Kantemir Balagov

Né en 1991
2 films
  
  
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Kantemir Balagov est né en 1991 à Naltchik, capitale de la République autonome de Kabardino-Balkarie, dans le Caucase du Nord, à 1430 kilomètres au sud de Moscou, une région déshéritée où le chômage des jeunes atteint des records. Kantemir Balagov quitte la ville pour Stavropol où il commence des études d'économie. Il les arrête quand le cinéaste Alexandre Sokourov (Le soleil, Faust) ouvre une école consacrée au septième art au sein de l’université de Naltchik. Le jeune homme tente sa chance et envoie au grand maître ombrageux une websérie qu’il a tournée sur son temps libre et mise en ligne sur YouTube. Sokourov valide sa candidature et l’inscrit directement en troisième année.

Kantemir Balagov va alors rattraper le temps perdu et avaler les films. Il est conquis autant par la rigueur quasi janséniste de Bresson dans Mouchette que par le lyrisme baroque de Kalatozov (Quand passent les cigognes) ou par le réalisme poétique de Marcel Carné. A l’école de cinéma, il est aussi séduit par les nombreux cours consacrés à l’histoire de la littérature russe et étrangère. Le virus des livres ne l’a pas quitté: si Une grande fille est l’adaptation très libre de La guerre n’a pas un visage de femme, le bouleversant recueil de témoignages de Svetlana Alexievitch sur la Seconde Guerre mondiale en Union soviétique, le jeune réalisateur explique avoir surtout trouvé son inspiration dans les nouvelles de Tchekhov.

Il y réalise trois courts métrages, Moi en premier (2014), documentaire Andrioukha (2014) et Molodoy eschyo (2015), son film de fin d'études. Son premier long métrage, Tesnota, une vie à l'étroit , inspiré d'un fait divers réel (le portrait d’une jeune femme juive du Caucase qui refuse le mariage imposé par ses parents), se fait remarquer par son ton amer, son style très personnel et son sens de l'espace Ce film atypique lui vaudra le prix FIPRESCI au Festival de Cannes 2017 ainsi que le Grand Prix du Jury et le Prix d'Interprétation Féminine au Festival Premiers Plans d'Angers 2018.

Il remporte le Prix de la mise en scène de la section Un certain regard au Festival de Cannes 2019 pour Une grande fille, chronique l’amitié tourmentée, dans le Leningrad en ruines de 1945, de deux anciennes militaires traumatisées par la guerre.

Lui-même n’a découvert le cinéma qu’à 17 an. Il a grandi dans le Caucase à Naltchik, la capitale de la République autonome de Kabardino-Balkarie,

Filmographie :

Courts-métrages :
2014 : Moi en premier (Pervyy ya)
2015 : Andryukha
2015 : Molodoy eschyo. Avec : Andrey Chulkov (Dante), Aleksandr Kladko (Le père), Niole Meilute (Vika), Yelena Teryokhina (La mère). 48'

Longs-métrages :

2017 Tesnota, une vie à l'étroit

(Tesnota). Avec : Darya Zhovner (Ilana), Veniamin Kats (David), Olga Dragunova (Adina), Atrem Tsypin (Av)i. 1h58.

1998, Nalchik, Nord Caucase, Russie. Ilana, 24 ans, travaille dans le garage de son père pour l'aider à joindre les deux bouts. Un soir, la famille et les amis se réunissent pour célébrer les fiançailles de son jeune frère David. Dans la nuit, David et sa fiancée sont kidnappés et une rançon réclamée. Au sein de cette communauté juive repliée sur elle-même, appeler la police est exclu. Comment faire pour réunir la somme nécessaire et sauver David ? Ilana et ses parents, chacun à leur façon, iront au bout de leur choix, au risque de bouleverser l'équilibre familial.

   
2019 Une grande fille
(Dylda). Avec : Viktoria Miroshnichenko (Iya), Vasilisa Perelygina (Masha), Timofey Glazkov (Pashka), Andrey Bykov (Nikolay Ivanovich), Igor Shirokov (Sasha). 1h47.

1945. La Deuxième Guerre mondiale a ravagé Léningrad. Au sein de ces ruines, deux jeunes femmes, Iya et Masha, tentent de se reconstruire et de donner un sens à leur vie. Titre original