La piscine

1968

Avec : Alain Delon (Jean-Paul), Romy Schneider (Marianne), Maurice Ronet (Harry), Jane Birkin (Pénélope), Paul Crauchet (L'inspecteur Lévêque), Steve Eckardt (Fred). 2h00.

Tout à leur passion amoureuse, Jean-Paul et Marianne passent leurs vacances d'été sur les hauteurs de Saint-Tropez dans une luxueuse villa prêtée par des amis. Marianne invite son ancien amant, Harry, à venir les rejoindre avec sa fille de 18 ans, Pénélope.

L'ambiance, amicale et indolente, devient peu à peu tendue. Parti pour quelques heures à Saint-Tropez, Harry rentre le soir avec un groupe de fêtards. Marianne danse ostensiblement avec lui, laissant Jean-Paul avec Pénélope. Comme par défi envers son père, qu'elle n'aime pas, la jeune fille s'abandonne à cette liaison, qui se mue en passion. Pour Jean-Paul, c'est aussi l'occasion d'affronter indirectement Harry, qu'il jalouse ; Harry, homme d'affaires en pleine réussite, méprise cet écrivain raté et lui conseille d'épouser Marianne car, laisse-t-il entendre, il pourrait aisément la reconquérir. Harry et Marianne font des achats ensemble . Jean-Paul et Pénélope passent de longs moments au bord de la mer. La vérité de chacun se révèle davantage.

Un matin, Harry annonce son intention de repartir le lendemain avec Pénélope. Le soir, il rentre d'une beuverie. Éméché, il reproche à Jean-Paul sa liaison avec Pénélope qui, à ses yeux, n'est qu'une lâcheté. Voulant le frapper, il tombe dans la piscine. Au lieu de l'aider, Jean-Paul lui maintient la tête sous l'eau et maquille son crime en noyade accidentelle.

Après l'enterrement, Jean-Paul et Marianne s'apprêtent à repartir. Mais arrive l'inspecteur Lévêque, de Marseille. Son enquête le conduit à découvrir la vérité. Mais il ne peut confondre Jean-Paul, car Marianne, bien qu'horrifiée par cette révélation, a dissimulé les preuves. Après le départ de Pénélope, les deux amants vivront leur enfer ensemble.

Le succès du film repose sur ses interprètes : Alain Delon et Romy Schneider au sommet de leur beauté qui désirent et sont désirés par la frêle Jane Birkin et le narcissique Maurice Ronet.

Les élans libertaires de mai 68 sont transposés au sein de la bourgeoisie décadente, privée d'idéal autre que celui de la réussite sociale. Ils ne produisent ainsi qu'une montée de la haine et de la violence autour de la possession de la femme. L'érotisme n'en est pas moins séduisant, d'autant que la musique de Michel Legrand orchestre ce huis-clos en plein air, pervers à souhait.

Plus réussi sans doute que le Plein soleil de René Clément (1960) où Alain Delon et Maurice Ronet se retrouvaient dans une position similaire, le film se rapproche aussi des Biches (Claude Chabrol, 1968).