Cinéaste naturalisé français en 1968, Konstantinos Gavras nait à Athènes le 13 février 1933 dans une famille originaire d'Odessa. Il vient à Paris en 1949 et entreprend des études de droit. Mais passionné de cinéma, il abandonne bientôt cette voie pour s'inscrire aux cours de l'I.D.H.E.C. (Institut des Hautes Études Cinématographiques). En 1959, à la fin de ses études, il devient assistant réalisateur et travaille avec de prestigieux cinéastes comme René Clair, Henri Verneuil, René Clément...

C'est en 1965 qu'il a la possibilité de réaliser son premier film grâce à l'appui de comédiens comme Yves Montand et Simone Signoret. Il jette son dévolu sur un livre policier de Sébastien Japrisot : Compartiment tueurs, produit par Julien Derode et bénéficiant de la participation financière de tous les acteurs. Le film remporte un grand succès ; la critique salue le brio de la mise en scène et la maîtrise de la direction d'acteur ; aux États-Unis, il sera classé parmi les dix meilleurs films étrangers de l'année.

Son second film, Un homme de trop, un drame situé dans le milieu de la Résistance, et auquel collabore Harry Saltzman, l'un des producteurs de James Bond, n'obtient aucune audience.

Mais Costa-Gavras a enfin trouvé sa voie : la lecture de "Z" de Vassilis Vassilikos, qui relate l'assassinat authentique du député Lambrakis à Athènes en 1963, lui a fait découvrir le genre de cinéma qui lui tient vraiment à cœur. Produit par Jacques Perrin, écrit par Costa-Gavras en collaboration avec Jorge Semprun, "Z" est un grand succès commercial et international. La critique unanime le salue comme le premier grand film politique français. Désormais, Costa-Gavras décide de se consacrer au film à résonance politique de grande audience. En 1970, L'aveu , d'après le récit autobiographique d'Arthur London, ancien vice-ministre des Affaires étrangères de Tchécoslovaquie, dénonce certains excès du Stalinisme. État de siège, en 1973, prend pour cible la mainmise politique des États-Unis sur certains états d'Amérique latine. Ces trois films parlent de pays où règne (ou a régné) une dictature qui y est dénoncée et dans laquelle les Etats-Unis sont impliqués. Ils ont tous 3 pour scénariste Jorge Semprun, pour producteur Jacques Perrin et pour interprète central Yves Montand dont le personnage connaît dans chacun des films un triste sort.

Et Section spéciale en 1975, évoque une affaire particulièrement sordide de collaboration du gouvernement de Vichy avec l'occupant en août 1941. Mais l'accueil de la presse et du public pour ces dernières œuvres est de plus en plus mitigé... Costa-Gavras tente de changer d'orientation. Suivent un certain nombre de projets avortés dont une adaptation d' "Archipel en feu" d'après Jules Verne qui aurait été produit par Michael Powell en 1976. Avec Clair de femme en 1979, d'après Romain Gary, Costa-Gavras aborde un nouveau genre : le film d'étude psychologique. Mais l'accueil de la presse reste aussi réticent que pour ses derniers films. En 1970, Costa-Gavras et son ami Jorge Semprun s'étaient mis d'accord pour définir ainsi le cinéma politique tel qu'ils le concevaient: "un cinéma qui se propose délibérément, consciemment, de traiter de la politique comme matière dramatique et dont le contenu soit, d'une certaine façon, relié à l'actualité".

Et le rôle du cinéaste : "L'artiste, le créateur, doit toujours quelque peu devancer le stade de la compréhension immédiate du public populaire, car cette compréhension n'est pas déterminée par l'idéologie révolutionnaire mais, au contraire, par l'idéologie dominante qui est anti-révolutionnaire". (Entretien publié dans "Cinéma 70", n°151, décembre.) Après Clair de femme (1979), incursion dans le mélodrame psychologique en totale rupture avec le ton de la tétralogie politique (Z, L'aveu, État de siège, Section spéciale) qui l'avait rendu célèbre, Costa-Gavras revient avec Missing à un cinéma de dénonciation où, à l'évidence, il évolue plus à l'aise. C'est un producteur hollywoodien qui lui propose de réaliser, en toute liberté, ce film où se trouve clairement mise en accusation la part prise par les services secrets américains dans la chute, au Chili, du gouvernement d'Alliance Populaire du Président Allende.

En dépit des dénégations officielles du Département d'État réfutant toute participation au coup d'État du général Pinochet, Missing est bien accueilli par le public aux États-Unis où perdure une solide tradition du cinéma politique, illustrée par des réalisateurs de la stature de Sidney Lumet, Alan J. Pakula, Arthur Penn et autres Sydney Pollack : après la Palme d'Or à Cannes, le film fut en effet nommé quatre fois aux Oscars (meilleur film, meilleurs acteurs : Sissy Spacek et Jack Lemmon) et obtint celui de la meilleure adaptation. Mais l'approche de Costa-Gavras s'est modifiée : il n'entend plus mettre en présence des personnages exemplaires, tels ceux qu'incarnait Yves Montand dans Z, L'aveu, État de siège, et l'idéologie ou le système qui tentent de les broyer, mais plonger des individus ordinaires dans une crise à la faveur de laquelle ils prendront conscience des dysfonctionnements de la société et de la nécessité de combattre celle-ci.

"Pour ne pas me répéter, il me faut maintenant raconter des tranches de vie à des moments précis. La seule cellule dynamique d'où l'espoir puisse renaître, c'est l'homme et la femme " ("Télérama", "L'année du cinéma 1982"). Ainsi Hanna K., amoureuse à la fois d'un Juif et d'un Palestinien, découvre dans sa complexité le drame politique et humain que représente le conflit israélo-arabe. Et, sous les dehors d'une comédie réaliste, familiale et policière, Conseil de famille (où Johnny Hallyday trouve un rôle à sa mesure) dénonce l'hypocrisie d'une société, française cette fois, fondée sur le respect d'une morale religieuse et sociale qui en masque les véritables enjeux : la réussite et l'argent. Grâce au producteur américain Irwin Winkler, Costa-Gavras va tourner aux États-Unis, deux scénarios de Joe Eszterhas. Les deux films s'emploient à débusquer la " bête immonde " du fascisme renaissant là où on l'attend le moins : dans une paisible campagne du Middle West où les nuits appartiennent au Ku Kux Klan et aux groupuscules néo-fascistes (La main droite du diable); sous la rassurante apparence d'un bon père de famille dont la fille découvre le passé de tortionnaire nazi (Musix box).

S'il demeure un ardent défenseur de la tolérance et de la démocratie face au racisme et au fascisme quotidiens - son reportage, inclus dans À propos de Nice, la suite , sur un meeting du Front National, en prouve l'actualité - Costa-Gavras semble toutefois avoir perdu nombre de ses illusions sur l'avenir et le bien-fondé des idéologies progressistes de transformation du monde. En témoigne La petite Apocalypse, constat de l'échec du système communiste et de l'émergence d'un nouveau pouvoir totalitaire, celui des médias. Ceux-ci et leurs dérives - mensonges, manipulation des esprits, recherche et exploitation du sensationnel à tout prix - constituent, avec le chômage et la précarité, le sujet de Mad city, nouveau film américain que les Américains ont boudé, comme s'ils refusaient de se regarder dans le miroir qu'il leur tend. Cinéaste indépendant et engagé, producteur du Thé au harem d'Archimède, de Mehdi Charef (1985). Nomé, président de la Cinémathèque française de 1982 à 1987, il l'est à nouveau depuis 2007.

Filmographie :

1967 Compartiment tueurs

Avec : Michel Piccoli (Cabourg), Jacques Perrin (Daniel), Simone Signoret (Eliane Darres), Catherine Allégret (Bambi). 1h35.

Une jeune fille, Bambi, monte à Avignon dans son wagon-couchette du Marseille-Paris. Dans son compartiment, où se trouvent déjà quatre personnes, reste une place vide. Elle la propose à Daniel, un jeune homme qu'elle a rencontré dans le couloir et qui voyage sans billet. Le lendemain matin à la gare de Lyon, une jeune femme, Georgette Thomas, est trouvée étranglée dans le compartiment....

   
1968 Un homme de trop

Avec : Charles Vanel (Passevin), Bruno Crémer (Cazal), Jean-Claude Brialy (Jean), Michel Piccoli (l'homme de trop). 1h30.

Dans les Cévennes en 1943. Un groupe de maquisards commandés par Cazal, reçoit l'ordre de délivrer douze condamnés à mort par les Allemands. La réussite est totale mais ils ont libérés 13 hommes ! Quel est cet "homme de trop" ? Un mouchard, un traître, un droit commun? ...

   
1969 Z

Avec : Yves Montand (Z), Irene Papas (Hélène, la femme du président), Jean-Louis Trintignant (le magistrat), Jacques Perrin (le journaliste), Charles Denner (Manuel), François Périer (l'accusateur publique), Pierre Dux (le Général), Georges Géret (Nick). 2h07.

Un pays imaginaire où le régime craint la montée de la gauche, un jour de mai des années 60. Z, président du Mouvement national pour la Paix, arrive pour tenir un meeting. Malgré la rumeur persistante d'un attentat tramé contre lui et la menace d'une foule houleuse devant la salle de conférences, la réunion a lieu. Pendant ce temps toutes les autorités civiles et militaires assistent à la Première des Ballets du Bolchoï de Moscou en tournée dans le pays. Après le meeting, Z est renversé par un triporteur. Il en meurt. La police soutient la thèse de l'accident. Mais un jeune juge d'instruction mène l'enquête avec conscience et, à la suite du témoignage d'un journaliste, commence à élaborer la version d'un assassinat politique organisé par les forces de police. Il se bat pour que la vérité ne soit pas étouffée

   
1970 L'aveu

Avec : Yves Montand (Anton Ludvik), Simone Signoret (Lise), Gabriele Ferzetti (Kohoutek), Michel Vitold (Smola). 2h10.

Prague. A.L. est vice-Ministre des affaires étrangères. Pourtant, malgré ses "états de service" et son passé irréprochable en Espagne dans les Brigades Internationales, en France dans la Résistance, puis déporté dans un camp nazi, il est suspecté, surveillé, traqué : certains de ses collègues évitent de lui adresser la parole...

   
1971 État de siège

Avec : Yves Montand (Philip Michael Santore), Renato Salvatori (Capitaine Lopez), O.E. Hasse (Carlos Ducas), Jacques Weber (Hugo), Jean-Luc Bideau (Este), Maurice Teynac (le ministre de la sécurité intérieure), Yvette Etiévant (la femme sénateur), Evangeline Peterson (Mme Santore), Martha Contreras (Alicia), Jerry Brouer (Anthony Lee). 2h00.

Spécialiste de la communication au sein de l'agence internationale chargée de l'aide aux pays sous-développés (AID), Santore est enlevé par un groupe de révolutionnaires d'extrême gauche, les Tupamaros. Ceux-ci sont aussi à l'origine de l'enlèvement du consul du Brésil et d'un membre de l'ambassade américaine. Tandis que le journaliste Ducas alerte l'opinion et que la police enquête sur l'enlèvement, les Tupamaros entreprennent, par la voix de Hugo, de questionner Santore sur son véritable rôle en Amérique du Sud. Disposant de documents et de photos particulièrement compromettants, ils l'obligent à jeter le masque. En fait, Santore appartient aux cadres d'une académie internationale de police, située à Washington et où viennent se perfectionner les policiers latino-américains, spécialisés dans la lutte anti-guerilla. Ces révélations rendues publiques par les Tupamaros provoquent une crise gouvernementale et des vifs débats à l'assemblée. Le président de la République, lâché par les industriels, est sur le point de démissionner quand la police réussit un spectaculaire coup de filet et arrête les principaux dirigeants révolutionnaires. Santore perd toute valeur d'échange. Il est exécuté par ses geôliers.

   
1975 Section spéciale

Avec : Louis Seigner (Le garde des Sceaux), Roland Bertin (Le secrétaire général du ministère de la Justice), Michael Lonsdale (Le ministre de l'intérieur), Ivo Garrani (L'amiral), François Maistre (Le délégué général), Jacques Spiesser (Fredo), Henri Serre (Le délégué du ministère de l'intérieur en zone occupée). 1h58.

Le 21 août 1941, 1'Aspirant Moser de la Kriegsmarine est abattu sur le quai du métro Barbès par un jeune résistant qui deviendra le colonel Fabien. Le 22, la Kriesgmarine exige l'exécution du six otages. Le gouvernement de Vichy propose aux autorités allemandes la création d'une cour spéciale qui condamnerait à mort six dirigeants communistes déjà emprisonnés. Le 23, promulgation d'un décret, daté du 14 août, qui institue une section spéciale dans chaque Cour d'Appel : elle jugera les activités communistes ou anarchistes. Elle rend ses arrêts sans les motiver, ils sont immédiatement exécutés. Ce texte s'applique rétroactivement ! Reste maintenant à trouver les magistrats... Le 26, installation de la Section Spéciale. Trois condamnations à mort son prononcées. Pucheu, Ministre de l'Intérieur refuse leur grâce. Le 28, les trois condamnés sont exécutés.

   
1979 Clair de femme

Avec : Yves Montand (Michel), Romy Schneider (Lydia), François Perrot (Alain), Catherine Allégret (la prostituée), Gabriel Jabbour (Sacha), Isabelle Bucaille , Daniel Mesguich (l'officier de police) 1h42

Michel est apparemment un homme fort et solide. Il est cependant déboussolé, affolé de désespoir dans cette nuit terrible qu'il lui faut traverser seul, en attendant le matin où il ira retrouver sa femme morte. Celle-ci a choisi la dignité d'un acte volontaire plutôt que l'agonie, la souffrance et la déchéance. Elle lui a demandé de survivre dans l'espoir d'un nouvel amour qui serait une permanence de leur couple. C'est long une nuit quand on n'a pas le courage de fuir à Caracas (comme ils l'avaient décidé d'un commun accord) et qu'on voudrait tellement ne pas penser à ce qui se passe. Michel se heurte par hasard à Lydia qui est aussi un être qui tente de survivre. Cette rencontre est peut-être providentielle pour tous les deux... Autour de ce couple pathétique apparaissent des personnages étonnants et dérisoires: Sonia, la belle mère de Lydia, juive russe qui a trouvé dans la souffrance une raison de vivre, et Senor Galba, montreur de chiens et de singes, d'un pittoresque baroque. Lydia sera-t-elle pour Michel cette femme attendue et nécessaire, sa nouvelle chance ? Au matin, la jeune femme a décidé de partir pour réfléchir. Michel attendra son retour avec confiance.

   
1982 Missing (Porté disparu)

(Missing). Avec : Jack Lemmon (Ed Horman), Sissy Spacek (Beth Horman), Melanie Mayron (Terry Simon), John Shea (Charles Horman), Charles Cioffi (Capitaine Ray Tower), David Clennon (Consul Phil Putnam), Richard Venture (l'Ambassadeur des Etats-Unis). 2h02.

Chili, 1973. Deux jeunes américains - Charles Horman et sa femme Beth - vivent à Santiago. Le couple a beaucoup d'amis - Américains et Chiliens - qui partagent leurs opinions libérales. Parmi eux, Terry Simon, jeune new-yorkaise, avec qui Charles se rend un jour en excursion dans une station balnéaire - Vina del Mar. Charles et Terry y sont témoins des débuts du putsch militaire qui renverse le gouvernement du président Allende. Ils sont ramenés à Santiago par un officier américain - le capitaine Ray Tower - et s'aperçoivent que la capitale chilienne est en état de siège. Charles et Beth Horman vont décider de rentrer aux États-Unis; Beth va rendre une dernière visite à des amis - Frank Terruggi et David Holloway. Mais de retour chez elle, elle trouve l'appartement sens dessus dessous, tandis que Charles, son mari, a disparu. Quelques jours plus tard, Ed Horman - le père de Charles - arrive de New York pour essayer de retrouver son fils. C'est un homme plutôt conservateur, qui croit dans les institutions. Mais peu à peu, il va s'apercevoir que les représentants du gouvernement américain ne sont pas à l'abri de tout soupçon. Il découvre l'engagement américain aux côtés des putschistes chiliens, et finalement, la vérité éclate : son fils Charles Horman a été exécuté quelques jours après son arrestation.

   
1983 Hanna K.

Avec : Jill Clayburgh (Hanna Kaufman), Jean Yanne (Victor Bonnet), Gabriel Byrne (Joshua Herzog), Mohammed Bakri (Selim Bakri), David Clennon (Amnon), Oded Kotler (l'étranger), Gideon Amir (l'avocat de la Court). 1h48.

Juive née aux États-Unis. Hanna Faufman a émigré en Israël, après avoir épouse un Français, Victor Bonnet, qu'elle a quitté. Avocate, elle est amenée à défendre un Palestinien, Selim Bakri, que les autorités soupçonnent de faire partie d'un réseau de résistance et de terrorisme anti-israélien. Mais il se trouve aussi que, dans cette affaire, le Procureur général, l'avocat de l'accusation, est en fait l'amant d'Hanna : Josué Herzog. Elle attend même un bébé de ce dernier, mais n'a pas pour autant l'intention de se remarier avec Josué, dont elle ne partage pas toutes les idées. D'ailleurs, Hanna n'a pas encore divorcé de Victor, qu'elle a même tendance à appeler à la rescousse pour lui demander conseil. Victor, toujours amoureux d'elle, vient ainsi la voir plusieurs fois à Jérusalem dans l'espoir de la ramener avec lui à Paris. Mais les choses sont d'autant plus compliquées qu'Hanna se passionne aussi pour le dossier qu'elle défend : le Palestinien Bakri ne fait en réalité que revendiquer la propriété d'une maison dans un village repeuplé de Juifs russes. Hanna finit même par héberger Selim Bakri chez elle, ce qui est naturellement très mal vu, surtout par Josué, et encore plus lorsque Hanna donne naissance à leur enfant de ce dernier. Ainsi, un jour où il débarque chcz Hanna à l'improviste, Josué trouve son enfant dans les bras de Selim. Terriblement vexé, Josué appelle la police, qui recherche justement des terroristes à la suite d'un attentat; mais, à la dernière minute, il laisse Selim s'échapper de justesse. Finalement, c'est Hanna qui se retrouve seule face aux policiers venus fouiller sa maison. Elle est à la fois libre, car elle ne vivra ni avec Victor, ni avec Josué ni avec Selim, mais aussi seule avec son enfant...

   
1986 Conseil de famille

Avec : Johnny Hallyday (Le père), Fanny Ardant (La mère), Guy Marchand (Maximilien Faucon), Laurent Romor (François enfant), Rémi Martin (François), Juliette Rennes (Martine enfant), Caroline Pochon (Martine), Ann-Gisel Glass (Sophie).

Tout commence au moment où le père et son fidèle complice Faucon sortent de prison. Leurs velléités de retrouver un travail honnête sont vite balayées, et les deux hommes vont reprendre ce qui a fait leur gloire : le vol de coffres-forts bien remplis dans des maisons très bourgeoises.

Cependant, le papa doit compter avec ses problèmes familiaux: si sa chère épouse l'a toujours suivi dans ses aventures, son fils aîné -François, onze ans - commence à faire des siennes et menace de dénoncer son père et Faucon à la police si les deux hommes ne l'emmènent pas avec eux sur ce qu'ils appellent les " chantiers " - autrement dit, les vénérables demeures qu'ils cambriolent!

C'est ainsi que naît un trio qui va faire des merveilles, car le jeune François se révèle très vite doué et va même apporter un " plus " à son papa, par le biais de J'électronique et de l'informatique.

La "famille" vit donc une vie très harmonieuse, grimpe l'échelle sociale, acquiert une très belle villa et un magasin qui fait office de "couverture". Le père et Faucon vont même se faire remarquer par une "organisation " internationale qui ressemble fort à la Mafia et veut leur proposer une association. Les deux hommes partent donc négocier à New York. Mais, entre-temps, le jeune François, qui a grandi et mûri, a envie de mener une vie "normale"; il se trouve un petit travail chez des antiquaires et tombe amoureux d'une jeune fille - Sophie. Si bien que, lorsque le père et Faucon rentrent des Etats-Unis, tout heureux de pouvoir donner une nouvelle dimension à leur "affaire", ils vont retrouver un François plus distant. Et pour cause : le jeune homme les a tout simplement dénoncés à la police! L'ère de la famille heureuse est révolue...

   
1988 La main droite du Diable

(Betrayed)avec : Debra Winger (Katie Phillips / Cathy Weaver), Tom Berenger (Gary Simmons), John Heard (Michael Carnes), Betsy Blair (Gladys Simmons), John Mahoney (Shorty), Ted Levine (Wes), Jeffrey DeMunn (Flynn) 2h07

Un animateur de radio spécialisé dans les émissions provocantes sur des sujets sensibles est assassiné à Chicago. Quelques semaines plus tard, dans le Middle-West, une conductrice de moissonneuse-batteuse, Katie Phillips, fait la connaissance d'un séduisant fermier, Gary Simmons, qui, la moisson finie, lui propose de s'installer chez lui; veuf, il élève avec l'aide de sa mère Gladys ses deux jeunes enfants. En fait, Katie, alias Cathy Weaver, est un agent du F.B.I. chargé d'enquêter sur Simmons, soupçonné d'être l'un des tueurs de Chicago. Mais cet ancien du Viêt-nam se montre si gentil que Cathy, convaincue qu'il s'agit d'une fausse piste, tombe amoureuse de lui; la vie calme et familiale qu'il lui offre est celle dont elle a toujours rêvé... Traumatisé par le départ de sa femme et sa mort "accidentelle" quand elle avait "su", Gary, très amoureux, veut que Katie sache tout de lui. Il l'emmène alors, une nuit, à la chasse au Noir Écoeurée, la jeune femme demande à son supérieur, Michael Carnes, de la relever. Mais il refuse. Obligée de partager la vie de Gary, Cathy l'accompagne pour un week-end dans un camp où se réunissent et s'entraînent membres du Ku Klux Klan, de partis néo-nazis et de groupes paramilitaires alors que leurs enfants sont endoctrinés. Puis elle participe au hold-up d'une banque de Chicago dont le butin doit servir à une opération. Cathy découvre ainsi l'existence d'une conspiration à l'échelon national qui doit permettre à l'extrême-droite de prendre le pouvoir. Mais, un politicien qui joue un rôle occulte dans l'organisation la démasque. Ne pouvant croire à sa trahison, Gary la garde à ses côtés quand il doit commettre un assassinat, pour la forcer à choisir: elle le tue. Mais un deuxième tireur abat la cible: un sénateur d'extrême-droite qui devient ainsi martyr de la cause... Grâce aux informations recueillies par Cathy, le complot est déjoué et ses membres arrêtés, à l'exception des chefs occultes Démissionnaire, Cathy erre désormais à la recherche d'elle-même.

   
1989 Music Box

avec : Jessica Lange (Ann Talbot), Armin Mueller-Stahl (Mike Laszlo), Frederic Forrest (Jack Burke), Donald Moffat (Harry Talbot), Lukas Haas (Mikey Talbot), Cheryl Lynn Bruce (Georgine Wheeler), Mari Töröcsik (Magda Zoldan) 2h05.

Emigré de Hongrie après la guerre, Michael Laszlo vit depuis trente-sept ans aux Etats-Unis. A la mort de sa femme, il a élevé seul ses deux enfants, Karchy - ouvrier comme lui -et Ann, devenue une brillante avocate. Parfaitement intégré dans sa nouvelle patrie, il coule des jours heureux, entouré de l'affection des siens, de l'admiration de son petit-fils et de l'estime de ses voisins. Mais soudain, le voilà accusé par le procureur Jack Burke de crimes contre l'humanité. Persuadée qu'il s'agit d'une erreur, sa fille décide de le défendre. Pour cela, elle reprend sa place au sein du cabinet d'avocats très conservateurs à la tête duquel se trouve Harry Talbot, le père de son ex-mari, La lecture des actes d'accusation l'ébranle fortement. En tant que membre des Sections Spéciales, son père aurait participé à Budapest à des tortures et exécutions sommaires entre fin 1944 et début 1945. Devant le juge Silver, les témoins défilent et, tous, reconnaissent Laszlo, D'autre part, un certain Tibor Zoldan, à qui Laszlo versait régulièrement de l'argent, est mort dans des circonstances mystérieuses. Grâce à son talent et sa confiance aveugle en son père, Ann réussit à déjouer toutes les manoeuvres de l'accusation. Un dernier témoin se trouve à Budapest. Comme il est intransportable, Ann, Burke et Silver se rendent sur place. Le témoin reconnaît à son tour Laszlo, mais grâce à l'aide opportune d'amis anonymes, Ann réussit à prouver qu'il n'est pas fiable. Le procès ne peut, dès lors, n'aboutir qu'à un non-lieu. Mais avant de quitter Budapest, Ann rend visite à la soeur de Tibor, Magda Zoldan. Celle-ci lui confie un bulletin de dépôt chez un prêteur sur gage, trouvé dans le porte-monnaie de son frère. De retour aux Etats-Unis, Ann retire l'objet : une boîte à musique contenant des photos où l'on voit Laszlo commettre ses atrocités. Après une douloureuse crise de conscience, Ann se résoudra à livrer à la justice son père celui qu'elle avait si bien défendu

   
1993 La petite apocalypse

Avec : Pierre Arditi (Henri), André Dussollier (Jacques), Jirí Menzel (Stan), Anna Romantowska (Barbara), Maurice Bénichou (Arnold), Carlo Brandt (le kiné), Henryk Bista (Yanek). 1h50.

Henri et son épouse Barbara donnent une fête où se retrouvent leurs amis et anciens compagnons d'engagement politique. L'un d'eux, Jacques, soixante-huitard embourgeoisé, se prend de compassion pour Stan, l'ancien mari de Barbara. Polonais comme elle, écrivain déraciné, il est lui aussi déboussolé par les revirements de l'Histoire en Europe de l'Est. S'isolant dans la chambre de bonne, il grimpe sur la table pour changer l'ampoule qui vient de griller, si maladroitement qu'il chute et provoque un court-circuit. Cela irrite encore plus Henri à son encontre, mais accroît les sentiments exaltés de Jacques, persuadé que Stan, les fils électriques entortillés autour du cou, a voulu se suicider. Jacques se convainc qu'il faut faire éditer Stan; avec Henri, il contacte son ami Arnold, ex-militant reconverti en puissant patron d'un empire médiatique. S'inspirant de "La petite apocalypse" de Konwicki, Arnold entrevoit une idée révolutionnaire, la "guérilla médiatique", la stratégie de retournement : puisque Stan est suicidaire, il n'aura qu'à s'immoler par le feu sur la Place Saint-Pierre en pleine bénédiction papale, et alors le monde entier s'arrachera ses livres.

Habitué à ne rien décider par lui-même, avec son air "qui n'incarne rien", Stan suit les conseils de ses amis, d'autant que Barbara est à nouveau fière de lui. Puis il se dérobe. Mais Pitchik, autre écrivain polonais émigré, refuse de prendre sa place. Stan se réfugie alors au consulat polonais. Il veut rentrer au pays. Malheureusement, on n'y a pas besoin d'hommes comme lui. La machine est en route : tandis qu'Arnold attend fébrilement dans le car de régie de la télévision, Stan s'apprête à s'immoler au milieu de la foule massée au Vatican lorsque soudain un, puis deux, puis trois et bien d'autres s'immolent au cri de "je proteste !". Ils ont été "doublés", il y a eu des fuites !

Arnold, fou de rage, décide alors de faire sauter Stan du haut d'un hélicoptère devant le siège de l'O-NU. Et les voilà tous à la poursuite du malheureux, qui s'est enfui dans les rues de Rome..

   
1995 Les Kankobals
  À propos de Nice, la suite
   
1995 Lumière et compagnie
   
   
1997 Mad City

avec : John Travolta (Sam Baily), Dustin Hoffman (Max Brackett), Mia Kirshner (Laurie), Alan Alda (Kevin Hollander), Robert Prosky (Lou Potts), Blythe Danner (Mrs. Banks), William Atherton (Dohlen) 1h53.

Max Brackett, l'un des journalistes les plus incisifs de la télévision américaine, a vu son ascension interrompue le jour où il a critiqué en direct le sensationnalisme racoleur du présentateur vedette Kevin Hollander. Depuis, il ronge son frein dans une petite station de province, couvrant des événements triviaux et sans portée nationale. Aujourd'hui, en compagnie de sa jeune assistante Laurie Callahan, il interviewe Mrs. Banks, conservateur du musée local, dont le budget vient d'être largement amputé. Tandis que Laurie range le matériel dans le camion de régie, Max assiste, depuis les toilettes, à l'irruption d'un homme armé d'un fusil et d'un sac bourré d'explosifs : Sam Baily, un gardien du musée récemment licencié. Pris en otage en même temps que Mrs. Banks, un groupe d'enfants et leur institutrice, Max alerte Laurie, laquelle relaie l'information à leur patron, Lou Potts.

Pour Sam, tout commence mal : par inadvertance, il blesse grièvement son collègue Clifford Williams, qui doit être transporté d'urgence à l'hôpital. Néanmoins, il n'a pas l'air méchant : il veut seulement être écouté. Conscient de détenir un scoop, Max s'instaure son conseiller en communication. Il lui recommande de libérer deux enfants afin d'obtenir du shérif Lemke le feu vert pour un entretien télévisé. Bien entendu, il dirige lui-même l'interview, guidant Sam afin de faire ressortir son côté humain. Dehors, la foire médiatique bat son plein. Dépêché sur les lieux, Kevin enrage de se voir voler la vedette par Max qui, depuis le musée, interviewe Jenny, l'épouse de Sam, et envoie Laurie recueillir d'autres témoignages favorables auprès de parents et amis des Baily. Il obtient même un entretien avec le célèbre Larry King.

Au bout de trois jours, épuisé par le manque de sommeil, l'esprit brouillé par sa subite notoriété, Sam devient de plus en plus caractériel et sa côte baisse dans l'opinion. Kevin en profite pour circonvenir Laurie, dénoncer les " manipulations " de Max et trafiquer les interviews afin de montrer Sam sous un jour défavorable. L'annonce de la mort de Clifford aggrave encore les choses. Désespéré, Sam libère ses otages et, après avoir tenté sans succès de se tirer une balle dans la tête, se fait sauter avec les explosifs. Max reconnaît alors la responsabilité des médias dans cette issue tragique et déclare publiquement : "C'est nous qui l'avons tué."

   
2002 Amen

Avec : Ulrich Tukur (Kurt Gerstein), Mathieu Kassovitz (Riccardo Fontana), Ulrich Mühe (le médecin), Michel Duchaussoy (le Cardinal), Ion Caramitru (Comte Fontana), Marcel Iures (le Pape), Friedrich von Thun (le père de Gerstein).

1936. Pour protester contre l’indifférence du monde face aux persécutions de son peuple, un Juif se suicide en pleine séance de la Société des Nations. En Allemagne, Kurt Gernstein, ingénieur chimiste et officier SS, est spécialiste de la désinfection. Il a peine à croire que sa nièce, handicapée mentale, a été gazée. Chef du service technique sanitaire, il est envoyé à Treblinka pour assister aux essais du gaz zyklon B, qui est, en fait, utilisé pour exterminer les Juifs. Bouleversé, il tente de faire intervenir l’attaché d’ambassade suédois auprès des gouvernements anglais et américain. Le nonce du Pape à Berlin refuse de l’écouter. Seul Ricardo Fontana, un jeune jésuite lui propose d’informer le Vatican par l’intermédiaire de son père, proche de Pie XII. Un cardinal lui prête une oreille distraite. Ricardo n’a guère plus de chance avec un envoyé du gouvernement américain. De son côté, Gernstein sabote des livraisons de zyklon B alors que ses supérieurs exigent l’accélération du génocide. Le Pape demeurant toujours muet face aux atrocités commises par les nazis, Fontana fait venir Gernstein à Rome pour obtenir une audience. Preuves à l’appui, il remet un document à l’ambassadeur américain. Le cardinal assure Gernstein des protestations du Vatican auprès de l’ambassade d’Allemagne. Mais devant le silence obstiné du Pape, Fontana arbore l’étoile jaune en signe de protestation, puis rejoint des Juifs emmenés en déportation. Un médecin, qui n’est autre que le supérieur de Gernstein, l’affecte aux fours crématoires. Pour obtenir la libération de Fontana, Gernstein falsifie des documents. Mais le prêtre refuse sa pitié pour connaître le même sort que les déportés. Gernstein rentre alors à Berlin afin de réunir des documents accablants. Fait prisonnier par les Alliés, il est retrouvé pendu dans sa cellule. Ce n’est que vingt ans plus tard qu’il sera réhabilité.

   
2005 Le couperet

avec : José Garcia (Bruno Davert), Karin Viard (Marlène Davert), Geordy Monfils (Maxime Davert), Christa Théret (Betty Davert), Ulrich Tukur (Gérard Hutchinson), Olivier Gourmet (Raymond Machefer), Yvon Back (Etienne Barnet).2h02.

Bruno Davert, cadre supérieur, marié, deux enfants, compétent et passionné par son travail, a été mis au chômage après la délocalisation de l’usine de papier qui l’employait depuis quinze ans. Voilà deux ans qu’il tente sans succès de retrouver un emploi. Humilié lors des entretiens d’embauche, menacé dans son équilibre personnel et familial, il décide d’agir, seul et de manière radicale : il se procure les CV de chômeurs, éventuels candidats au même poste que lui, sillonne la région et les élimine un par un, pour remonter à Machefer, actuel détenteur du poste qu’il vise dans une entreprise voisine. Les meurtres se succèdent ; ce n’est pas toujours facile et, de plus, cela présente quelques risques.

Ainsi Davert est contraint de tuer aussi la femme d’un des prétendants, mais les soupçons se portent sur un innocent… qui se suicide. Il en écrase un autre et simule un accident. Celui qui a retrouvé du travail est épargné. Il entre en contact avec le dernier de la liste, Hutchinson, déprimé et pathétique, qui se suicide peu après. Enfin il élimine Machefer, ivre mort, dans l’explosion de sa cuisine. La police, qui avait averti Davert qu’un tueur sévissait dans son milieu, soupçonne Hutchinson et classe l’affaire. Davert s’en sort bien, d’autant qu’il a pu régler la crise qui menaçait son couple, reconquérir l’estime de sa femme Marlène et aider son fils Maxime, adolescent en apparence sans histoire mais compromis dans une affaire de vol d’ordinateurs. Davert retrouve un poste digne de lui. Mais il remarque une jeune femme qui l’observe, tout comme lui-même observait Machefer…

   
2009 Eden à l'Ouest

Avec : Riccardo Scamarcio (Elias), Juliane Köhler (Christina), Ulrich Tukur (Nick Nickleby), Anny Duperey (la dame à la veste), Antoine Monot Jr. (Karl), Odysseas Papaspiliopoulos (l'ami d'Elias), Eric Caravaca (Jack), Michel Robin (le portier du Lido), Konstandinos Markoulakis (Yvan), Florian Martens (Günther). 1h50.

En pleine Mer Egée, Elias se dirige comme des centaines d’autres clandestins vers l’Eden rêvé, l’Europe Occidentale. Il jette ses papiers à la mer, avant de s’y jeter lui aussi quand, abandonnés, les passagers sont repérés par les garde-côtes. Il se réveille sur une plage surprenante. Son parcours du combattant ne fait que commencer, pour atteindre la ville de son désir : Paris. Il va braver l’interdit, l’impossible, la peur, la faim, la loi, et se frotter à l’autre. L’autre en uniforme, l’autre en voiture, en train, en camion ou en tracteur, pour trouver son chemin, la ville des Lumières et pour recommencer sa vie.

   
   
   
   

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né en 1933
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