La marque du vampire
1935

(The Mark of the Vampire). Avec : Lionel Barrymore (Le professeur Zelin), Elizabeth Allan (Irena Borotyn), Bela Lugosi (Le comte Mora), Lionel Atwill (L'inspecteur Neumann), Jean Hersholt (Le baron Otto von Zinden). 1h00.

Portant au cou deux petites blessures, le corps de Sir Karell Borotyn est retrouvé complètement vidé de son sang dans une chambre de son château. Le docteur Doskill attribue la mort à un vampire. Irena, la fille de Sir Karell et son fiancé Fédor, qui ne croient pas à ces superstitions, confient leurs soupçons à l'inspecteur Neumann : il s'agit d'un crime habilement maquillé.

Par prudence, Irena quitte le château et va habiter chez un voisin et ami de Sir Karell, le baron Otto. Un an plus tard, Irena et Fédor sont attaqués la nuit et portent sur le cou les marques fatidiques. Alerté, le professeur Zelen confirme qu'il s'agit d'un phénomène de vampirisme. Depuis que le château est abandonné, des témoins affirment avoir vu le fantôme du comte Mora et de sa fille Luna errer les nuits de pleine lune dans la campagne. On ouvre la tombe de Sir Karell : le corps a disparu.

Une expédition au château est décidée : la clé de l'énigme sera dévoilée au cours d'une nuit de cauchemar. Mora et Luna n'étaient que des comédiens loués par la police pour les besoins de la cause : terrifier le véritable assassin de Sir Karell, le baron Otto, et l'amener à se trahir.

"Si vous êtes l'héritier d'une riche parente au coeur fragile, emmenez-la voir ce film" vantait la publicité de l'époque. Il s'agit du remake parlant d'un film muet de Tod Browning aujourd'hui perdu, interprété par le célèbre acteur Lon Chaney, Londres après minuit (1927).

La nouvelle adaptation est fidèle à l'ancienne, sauf sur deux points. Dans la version muette, le détective et le "vampire" n'étaient qu'un seul et même personnage joué par Lon Chaney qui mettait ainsi à profit son talent pour les maquillages horrifiques. Dans le version actuelle, les relations incestueuses entre le comte Mora et sa fille ont disparu. Dans la version originale, le comte tuait sa fille et se suicidait. Un détail reste encore : la marque sur la tempe représente l'endroit ou il posait l'arme qui devait lui servir à se tuer. La fin du film, surprenante, annonce Miracle for sale, le dernier film de Tod Browning.

Bien que le sujet ne soit pas surnaturel (tous les événements sont expliqués d'une manière rationnelle au cours de la dernière séquence), La marque du vampire figure en bonne place parmi les classiques du cinéma fantastique américain de l'Age d'Or. Il doit cette réputation à son respect des traditions du vampirisme à l'écran (utilisation de l'ail et du tue-loup - " acotinum lycoctonum " des botanistes - pour éloigner les créatures maléfiques) ; à la présence de Bela Lugosi, inoubliable Dracula du cinéma qui, bien qu'appelé ici Comte Mora, apparaît dans le costume du vampire qui fit sa gloire ; à la réalisation tout en lenteur majestueuse et en nuances de Tod Browning ; aux décors gothiques et à la photographie très "clair-obscur" de James Wong Howe qui s'inspira méthodiquement du travail des opérateurs de l'expressionnisme allemand.

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Genre : Fantastique
Thème :