Ponette a quatre ans lorsque sa mère meurt dans un accident d'automobile. Son père, sa tante Claire auprès de laquelle elle va passer quelques temps avec ses petits cousins s'éfforcent sans succès de la consoler.

En pension dans une école de montagne avec des enfants de son âge, elle continue d'attendre le retour de la disparue, dans son lit, une chapelle ou à côté de la tombe. Sa mère lui apparait enfin, lui remet un pull-over rouge à elle et lui dit qu'elle ne pourra plus revenir : il lui faudra donc "apprendre à être contente".

Film maniériste dans son dispositif de départ. Doillon, au mépris de toute vraisemblance dans la conduite du récit, isole une petite fille de tous contacts réels avec des adultes. Ni sa tante, ni son père, ni les instituteurs de l'école privée ne répondent à l'angoisse de Ponette à laquelle l'absence de sa mère est insupportable. Elle lui parle, elle l'attend, elle la cherche avec une certitude, un entêtement de plus en plus grand. Personne ne peut la convaincre de ne pas la retrouver.

Pontte ne peut se tourner que vers ses cousins ou camarades de classe. Et ceux-ci jouent à l'infini avec elle (enterrement, épreuves d'initiation). Ce n'est que du fond d'elle-même que viendra la solution. Le miracle est proche de la raison : Ponette s'invente une mère joyeuse et positive.

Doillon s'est dit fidèle au langage des enfants qu'il a minutieusement étudié et reproduit. Il a surtout magnifiquement fait confiance à la possibilité des enfants de trouver par eux même les forces de vie.

 

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Ponette
1996
Genre : Drame de l'enfance
Avec : Victoire Thivisol (Ponette), Delphine Schiltz (Delphine), Matiaz Bureau Caton (Matiaz), Léopoldine Serre (Ada), Marie Trintignant (la mère), Xavier Beauvois (le père), Claire Nebout (la tante). 1h37.