Le Sabotier du Val-de-Loire
1961
   

À la Chapelle-Basse-Mer, près de Nantes, vivent le sabotier, sa femme et leur fils adoptif, Claude, qui travaille chez le tailleur du bourg. La semaine s’écoule, pareille à toutes les autres semaines, avec ses menues tâches, ses gestes de travail sans cesse répétés et les événements : un vieil ami, Joubert, meurt; le sabotier achète à sa femme une nouvelle brouette.

Le dimanche, après la messe du bourg, le vieux couple s’en va seul pêcher au bord de la Loire. Claude, qui fréquente une jeune fille, n’est pas venu.

 

Ce sabotier dont il a souhaité fixer le souvenir à tout jamais, Jacques Demy le connaissait bien. C’est à lui que ses parents l’avaient confié – ainsi que son frère Yvon – durant l’été 1942 et le suivant, lorsque l’Occupation rendit la ville de Nantes dangereuse. Le couple de sabotiers accueillants et sans enfants avaient l’avantage d’habiter à la Pierre-Percée, près de la Chapelle-Basse-Mer, à quinze kilomètres de Nantes et de ses bombardements.

Près de cinquante ans plus tard, Agnès Varda fera revivre cet épisode dans son film Jacquot de Nantes (1990), consacré à l’enfance et à l’adolescence de son époux Jacques Demy. Le sabotier et sa femme y prendront alors les traits de deux comédiens non-professionnels, Henri Janin et Marie-Anne Héry.

Preuve de l’attachement filial que Jacques Demy portait au sabotier, il commença à le filmer à seize ans, pour les besoins d’un film documentaire et muet intitulé LE SABOT.

Dix ans plus tard, reprenant la même idée, il tournera avec LE SABOTIER DU VAL DE LOIRE sera son premier court métrage professionnel. Très influencé par Georges Rouquier et ses films tels que LE TONNELIER (1942), Demy songea d’abord à faire réaliser son film par ce réalisateur. Il le signera finalement lui-même, grâce au soutien de l’auteur de FARREBIQUE qui acceptera d’être superviseur (honorifique) du film et enregistrera son commentaire.

Tourné en octobre 1955 à La Chapelle-Basse-Mer (Loire-Atlantique), le film est tout à la fois un documentaire sur la fabrication d’un objet et un témoignage sur la vie obscure et monotone d’un vieux couple en milieu rural dans les années cinquante.

D’une longueur initiale de vingt-neuf minutes, le film se verra arbitrairement amputer de trois minutes lors de sa distribution par Pathé-Cinéma.

Test du DVD

Editeur : Arte Video, novembre 2008. Intégrale Jacques Demy, coffret 12 DVD, 1CD audio.

   

Suppléments : CD audio : Michel Legrand / Jacques Demy : essais, maquettes et séances de travail inédits en studio et au piano. Pour chaque film, Mathieu Demy lit un texte de Jean-Pierre Berthomé dense très informatif qui retrace à la fois la génèse du film et dégage les enjeux esthétiques. Présentation des films par un proche de Demy et reportages d'époque.

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DVD