(1151- 1223)
Art japonais

Unkei né aux alentours de 1151 et mort en 1223, était un sculpteur japonais d’images bouddhiques (busshi) originaire de Nara à la fin du XIIe et au début du xiiie siècle, appartenant à l’école de l’époque de Kamakura. Il était le fils de Kōkei et le père de Tankei également sculpteurs de l’école Kei. Il reprit à la suite de son père la direction de l’école vers 1195 et fut honoré du plus haut titre ecclésiastique pour les sculpteurs bouddhiques, hōin, en 1203. Il travailla pour de nombreux temples dans tout le Japon, ainsi que pour le compte de samouraïs ou du shogun. Son style était marqué par l’héroïsme, le réalisme parfait, le dynamisme et l’expression puissante qu’il peignait sur ses statues. Il rompit de fait avec le style traditionnel pour faire émerger un art réaliste qui fut imité dans tout le pays, n’étant approché ou égalé que par Kaikei ; en ce sens, les historiens de l’art le désignent habituellement comme le plus grand artiste de son époque et l’un des plus grands sculpteurs qu’ait connu le Japon.

Les deux Nio : Ungyō et Agyō 1203 Hardwick hall, The national trust

Les deux Niō (ou Kongō-rikishi, rois gardiens en français, nommés Ungyō et Agyō) de la grande porte sud (Nandaimon) du Tōdai-ji figurent parmi les exemples les plus représentatifs de l’école Kei ; ils se caractérisent par le dynamisme et l’impression de mouvements, avec le corps fin, les muscles saillants, le drapé fluide et le visage farouche. Réalisés en environ deux mois et mesurant plus de huit mètres, ils ont requis la participation de nombreux assistants. La tradition attribue la direction de chaque Niō à Unkei (pour Ungyō) et Kaikei (pour Agyō) ; toutefois, des travaux récents (depuis les restaurations achevées en 1993) mettent en question le rôle exact d’Unkei : peut-être a-t-il en fait collaboré avec Kaikei pour Agyō, ou bien a-t-il supervisé l’ensemble du projet en tant que directeur de l’école.