Le concerto de Mozart
1997

Dans un château du XVIIIe siècle, sept jeunes musiciens s’enferment pendant quinze jours pour penser et préparer, sous la houlette de Michel Portal, clarinette principale, une nouvelle interprétation du Concerto de Mozart. Ils vont vivre là ensemble, écouter et commenter différentes versions de l’œuvre, les analyser avec le clarinettiste, accueillir d’autres grands solistes ou chefs, interroger le manuscrit (inachevé) de l’œuvre, en discuter avec un musicologue et, surtout, jouer selon les indications de Michel Portal qui explore la partition.

Témoin de ce défi, Jean-Louis Comolli observe le célèbre soliste qui tente de redonner un sens à chaque note et s’interroge sur chaque mesure.

À la fin du séjour, avec l’orchestre au complet, Michel Portal peut enfin exécuter le concerto "comme il l’entend", teinté de sonorités sombres ou joyeuses, proche de la voix humaine.

La révélation des secrets de l'interprétation d'un morceau de musique sont sans doute plus difficiles à filmer que l'élaboration d'un travail d'architecte. Qui plus est, Comolli est le témoin et non le metteur en scène d'une reconstitution élaborée de la naissance d'une œuvre comme dans son splendide Naissance d'un hopital.

Le film ne parvient pas à dépasser l'incapacité de Michel Portal à exprimer ce qu'il souhaite. Souvent il fredonne ce qu'il voudrait sans trouver les mots et ses indications sont désespérantes (et en désespèrent certains) de banalité : " je veux une concentration extrême", "apprenez à vous poussez vous même, n'attendez rien du chef, il faut prendre des risques", "les autres instrumentistes ne doivent pas dénoter avec le morceau comme je l'entend", "ce passage est trop vibré". "Envie de la lumière", "C'est comme un appel qui vient de loin". Il veut tour à tour, un souffle, une idée, force, frénésie, swing. "On ne s'explique pas cette musique, on n'a pas l'impression qu'elle a été écrite". Musique ascète qui ne lui donne pas envie de faire la fête. Elle exprime "le, regret de ne plus pouvoir aimer, on sent que c'est la fin, c'est un message d'amour très grave, très beau."

S'il parle de "quatre accords qui rappellent le requiem dans une musique où la clarinette s'amuse", il ne les rejoue pas et se contente d'approximations : "une musique qui vous interpelle très loin... la musique de Mozart guérit"

Le musicologue se met à son niveau , se demandant "quelle histoire on se raconte en jouant l'adagio ?" ou en proposant que chaque instrumentiste se prenne pour un personange de carte à jouer (on jouait beaucoup aux cartes du temps de Mozart) ou de comemdia dell'arte.

Les masters class n'apprennent souvent rien à ceux qui les observent et Comolli en est réduit à chercher la belle image (le rougeoiement d'un feu derrière les musiciens épluchant les patates, les promenades dans le parc, les surexpositions...).

Jean-Luc Lacuve le 23/08/2011

critique du DVD
Editeur : Montparnasse, août 2011. Coffret 2 DVD, 5h20.

DVD1 : Naissance d’un hôpital (1991, 1h05), La Vraie Vie (dans les bureaux) (1993, 1h17), DVD2 : Le Concerto de Mozart (1997, 1h25), L’Affaire Sofri (2001, 1h05).

Supplément : Filmer aujourd’hui. (2010, 0h27).

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Téléfilm Produit par l’INA et Arte France. Avec : Michel Portal. 1h25.

Genre : Documentaire
dvd chez Carlotta Films