1978
A la recherche de Monsieur Goodbar

(Looking for Mr. Goodbar). Avec : Diane Keaton (Theresa), Tuesday Weld (Katherine), William Atherton (James), Richard Kiley (Mr. Dunn), Richard Gere (Tony). 2h14.

1975, Theresa Dunn suit des cours pour enseigner auprès des malentendants. Elle fantasme une relation amoureuse avec Martin Engle, un professeur d'anglais dont elle serait la secrétaire et qui lui ferait perdre sa virginité. Dans des situations difficiles, elle s'imagine lui offrir une pipe, répondre à ses appels et supporter sa mauvaise humeur d'homme mariée. Theresa vit chez ses parents, famille catholique très puritaine avec une autre de ses soeurs qui élève son bébé. Leur soeur aînée, Katherine, est adulée par leur père car blonde et belle et hôtesse de l'air, la vie semble lui avoir réussi. Ce n'est pas le cas de Theresa qui, enfant, a été victime d'une poliomyélite provoquant une scoliose invalidante. Suite à une opération douloureuse, elle a du rester un an dans un plâtre qui lui enserre tout le corps, exposée au regard de tous dans le salon familial.

Mais la ravissante Katherine, hôtesse de l'air déprimée mène une vie dissolue et n'a que Theresa pour confidente. Elle lui avoue ainsi être enceinte et, hésitant entre deux pères possibles, décidée à avorter. Deux mois plus tard, elle apprend à sa soeur puis à la famille effarée, qu'elle s'est mariée pour la deuxième fois. Elle mène cependant avec son riche mari uen vie frivole, occupée à s'étourdir de sexualité de groupe et de drogues. Un soir de fête, elle propose à sa soeur un appartement dans l'immeuble que son époux vient d'acheter. Il était temps pour Theresa de partir. Son père, croyant toujours à tort que c'est elle qui mène une vie dissolue.

Theresa devient éducatrice dans une école pour jeunes sourds-muets. Les mœurs très libres de sa sœur aînée Katherine la conduisent à fréquenter, la nuit, les bars "pour célibataires" de San Francisco. Elle ramène chez elle Tony, un jeune voyou qui la fascine par sa virilité et sa violence. Tandis qu'elle est timidement courtisée par James Morrissey, un jeune inspecteur de l'assistance publique pour lequel elle n'éprouve aucune attirance.

Theresa continue, non sans mal, de mener sa double vie d'éducatrice honorable le jour et de femme aux mœurs légères la nuit. Mais petit à petit, sa liaison avec Tony bouleverse sa vie. Elle ne parvient plus à rompre. Tony la menace de tout révéler à ses employeurs. Une nuit, elle ramène chez elle Gary, un homosexuel qui l'éventre dans un accès de démence.

Tiré d'un roman à succès de Judith Rossner, basé sur un fait divers, une jeune femme de 27 ans retrouvée assassinée dans son appartement de New York

Le film alterne les scènes de Theresa à l’école avec sa classe d’élèves malentendants, dont la petite Amy, sourde et muette, qu’elle va prendre en charge, et les scènes de Theresa la nuit buvant un verre au comptoir d’un bar à la recherche d’un homme de passage. La correspondance est appuyée par la mise en scène, surlignant la double vie de Theresa : le jour, la vertu, la restauration du corps des autres, de la parole des enfants handicapés, la nuit, le vice, la recherche effrénée du plaisir jusqu’à l’avilissement de son propre corps, l’envers du décor. L'image est alors opaque et sombre, le plus souvent filmé dans une semi-pénombre verdâtre, sans espoir. Des intérieurs saturés de lumière artificielle et d'ombres, des corps emmêlés dans le noir, des journées livides d'hiver, des néons rouges dans les quartiers chauds, des atmosphères enfumées dans les bars au son d'une musique allant du free jazz au disco de Donna Summer et Diana Ross.

Les images cauchemardesque de l'enfance montrées au début du film, filmées en noir et blanc renvoient à celles de la fin, le meurtre sauvage, filmé sous une blanche lumière stroboscopique. Le poster de Picasso dans la chambre de Theresa, période minotauromachie, avait aussi souligné le destin de Theresa, femme sacrifiée bien que lucide, sensuelle et sensible ( "Je préfere être séduite que réconfortée").

 

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