se produit le clown musicien Nemo qui n'est autre que Haghi. Se rendant compte que la police a encerclé le Music-hall, il se suicide pendant la représentation, mais de telle manière que le public croie que le suicide est la chute de son numéro.

Film allemand reconstitué et restauré au Filmmuseum de la ville de Munich par Enno Palatas et présenté en 1978 au Festival de New York dans une copie d'une longueur actuelle de 3985 mètres.

Thea von Harbou s'est inspirée du "Arcos Raid", une affaire d'espionnage qui avait fait grand bruit dans le Landerneau londonien en 1926 : Scotland Yard découvre que derrière une société de commerce soviétique se cache un nid d'espions. C'est sans doute la raison pourquoi Haghi est affublé d'une barbichette à la Trotzki. Le personnage de Jellusic, qui retrouve dans la version du Fillmmuseum son importance originelle, vient du Commandant autrichien Redl qui avait vendu des documents militaires secrets à "une puissance étrangère".

Pour Gérard Camy (Télérama) :
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Un train percute un wagon à l'arrêt, une bombe explose contre un mur, une voiture termine sa course folle dans une maison, un diplomate japonais se fait hara-kiri…Les morceaux de bravoure sont nombreux dans ce film d'aventures aux rebondissements multiples. loin du gigantesque et baroque Métropolis, Fritz Lang renoue avec le charme vénéneux de la construction feuilletonesque des Araignées (1919) et de Docteur Mabuse (1922)

Des décors épurés presque abstrait abritent les affres et les passions des personanges. Tournant le dos à l'expressionnisme, Lang réalise sa première œuvre réaliste, dont la fin n'est pas sans rappeler un autre maître du suspens : Hitchcock. Rythme soutenu, montage dynamique, science de l'ellipse, la grammaire langienne tout comme sa thématique (culpabilité et rachat) s'expriment dans cette œuvre assez fascinante.
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critique du DVD
Editeur : Mk2, octobre 2007. Durée du film : 2h25. Format image : 1.33. Muet stéréo, sous-titres français.

Suppléments sur DVD 2:

  • Un petit film mais avec beaucoup d’action, documentaire 69’
  • La collection Fritz Lang 10’

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Genre : Espionnage
Les espions
Scénario de Thea von Harbou d'après son roman : Spione. Avec : Rudolf Klein-Rogge (Haghi/Nemo), Gerda Maurus (Sonja Baranikowa), Lien Deyers (Kitty), Graighall Sherry (Burton Jason), Willy Fritsch (Donald Tremaine), Fritz Rasp (le commandant Jellusic)
Voir : Photogrammes
dvd chez Mk2