L'enseigne de Gersaint

1720
L'enseigne de Gersaint
Jean-Antoine Watteau, 1720
Huile sur toile 163 x 308 cm
Schloss Charlottenburg, Berlin

La genèse et la destination de l'ouvre sont rapportés par Gersaint lui-même en 1744. Rentrant d'Angleterre, le peintre avait demandé l'hospitalité à son ami et en contrepartie, ou pour venir en aide à son hôte éprouvé par un incendie en 1718, proposa de peindre l'enseigne de la boutique que Gersaint avait sur le pont Notre-dame.

Mme Andhémar (1964), qui suppose que l'artiste travaillait dans la boutique de Gersaint, pense, étant donné les dimensions de celle-ci, que l'œuvre fut exécutée sur deux toiles séparées, ce qui expliquerait la solution de continuité que l'on observe au centre. Cela expliquerait aussi les différences d'éclairage et de perspective entre les deux parties.

L'œuvre, alors plus large et cintrée, ses deux parties réunies, ne servit d'enseigne que quinze jours, suscitant une grande admiration dans les milieux artistiques. Ensuite,elle fut vendu en deux parties au conseiller Glucq et prit sans doute une forme rectangulaire, obtenue en coupant deux bandes sur le côté qui furent placées en haut en exécutant les raccords nécessaires.

A l'occasion de la restauration effectuée en 1899, les deux parties furent réunies sur une seule toile, au centre de laquelle fut insérée une bande verticale de deux centimètres de large afin que les deux parties coïncident mieux.

On a voulu reconnaître les personnages représentés comme le peintre et ses amis les plus intimes. Le jeune homme au centre est généralement identifié à Wateau. Gersaint serait celui qui porte le grand portrait ovale, sa femme, à l'extrême droite, en train de présenter un miroir à madame Julienne et à son mari. A coté de ce dernier, debout, le conseiller au parlement Glucq, cousin de Julienne, à genoux devant le tableau ovale le chevalier de la Roque.

En haut à gauche, il s'agit sans doute d'un portrait de van Dyck, et d'Antonio Moro dans celui du dessous. Van Ruysdael serait l'auteur du paysage à droite, J. Fyt de la nature morte au-dessus du portrait ovale, Potter de la scène champêtre en haut. Au pied de celle-ci un van Ostade ou un Teniers, au-dessus de la possible madame Gersaint, une Leda italienne, au milieu de deux autres Rubens ou van Dyck, dessous un mariage mystique de sainte Catherine. Plus sûrement, le portait de Louis XIV posé dans la caisse est dû à Le Brun, portrait de rigueur puisque la boutique devait s'appeler "Au grand monarque".

Retour à la page d'accueil de la section Beaux -Arts