Border

Ali Abbasi
2018

Genre : Fantastique

Cannes 2018 (Gräns). D'après la nouvelle de John Ajvide Lindqvist. Avec : Eva Melander (Tina) Eero Milonoff (Vore), Jörgen Thorsson (Roland), Ann Petrén (Agneta), Sten Ljunggren (Le papa de Tinas), Kjell Wilhelmsen (Daniel), Rakel Wärmländer (Therese). 1h50.

Tina, douanière à l’efficacité redoutable, est connue pour son odorat extraordinaire. C'est presque comme si elle pouvait flairer la culpabilité d’un individu. Mais quand Vore, un homme d'apparence suspecte, passe devant elle, ses capacités sont mises à l'épreuve pour la première fois. Tina sait que Vore cache quelque chose, mais n’arrive pas à identifier quoi. Pire encore, elle ressent une étrange attirance pour lui...

Le roman Laisse-moi entrer de John Ajvide Lindqvist publié en 2004, a donné lieu à deux adaptations : Morse (Tomas Alfredson, 2008) et Laisse-moi entrer (Matt Reeves, 2010). C'est cette fois une nouvelle, Gräns (limite), qui donne lieu à ce Border (frontière) de la part d'Ai Abbasi dont le premier film, Shelley (2016), fantastique et gore, a été bien accueilli.

La nouvelle est hélas assez platement mise en scène. Abbasi l'allonge sur 1h50 sans bien savoir s'il doit s'intéresser au panthéisme des trolls, à l'humanité de Tina, à son amour pour Vore, à la limite entre humain et non-humain sur le plan racial ou des valeurs éthiques. Le tout est dilué dans une enquête policière, moins bien traitée que dans un téléfilm ou une série.

La nouvelle ne manquait pas d'atouts mais, à part la scène des champignons et l'amour dans nuit, le film s'apprécie sans déplaisir mais avec un certain ennui tant tout est prévisible. Comme le dit Guillemette Odicino pour Télérama : "Dans ce film où les hommes peuvent être monstrueux, ce sont les monstres qui nous donnent une superbe leçon de tendresse". Pas faux mais pas très subtil ou nouveau pour autant.

Jean-Luc Lacuve, le 12 janvier 2019