Rahul et Shalini, les parents de Kali, dix ans, sont divorcés. La fillette vit désormais avec sa mère et son beau-père, Shoumik, commissaire autoritaire de la police de Bombay.

Un samedi, Kali, qui désespère de la dépression de sa mère, s'en va pour passer la journée avec son père. Rahul est exaspéré que Shalini lui précise de ramener leur fille à l'heure. Il doit s'arrêter pour ses affaires dans l'immeuble de son ami Rane, son imprésario qui essaie de faire de lui un acteur. Lorsque Rane revient d'une course, il s'inquiète de ne pas voir Kali alors qu'elle n'était pas non plus dans la voiture. Les deux hommes interrogent à la hâte les passants... dont l'un porte le téléphone de Kali. Rahul et Rane le poursuivent mais l'homme en tentant de s'échapper se fait tuer par une voiture. Venus demander de l'aide au commissariat de quartier, ils sont interrogés avec cynisme par Gupat jusqu'à ce qu'il comprenne que la fillette enlevée est celle de la femme de son chef… Lorsque Shoumik arrive il est persuadé que Rahul est l'auteur de l'enlèvement...

Sur une base documentaire affirmée (il s'agit, parait-il, d'une histoire inspirée de faits réels ; plaisir de filmer Bombay, sa circulation et ses immeubles), le film développe une intrigue compliquée marquée par plusieurs phénomènes centrifuges et par une alternance de trop-pleins et de vides. Au total, le spectateur sort sonné d'une intrigue qui a multiplié les heurts des sentiments des adultes avant qu'une dernière image ne nous fasse souvenir du sort d'une fillette qu'une simple enquête minutieuse aurait pu sauver.

Bombay, centrifugeuse à perdre la tête

Le montant de la rançon ne cesse de grossir au fur et à mesure que les faux ravisseurs pensent pouvoir tirer profit de la disparition de Kali. Rane demande deux millions et Siddhant cinq millions que Shalini augmente encore de 1,5 millions. Ces fausses pistes démultiplient aussi le réseau d'écoutes téléphoniques mis en place par Shoumik : téléphones, ordinateurs, cartes sims et cartes de crédit. La traque s'étend aux principales villes autour de Bombay au réseau urbain et maffieux de la ville. Le temps se démultiplie avec les flashes-back sur l'autoritarisme de Shoumik qui déchire les photos de Kali avec son père, sur lui vu par sa future femme alors qu'il est un étudiant ridicule, avec la scène où cette même Shalini s'était offerte à Rane suite probablement à la dispute entre Shalini et Rahul qui s'entête à devenir acteur.

A ces principes centrifuges se rajoute une alternance de trop pleins et de vides. C'est la musique assourdissante de la séquence initiale traduisant l'effondrement de Shalini prête à se suicider avec le revolver de son mari ou la danse d'exultation de Siddhant après la réception de la rançon de cinq millions. Tortures et brutalités policière se succèdent. Les vides du récit ce sont d'abord les ellipses : l'enlèvement lui-même, le contrechamp sur le tir contre Raul dans la bijouterie, de Shalini contre Shoumik devant chez lui. Les trous dans l'enquête, un casque laissé à l'abandon alors que Shalini est appelée par celui qu'elle croit être un ravisseur.

Ce mensonge généralisé qui semble se propager à la ville entière éloigne les enquêteurs du cœur de l'enquête : la fillette est morte à quelques mètres de l'endroit où habitait l'assassin, ballonnée dans le réceptacle minuscule d'un side-car.

 

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Ugly

Quinzaine des réalisateurs 16e festival du film asiatique de Deauville Avec : Rahul Bhatt (Rahul), Ronit Roy (Shoumik Bose), Tejaswini Kolhapure (Shalini), Abir Goswami (DCP Gupta), Sandesh Jadhav (Rane), Siddhant Kapoor (Siddhant), Surveen Chawla (Rakhi), Siddhant Kapoor (Siddhant), Girish Kulkarni (Jadhav), Vineet Kumar Singh (Chaitanya), Anshika Shrivastava (Kali). 2h06.

2013
Genre : Film noir