(1909 - 1989)
29 films
   
   
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Avant de débuter sa carrière de cinéaste en tant que scénariste dans Entrée des artistes de Marc Allégret (1938), André Cayatte s'illustre dans un tout autre corps de métier : le droit. C'est d'ailleurs lors d'un procès opposant un producteur à une star de cinéma que Maître Cayatte décide de tomber la robe pour se lancer dans le septième art. Son premier film en tant que réalisateur, La Fausse maîtresse (adapté de l'oeuvre de Balzac), démontre son réel soin apporté à la mise en scène. Il va ensuite décliner la justice sous différents angles : remise en cause tout d'abord dans Justice est faite - son heure de gloire -, plaidoirie contre la peine de mort pour Nous sommes tous des assassins, magistrature en crise dans Le dossier noir, ou encore les affres de la chirurgie esthétique pour Le miroir à deux faces. André Cayatte n'aura eut de cesse que de dénoncer tout ce que le système judiciaire pouvait comporter d'outrageant, et se sera à maintes reprises attiré les foudres des critiques de la Nouvelle Vague.

Filmographie :

1942 La fausse maîtresse
Dans une petite ville du pays catalan, on s'exalte pour l'équipe locale de rugby et la jolie Lilian Rander fait sensation comme trapéziste sous le chapiteau de son père. C'est à elle que va s'adresser le séduisant rugbyman René pour détourner les soupçons de son meilleur ami Guy dont il courtise la femme, Hélène...
   
1943 Au bonheur des dames
Au cœur du Paris commerçant de la fin du XIXe siècle, la guerre fait rage entre les petits boutiquiers et un grand magasin, " Au Bonheur des Dames ", dont les méthodes de vente et les prix sacrifiés séduisent la clientèle et condamnent à la faillite le commerce traditionnel. Parmi les rescapés de cette lutte inégale. " Le Vieil Elbeuf " du père Baudu, marchand de drap cramponné à son échoppe, qu'il a promis de léguer, florissante, à sa fille Geneviève lorsqu'elle épousera Colomban, son commis. Un jour, Denise et Jean, les enfants de son frère décédé, arrivent au " Vieil Elbeuf" où Baudu les accueille en dépit de ses difficultés et de la maladie de Geneviève. Denise se fait engager comme vendeuse au " Bonheur des Dames " et son oncle, furieux, la chasse. La jeune fille trouve refuge au grand magasin où sont logées et nourries les vendeuses qui subissent, jour et nuit les règlements rigoureux imposés par Octave Mouret le propriétaire, et son bras droit. La personnalité et les initiatives de Denise plaisent à Mouret, qui entretient une liaison intéressée avec Mme Desforges, sa bailleuse de fonds : Mouret veut, en effet s'agrandir en achetant les boutiques voisines, dont " Le Vieil Elbeuf". Ulcérée de pressentir en Denise une rivale, Mme Desforges propose à Baudu de l'aider financièrement dans son combat contre Mouret. Le drapier s'endette, achète de la marchandise et la vend moins cher qu'" Au Bonheur des Dames". Mais Mouret n'a aucune peine à répondre aux initiatives de Baudu, qui se trouve bientôt acculé à la ruine et expulsé. Désespérée, Geneviève meurt. Un soir de fête et de liesse, dans un grand magasin encore plus grand, Mouret annonce au personnel son prochain mariage avec Denise et la mise en œuvre des mesures sociales que la jeune fille lui a suggérées. Dans la rue, Baudu meurt sous les roues d'un véhicule de livraison du " Bonheur des Dames "
   
1943 Pierre et Jean
Roland, un bijoutier parisien, sa femme Alice et Pierre, leur petit garçon, passent tranquillement un dimanche à la campagne lorsqu’à la suite d’une gifle, l’enfant se jette à l’eau. Il est sauvé de la noyade par le docteur Marchat qui, quelques jours plus tard, soigne Roland, frappé par un client de son magasin. Les deux hommes deviennent alors les meilleurs amis du monde. Restés seuls au cours d’une promenade sur les bords de Marne, Alice et Marchat s’avouent leur amour. Roland ne se rend compte de rien. Contraints de se cacher, les deux amants veulent fuir à l’étranger et emmener Pierre avec eux. Mais au jour prévu, ils découvrent que l’enfant souffre de la diphtérie. Deux mois plus tard, Pierre est complètement rétabli. Malgré tout, Marchat part seul en Indochine car pendant la maladie de son fils, Alice a pris conscience de la douleur de Roland. Les années passent. Le couple qui s’est installé en province a eu un autre enfant : Jean, un futur avocat. Quant à Pierre, devenu médecin, il veut ouvrir un cabinet. Un notaire annonce au couple la mort de Marchat, qui a légué toute sa fortune à Jean. Celui-ci propose à son frère de l’argent pour s’installer. Mais Pierre, qui ne veut rien devoir à personne, refuse catégoriquement. Il a remarqué des airs de ressemblance entre Jean et Marchat, dont le portrait trône au milieu du salon. Il se met à haïr sa mère, qu’il soupçonne d’avoir eu autrefois une liaison, puis décide de partir à l’étranger d’autant que Louise, une jeune fille qu’il courtise, avoue une préférence pour Jean. Vexé, il s’en prend violemment à son frère. Leur mère doit les séparer. Seule avec Pierre, Alice lui avoue la vérité : Jean est bien le fils de Marchat, qu’elle a aimé de tout son cœur et n’éprouve aujourd’hui ni honte, ni regret. Incapable de supporter la vérité, Pierre accepte le poste qu’on lui a offert aux colonies. Alice se retrouve seule en tête-à-tête avec Roland.
   
1946 Le dernier sou

Avec : Noël Roquevert (Stéfani), Ginette Leclerc (Marcelle Levasseur), Gilbert Gil (Pierre Durban). 1h30.

Stefani, un escroc cynique dirige une sorte d'agence pratiquant de multiples arnaques. Il y emploie, entre autres complices, Marcelle, une jeune femme qu'il tient sous la menace de révéler une affaire compromettante pour son grand-père. Lorsque se présente Pierre Durban, un jeune homme en recherche d'emploi, Marcelle reconnaît l'un de ses amis d'enfance et elle va tenter de lui éviter d'être escroqué. Elle va aussi tomber amoureuse de lui mais ce sentiment ne sera pas partagé

Ultime production de la société Continental Films : « Ginette Leclerc, vedette du film, Cayatte et Chavance, frappés par l'épuration, sont tous sous le coup d'une suspension d'activité. Le film décrit la catharsis de Ginette Leclerc, garce ordinaire qui se métamorphose en amoureuse tragique jusqu'à faire le sacrifice de sa vie pour un jeune sportif qui ne l'aime même pas

   
1946 Sérénade aux nuages
Un chanteur vedette décide de voyager incognito et coule des jours tranquilles sous l'identité d'un jardinier, jusqu'a ce que son impresario, lui même déguisé, le retrouve. Il ne l'empêchera tout de même pas d'épouser la jeune fille de la maison.
   
1946 Roger la Honte
En 1885, l’industriel Roger Laroque, directeur d’une usine à Ville d’Avray, a misé tous ses espoirs dans son invention, la première automobile à vapeur. Mais son commanditaire, Gerbier, lui réclame le remboursement immédiat d’un prêt de 80 000 francs. Le même soir, Gerbier est assassiné et volé par un sinistre personnage nommé Luversan. De sa fenêtre, Henriette, la femme de Laroque, en compagnie de sa fillette Suzanne, a cru reconnaître son mari dans la personne qui a pénétré dans la maison de Gerbier, voisine de leur domicile. Mais, au moment du crime, Roger rompait d’avec sa maîtresse Julia, la femme de son meilleur ami, l’avocat Lucien de Noirville. Pour rembourser Laroque d’un prêt qu’il lui avait consenti jadis, Julia obtient 10 000 francs de Luversan, qui lui fait une cour pressante. Aux abois et ne sachant comment payer ses ouvriers, Laroque va jouer cet argent au Cercle Industriel du baron de Cé. De retour à son usine le lendemain, avec la somme rondelette qu’il a gagnée, il se trouve nez à nez avec le commissaire Lacroix, venu enquêter sur l’assassinat de Gerbier. Certains des billets tâchés donnés à la victime la veille sont aisément reconnaissables. Aux Assises, Laroque refuse de se défendre pour ne pas compromettre Julia. Son épouse meurt de chagrin et son avocat, Lucien de Noirville, succombe à une crise cardiaque en pleine plaidoirie, alors qu’il allait innocenter Laroque après avoir appris son infortune. Laroque est condamné aux travaux forcés tandis que la garde de Suzanne est confiée à ses anciens domestiques, Victoire et Tristot. Laroque s’évade sur le chemin du bagne, et on le croit noyé. Il revient le soir de Noël chez Tristot pour fuir avec sa petite Suzanne
   
1946 La revanche de Roger la Honte
Douze ans ont passé. Laroque, sous le nom de Farrell, s’est établi au Canada, où il a fait fortune. Mais Suzanne, devenue une ravissante jeune fille, est hantée par le drame qui bouleversa son enfance. À l’occasion d’une compétition automobile, Laroque décide de rentrer à Paris avec elle afin de faire éclater la vérité. Dans la course Paris-Orléans-Paris, Suzanne, qui conduit le prototype construit par son père, a pour concurrent Raymond de Noirville, le fils de Lucien et de Julia. Raymond – qui est la cause indirecte d’un accident au cours duquel Suzanne, blessée à l’épaule, a été éliminée de la course – tombe amoureux de la jeune fille. Aidé par Victoire, Tristot et Pivolot, patron d’une nouvelle agence de détective privé, Laroque mène son enquête et revoit Julia, qui n’a jamais parlé pour ne pas compromettre l’avenir de son fils. Elle refuse de lui donner le nom de l’assassin de Gerbier. Le commissaire Lacroix, qui n’a jamais cru à la mort de Laroque, est de nouveau sur la piste. Décidé à tout pour clamer son innocence, Laroque demande une entrevue au banquier Terrenoire, qui a épousé Julia après le décès de Lucien de Noirville. Terrenoire donne une réception le même soir et Laroque se heurte à Luversan, qu’il ne connaît pas et qui le provoque en duel sous un prétexte futile. Le lendemain, tout le monde se retrouve pour assister à la confrontation. Pour éviter le scandale, Laroque convainc Luversan de signer des aveux et de se suicider. Le commissaire Lacroix est satisfait et Laroque réhabilité. Suzanne et Raymond uniront leurs vies.
   
1947 Le chanteur inconnu
Un camelot parisien ramène du Portugal un pêcheur à la voix pure à qui il fait gravir les échelons de la gloire. Le soir d'une première, un attentat lui remet son passé en mémoire : il a été un chanteur renommé avant qu'on essaie de l'assassiner et qu'il perde le mémoire. Il entame alors une terrible vengeance.
   
1948 Le dessous des cartes
Réfugié à Mantigne, en Haute-Savoie, le banquier Géraudy, responsable d’un énorme scandale financier, tente de passer en Italie en prenant pour guide un contrebandier, Manuel Ambrozini, dit « Manu ». Mais, comprenant que sa femme Florence ne viendra jamais le rejoindre dans son exil, il se pend dans un refuge. Florence arrive à Mantigne, où se sont rassemblés les journalistes et le parquet pour faire toute la lumière sur l’affaire. Anxieuse de toucher l’assurance sur la vie de son mari, Florence rend visite à Manu. Elle tente de le séduire pour récupérer une lettre écrite par Géraudy annonçant son suicide afin que personne ne soit accusé à tort de sa mort. Mais Manu, qui a récupéré la lettre, la confie à Fine, la fille de l’aubergiste, dont il est amoureux. Florence presse son ami et complice, l’inspecteur Nansen, de prouver qu’il y a eu crime car la prime ne sera pas payée en cas de suicide. Entre-temps, visitant le refuge, le juge d’instruction se perd en conjectures sur la manière dont le banquier s’est pendu, car il n’y ni chaise ni caisse sur lesquelles Géraudy aurait pu monter pour se passer la corde au cou. Nansen subtilise la lettre de Géraudy cachée dans la chambre de Fine, puis arrête Manu sous l’inculpation de meurtre. Manu s’évade grâce à Fine, et va chercher de l’aide auprès de Florence, qui accepte de lui confier des talons de chèques compromettants pour Nansen et un grand nombre de personnages officiels. Appréhendé à nouveau, Manu explique comment Géraudy s’est suicidé : il est monté sur un pain de glace qu’il a fait basculer ensuite, et qui a fondu après sa mort. Sachant qu’il détient les talons de chèques compromettants, Nansen le disculpe grâce à la lettre de Géraudy. En échange, Manu accepte de jeter les documents dans le feu. Il oubliera Florence dans les bras de Fine.
   
1949 Les amants de Vérone

Avec : Serge Reggiani (Angelo) Anouk Aimée (Giorgia Maglia), Pierre Brasseur (Raffaele), Martine Carol (Bettina Verdi), Marcel Dalio (Amedeo Maglia), Louis Salou (Ettore Maglia), Roland Armontel (Blanchini). 1h45.

A Venise, Georgia Maglia, fille d'un magistrat fasciste et Angelo, un souffleur de verre, doublent les deux vedettes d’une adaptation cinématographique de Roméo et Juliette. Très vite le jeu laisse place à la réalité et les deux jeunes gens tombent fous d’amour l’un pour l’autre. A l’image du drame de Shakespeare, leur passion est aussi tourmentée que menacée, en particulier par Raffaele, un malfrat.

   
1949 Le retour de tante Emma

2e segment de Retour à la vie coréalisé Henri-Georges Clouzot, André Cayatte, Georges Lampin, Jean Dréville.

De retour de Dachau, dans un état pitoyable, Emma est rentrée dans sa famille pour assister, indifférente, à de sombres et mesquines histoires d'héritage.

   
1950 Justice est faite
Elsa Lundenstein comparaît devant les Assises de Versailles pour avoir mis fin aux jours de son amant qui, atteint d'une maladie incurable, l'avait supplié d'abréger ses souffrances. Sept jurés vont la juger. Evariste Malingré, cultivateur, apprend que sa femme profite de son absence pour le tromper. Félix Noblet, garçon de café, grâce à son rôle de juré, convaincra les parents de Lulu de consentir à leur mariage. Théodore Andrieux, commandant en retraite et éternel râleur a deux filles qu'il n'arrive pas à marier. L'une d'elles rompra ses fiançailles pendant le procès. Jean-Luc Flavier, imprimeur de l'évêché, catholique fervent ne s'entend plus avec sa femme depuis la naissance de leur enfant épileptique. Marceline Micoulin, antiquaire, veuve, qui a passé la quarantaine, rencontre dans l'hôtel où elle s'est installée un jeune homme pour lequel elle éprouve une passion trouble. Michel Caudron, marchand de baignoires qui souffre d'une vie médiocre s'éprend de Mme Micoulin. Gilbert de Montesson, éleveur de chevaux, gentleman distingué vient de rompre avec sa maîtresse pour se marier. Celle-ci, qui ne peut l'accepter, le poursuit jusqu'au tribunal. Elle se tuera. Ces sept jurés doivent juger en leur âme et conscience, mais la décision qu'ils vont prendre sera tributaire de leur âge, de leur milieu social, des préoccupations et des drames qu'ils ont vécu pendant le procès... Pourtant justice est faite.
   
1952 Nous sommes tous des assassins
René Le Guen, jeune dévoyé sans instruction, sans métier, ni morale, entre par hasard dans la Résistance, où il est amené à tuer par ordre. La Libération venue il tue pour son propre compte. Un jour il assassine un marchand pour prendre un bain avant de rendre visite à une dame. Surpris dans le bain par les policiers il tuera un policier et un employé de l'établissement. Condamné à mort, il attend de longs mois son exécution. Malade il doit subir une intervention chirurgicale. Le médecin qui le soigne ainsi que l'aumônier de la prison pensent que son cas n'est pas si simple. De son côté son avocat tente d'obtenir son recours en grâce. D'autres condamnés attendent aussi avec lui le jour de l'exécution. Le sarcastique et inquiétant Docteur Dutoit, condamné pour avoir empoisonné sa femme par amour de sa maîtresse, nie toutefois les faits. Gino est Corse, une affaire de vendetta le conduit à la guillotine, mais le matin même où il est exécuté, son cousin tue deux personnes pour le venger. Bauchet, importuné par les pleurs de sa petite fille, l'a torturé avant de la tuer. Ces quatre hommes condamnés à mort sont montés à l'échafaud : leur mort préviendra-t-elle d'autres crimes ? Le petit Michel Le Guen, déjà pris dans l'engrenage qui mène du vol à l'assassinat, finira-t-il comme son frère René ou sera-t-il sauvé ?
   
1954 Avant le déluge
Richard Dutoit, Philippe Boussard et Jean Arnaud se sont connus dans la classe du professeur Noblet. Fils d'un ancien collaborateur Richard a grandi dans la haine des Juifs. Il aime Liliane, la fille de son professeur. Philippe, lui, soutire tout l'argent dont il a besoin à sa mère qu'il a surprise dans les bras de M. Montessan, un trafiquant notoire qui fait de louches affaires avec son père. Quant à Jean, il est étouffé par une mère devenue possessive. La guerre de Corée risque de dégénérer en un conflit mondial. Tous rêvent de s'exiler sur une île lointaine de Polynésie... Pour se procurer l'argent nécessaire germe dans leur esprit l'idée de dérober la collection de timbres fort estimée de Montessan. Mais un gardien de nuit fait irruption et Jean, pris de panique, le tue d'un coup de revolver. Le lendemain, les trois complices décident de supprimer à son tour Daniel Epstein, un camarade de classe juif dont ils avaient emprunté la voiture et qui risque de trop parler... Mais la police aura tôt fait d'arrêter les assassins. Le verdict tombe, condamnant les trois jeunes gens à de lourdes peines de prison. Mais les vrais coupables, les parents, responsables d'une éducation négligente et d'exemples démoralisants, ne relèvent pas de la justice des hommes...
   
1955 Le dossier noir
Nouvellement nommé juge d’instruction, Jacques Arnaud prend son poste à Lancourt, une petite ville de province qui vit sous l’emprise de Boussard, un riche entrepreneur sans scrupules. Dutoit, éleveur de bergers allemands, vient porter plainte : quelqu’un a empoisonné plusieurs de ses chiens. Il confie au jeune juge qu’on a fouillé sa maison pour y dérober un certain “dossier noir” établi par son ami Le Guen, qui vient de mourir, et impliquant Boussard et le conseil municipal dans une affaire de spéculation frauduleuse. Méfiant, Arnaud fait exhumer le corps de Le Guen, et l’autopsie y révèle la présence d’arsenic. Aux ordres de Boussard, le commissaire Franconi ne tarde pas à trouver un coupable bien commode : Dutoit lui-même, qui aurait tué son ami à la suite d’une dispute… Venu spécialement de Paris, le commissaire Noblet désigne une autre coupable possible en la personne de Françoise, la veuve du disparu, soupçonnée d’adultère avec son beau-frère Gilbert… C’est alors qu’Arnaud découvre que les viscères du mort ont été envoyés à l’institut médico-légal dans des bocaux sales appartenant à Dutoit et qui ont contenu les restes de ses chiens morts… Le poison trouvé dans le corps de Le Guen était donc celui qui avait tué les chiens. Emporté par sa soif de vérité et de justice, le jeune juge a révolutionné la ville et ruiné sa carrière pour une affaire criminelle qui n’existait que dans son imagination. Mais, conséquence dramatique de son action irréfléchie, Alain, le jeune fils de Le Guen, se suicide.
   
1957 Oeil pour oeil
Dans un hôpital libanais, le docteur Walter vient de passer au bloc opératoire des heures exténuantes. Ce soir-là, une guimbarde s’arrête devant chez lui. Un homme en descend : sa femme souffre du ventre. Walter, épuisé, refuse de l’examiner et renvoie les importuns vers l’hôpital. Le lendemain, son collègue Matik lui annonce qu’il n’a pu sauver cette femme, qui souffrait d’une grossesse extra-utérine. Auprès du corps, Walter est troublé et son malaise, jour après jour, va s’accentuer, car le mari de la morte, un certain Bortak, ne cesse de se rappeler à son mauvais souvenir. C’est ainsi que sa vieille voiture stationne indûment dans la cour de l’hôpital et qu’il impose sa présence muette et accusatrice partout – bar, boîte de nuit – où le docteur tente de noyer dans l’alcool le remords qui le hante. Et toujours l’homme se dérobe, insaisissable, lorsque Walter tente de l’approcher pour se justifier. Une nuit, renseigné par Lola, une entraîneuse, le docteur pourchasse la voiture de Bortak. Il intercepte en rase campagne le véhicule, qui tombe en panne, et propose à Bortak, accompagné de sa fille, de le conduire à destination. Là, Walter passera la nuit chez les parents de la défunte. Au matin, alors que Bortak est déjà parti, le docteur consent à visiter un malade dans un village du désert. Au chevet du patient, un guérisseur lui interdit d’intervenir. Walter découvre sa voiture dépouillée de ses roues. Il trouve refuge dans un estaminet dont le propriétaire lui explique, en arabe, qu’un car va bientôt arriver. Le temps passe, mettant à rude épreuve la patience du docteur. Et soudain, Bortak réapparaît. Il écoute le plaidoyer de Walter – « Votre femme était perdue, il était trop tard » – puis lui apprend que le car ne sera là que dans quatre jours. « Je vais aller à pied », décide Walter, à bout de nerfs. Sous le soleil brûlant, il croise périodiquement le chemin d’un Bortak frais et dispos, qui semble jouer avec lui comme un chat avec une souris. Perdu, il se résigne à suivre son compagnon, qui ne cesse de le tromper sur la proximité d’un point d’eau ou d’une ville. « Vous voulez que je crève ! » réalise enfin Walter ; son tortionnaire lui rétorque : « Moi aussi j’ai voulu crever à cause de vous ». Walter n’en peut plus : il taillade le poignet de Bortak à coups de rasoir, espérant l’obliger ainsi à rejoindre Damas au plus vite pour s’y faire soigner. Et, en effet, le blessé hâte le pas avant de s’effondrer, exsangue. « Allez chercher du secours » gémit-il, indiquant le chemin au docteur : « Tout droit ». Et celui-ci repart, titubant, tandis que Bortak éclate d’un rire homérique : il sait qu’il n’y a rien que du sable à des centaines de kilomètres à la ronde…
   
1958 Le miroir à deux faces
Grâce à une annonce, Pierre Tardivet, petit professeur besogneux, épouse Marie-José Vauzange, jeune fille intelligente et sensible au physique ingrat. Bien vite la mesquinerie de Tardivet apparaît et Marie-José se résout à une vie monotone. Deux enfants naissent. Dix ans passent. Victime d'un accident de la route, Tardivet est soigné par le docteur Bosc, célèbre chirurgien esthétique. Bosc opère Marie-José. La transformation est totale. Devant cette femme très belle qu'il ne considère plus comme la sienne, Tardivet amer et haineux, tue le docteur Bosc au moment où Marie-José voulait refaire sa vie avec Gérard Durieu, l'époux de sa sœur Véronique. Consciente de ses devoirs, elle renonce à son bonheur pour se consacrer à ses enfants et à leur père.
   
1960 Le passage du Rhin
Paris, fin août 39. Deux Français parmi tant d'autres face à la guerre menaçante. L'un, Roger, travaille chez son beau-père qui exploite une boulangerie. L'autre, Jean, est un bon journaliste à qui l'on propose, en affectation spéciale, la place de rédacteur en chef de " L'Espoir". Mais Jean veut se battre pour défendre la liberté, malgré la promesse de la belle Florence de devenir sa femme après avoir été sa maîtresse. La défaite. Les files de prisonniers français traversent le Rhin et Roger et Jean se rencontrent, lient amitié, ne se quittent plus. Se faisant passer pour travailleurs agricoles, ils sont expédiés dans un petit village chez d'excellentes gens. Roger s'accommode plutôt bien de cette nouvelle vie, d'autant que la jolie Helga, la fille de la maison, lui plaît par sa gentillesse et son sourire. Jean ne songe qu'à fuir, qu'à regagner la France et il parvient en effet à s'évader en volant un camion. Roger a refusé de le suivre, il s'attache insensiblement au pays et à ses habitants. Pendant ce temps, Jean a retrouvé la France, via l'Angleterre. Dans Paris libéré, il retrouve son journal dont il devient directeur. Florence reparaît. Il la désire toujours, elle l'aime sans doute, mais elle s'est compromise pendant l'Occupation. Roger, qui a retrouvé Paris, s'ennuie. Jean, conduit Roger jusqu'au pont sur le Rhin après lui avoir procuré les papiers nécessaires pour retourner en Allemagne, décide de sacrifier sa situation pour Florence. Mais il ignore que celle-ci, pour lui éviter ce sacrifice, est partie.
   
1963 Le glaive et la balance
A la suite du rapt et de l'assassinat d'un enfant, trois suspects sont emprisonnés et jugés, mais l'inspecteur chargé de l'enquête est certain de l'innocence d'un des trois accusés.
   
1964 Jean-Marc ou La vie conjugale
C'est l'histoire d'un couple qui se désagrège peu à peu et dont les souvenirs sont racontés soit par le mari Jean-Marc, soit par la femme Françoise. C'est d'abord la rencontre des deux jeunes gens sur les bancs de la Faculté. Par l'intermédiaire d'amis communs, ils font connaissance. Coup de foudre. Ils deviennent amants, et commence l'apprentissage de la vie à deux. Jean-Marc réussit ses examens. Il sera bientôt avocat et bientôt un enfant va naître. Ils décident de se marier. Puis ce sont les débuts du jeune avocat qui, passionné par sa profession ne craint pas d'accepter un poste en province. Françoise ne suit pas le mouvement. Elle s'ennuie, ressent les difficultés d'argent, accepte mal les hommages masculins, souhaite revenir à Paris. Le retour dans la capitale ne plaît qu'à moitié à Jean-Marc. Françoise s'y est employée, trouvant une alliée inattendue dans l'avocate Patricia, qui aime la vie libre, pour ne pas dire facile. C'est ainsi que le jeune homme est entré dans le cabinet du père de Patricia, homme retors, que les scrupules n'inquiètent guère. Dégoûté, Jean-Marc démissionne rapidement. Cependant Françoise trouve sa place dans une entreprise de publicité où elle réussit brillamment. Jean-Marc qui s'est installé à son compte supporte mal ce succès. La vie conjugale est sapée. C'est la rupture. La conciliation. Le couple sent qu'il sera difficile de se désunir. Ils s'aiment encore. Retrouver l'Italie va peut-être leur redonner confiance en eux, les faire repartir la main dans la main. Mais la jalousie est là, tenace et exaspérante. Et tandis que Françoise veut encore espérer dans l'avenir, Jean-Marc s'éloigne, sans doute définitivement.
   
1964 Françoise ou La vie conjugale
 
   
1965 Piège pour Cendrillon
A la suite d'un incendie, une jeune femme grièvement brulée, se réveille dans une clinique. Ayant perdu la mémoire, on lui apprend qu'elle est Michèle Isola, l'héritière d'une immense fortune. Elle quitte la clinique et sentant que sa gouvernante lui cache quelque chose, elle part à la recherche de son passé...
   
1967 Les risques du métier

Avec : Jacques Brel (Jean Doucet), Emmanuelle Riva (Suzanne Doucet), René Dary (Monsieur Beaudoin - le maire), Nadine Alari (Madame Arnaud), Christine Fabréga (Madame Roussel), Jacques Harden (Robert Arnaud), Gabriel Gobin (Le juge d'instruction), Muriel Baptiste (Martine Augier), Delphine Desyeux (Catherine Roussel). 1h45.

M. Doucet, instituteur dans une petite ville de Normandie, est accusé par la fille du garagiste, Catherine Roussel âgée de 14 ans, d'avoir tenté de la violer. Le maire alerté par les parents se montre sceptique car Doucet et sa femme Suzanne, qui enseignent dans la ville depuis plusieurs années, jouissent de la meilleure réputation. Doucet nie les faits. Les Roussel portent plainte. Au cours de l'enquête menée par les inspecteurs Lambert et Michaux, ceux-ci apprennent par une élève que le jour de la fête du village une de ses camarades, Hélène Arnaud, serait partie peu après le départ de M. Doucet dans la même direction. Hélène interrogée commence par nier, menacée d'un examen médical, elle finit par avouer qu'elle est la maîtresse de l'instituteur, qui nie à nouveau cette accusation. Mais la petite Josette prétend à son tour que l'instituteur se montrait entreprenant avec elle. Doucet est arrêté et emprisonné. Sa femme de son côté mène sa propre enquête. Des contradictions se font jour. Hélène avoue qu'elle est la maîtresse d'un ouvrier de son père. Josette est convaincue de mensonge. Catherine s'effondrera au moment de la reconstitution du soi-disant viol. L'instituteur est disculpé, il quittera néanmoins la ville avec sa femme.

   
1969 Les chemins de Katmandou

Avec : Pascale Audret (Yvonne), Jane Birkin (Jane), Serge Gainsbourg (Ted), Elsa Martinelli (Martine), David O'Brien (Jacques), Renaud Verley (Olivier). 1h40.

Au Népal, Olivier essaie de retrouver son père. Il y rencontre trois hippies et tombera amoureux de Jane. Mais il ne peut admettre qu'elle passe son temps a se droguer et faire l'amour. Il retrouve son père qui est devenu trafiquant de statuettes. Déçu, il décide de rejoindre Jane et de l'aider a s'en sortir..

   
1971 Mourir d'aimer

Avec : Annie Girardot (Danièle Guénot), Bruno Pradal (Gérard Leguen), Claude Cerval (Le juge d'instruction), Jean Bouise (Le juge des mineurs), Jean-Paul Moulinot (Monsieur Guénot). 1h47.

1968. Danièle, qui est professeure de lettres dans un lycée de Rouen, participe activement aux événements du mois de mai. Partisane des méthodes progressistes, elle invite les élèves chez elle, ne faisant pas de distinction entre sa vie personnelle et l'enseignement. Parmi eux, Gérard, dix-sept ans, fils d'un libraire sympathisant qui ronéotype les tracts. Du jour au lendemain, M. Leguen change d'attitude et prie Danièle de laisser son fils tranquille, inquiet d'une relation dont le professeur et son élève n'ont pas encore mesuré la nature profonde...

   
1973 Il n'y a pas de fumée sans feu

Avec : Annie Girardot (Sylvie Peyrac), Mireille Darc (Olga Leroy), Bernard Fresson (Dr. Peyrac), Michel Bouquet (Morlaix), André Falcon (Boussard). 2h00

Pour se débarrasser du Dr De Peyrac, son concurrent direct lors des élections municipales, le maire sortant s'emploie à salir la réputation de sa femme en l'accusant de s'adonner à des orgies.

   
1974 Verdict

Avec Sophia Loren (Teresa Leoni), Jean Gabin (Le président Leguen), Julien Bertheau (Verlac, l'avocat général), Muriel Catalá (Anne Chartier), Michel Albertini (André Leoni). 1h35.

Le Président de la cour d'Assises de Lyon, Leguen, reçoit la visite impromptue de Teresa Leoni, qui tente de le convaincre de l'innocence de son fils André, accusé de viol et du meurtre d'une jeune fille de bonne famille, Annie Chartier. Il l'éconduit, manifestant son opposition vigoureuse à ce genre de pression, surtout de la part d'une veuve de truand. Sachant dès lors qu'elle ne peut plus espérer sauver la tête de son fils, Teresa fait appel à d'anciens amis de son mari pour enlever Nicole Leguen, épouse du président. La vie de cette dernière contre l'acquittement d'André. Le chantage porte bien vite ses fruits. L'autoritaire, l'intraitable homme à principes Leguen affiche une neutralité puis une bienveillance à l'égard d'André qui ne tardent pas à surprendre l'audience et à indigner l'accusation. Devant l'insuffisance des preuves, et bien qu'admonesté par le procureur sur demande de l'avocat général, Leguen n'a plus qu'à démontrer aux jurés l'inadéquation de l'article 353 du Code pénal qui leur demande de ne se fier qu'à leur " intime conviction". Le verdict est rendu: acquittement, Leguen ignorant encore que son épouse, diabétique, s'est laissée mourir en refusant les soins qui lui étaient nécessaires afin de briser la loi du chantage et d'éviter le déshonneur au magistrat. Libéré, André s'en prend aux abus d'autorité de sa mère. Lorsque celle-ci, jusqu'alors convaincue de son innocence, découvre qu'il est bel et bien coupable, certes avec des circonstances atténuantes : elle se jette avec sa voiture contre un mur.

   
1977 A chacun son enfer

Avec : Annie Girardot (Madeleine Girard), Hardy Krüger (Commissaire Bolar), Bernard Fresson (Bernard Girard), Stéphane Hillel (Michel Girard), Fernand Ledoux (Le père), Edith Scob (La folle). 1h45.

La fillette de Madeleine Girard a été enlevé. Sa maman désespérée lance un appel à la télé en promettant au ravisseur qu'elle versera la rançon exigée. Une longue nuit d'anxiété commence pour Madeleine, Bernard son mari et Michel le fils ainé d'un premier mariage de Madeleine. Avec le montant de la rançon, Madeleine part seule, en respectant rigoureusement les indications du ravisseur, mais ne découvre que le cadavre de son enfant enveloppé dans un sac plastique. L'enquête commence et aboutira tragiquement...

   
1978 La raison d'état

Avec : Jean Yanne (Jean-Philippe Leroi), Monica Vitti (Angela Ravelli), Michel Bouquet (Francis Jobin), François Périer (le professeur Marrot), Jean-Claude Bouillon (Bernard Moulin). 1h35.

Le Directeur de l'Office National de l'Armement doit, après avoir reçu sa Légion d'Honneur, signer un important contrat avec le Tongo en direct et avec son ennemi voisin, le Zana, par des intermédiaires. On fournit donc les deux belligérants. Un biologiste, le Professeur Marrot, mène campagne contre toutes les ventes d'armes.

   
1978 L'amour en question

Avec : Annie Girardot (Suzanne Corbier), Bibi Andersson (Catherine Dumais), Michel Galabru (Le procureur), Michel Auclair (Philippe Dumais), Georges Géret (Le commissaire Lachot). 1h35.

L'industriel Philippe Dumais est retrouvé assassiné. La juge d'instruction Suzanne Corbier, chargée de l'enquête, soupçonne la veuve du défunt, ainsi que son amant, le Britannique Tom Hastings. Se sentant menacés, les amants fuient mais sont arrêtés par la police alors qu'ils tentaient de traverser la frontière italienne. Acquitté dans son pays natal, Tom Hastings avoue l'assassinat de Dumais lors du procès de sa maîtresse, où il déposait en tant que témoin.