1925, Fribourg-1991, Berne

Jean Tinguely, Baluba, 1961-1962
Installation avec du mouvement
Métal, fil de fer, objets en plastique, plumeau, baril, moteur
187 x 56,5 x 45 cm
Achat, 1981
AM 1981-851
© ADAGP

Peu après la fondation du groupe des Nouveaux Réalistes, Tinguely crée la série des Baluba, où il emploie toutes sortes d'objets quotidiens, tels que des jouets en plastique, des fourrures d'animaux ou des déchets de ferraille.

Ces œuvres participent d'une ambiance esthétique comparable à celle des Tableaux-pièges de Spoerri ou des Poubelles d'Arman. Tinguely en fait une sorte de parodie de la sculpture classique, puisqu'il utilise en guise de socle des bidons industriels et dispose soigneusement les éléments, qu'il coiffe ici du plumeau comme d'un couvre-chef.

Mais lorsque le spectateur agit sur la pédale de commande et que la sculpture se met en branle, il assiste à une fête joyeuse où tous ces éléments suspendus sont secoués en tous sens. Ce qui, immobile, paraissait inachevé et peu satisfaisant devient, une fois animé, une sorte d'enchantement absurde, comme le sera peu après une autre œuvre essentielle de Tinguely : Le Ballet des pauvres.

Biographie

Après une scolarité de 1941 à 1945 à l’Ecole des Arts décoratifs de Bâle, Jean Tinguely commence à construire des sculptures en fil de fer, proches de l’esprit surréaliste. En 1951, il épouse le sculpteur Eva Aeppli. Ayant fait la connaissance de Daniel Spoerri, alors danseur, il crée en 1953 un décor cinétique pour l'un de ses ballets. Ce travail annonce la fabrication de tableaux composés de reliefs peints dont certaines parties sont mobiles, que Tinguely expose pour la première fois à Paris, en 1954, à la Galerie Arnaud. Peu à peu, il introduit à ses compositions des objets mobiles, comme des marteaux, qui procurent une dimension sonore à son travail.

Installé à Paris, il rejoint le groupe d’artistes cinétiques de la Galerie Denise René, et fait la connaissance d’Yves Klein avec lequel il conçoit une exposition à la Galerie Iris Clert en 1958, Vitesse pure et stabilité monochrome. C’est par le biais d’Yves Klein qu’il participe au Nouveau Réalisme, entraînant avec lui Spoerri.

À partir de 1959, il se lance frénétiquement dans la conception de machines, notamment des machines à dessiner ou à peindre abstrait, parodiant à sa façon la "rage de l’expression" revendiquée par une partie de l’abstraction. Mais la machine qui l’a rendu mondialement célèbre reste la gigantesque construction auto-destructrice, L’Hommage à New York, installée dans le jardin du Museum of Modern Art en mars1960 ; ce fut l’occasion pour Marcel Duchamp de composer un de ses plus beaux aphorismes :

"Si la scie scie la scie
Et si la scie qui scie la scie
Est la scie que scie la scie
Il y a Suissscide métallique".

Tout en prenant part aux activités collectives des Nouveaux Réalistes, il répond de plus en plus à des commandes publiques monumentales, par exemple dans la forêt de Fontainebleau ( Cyclop), à Genève ou à Bâle, ou encore à Paris avec la Fontaine Stravinski en collaboration avec sa compagne Niki de Saint-Phalle.

A consulter le site du Musée Tinguely à Bâle:
http://www.tinguely.ch

Sur le Cyclop , projet monumental en Forêt de Fontainebleau :
http://www.art-public.com/cyclop/cyclop_g.htm


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Jean Tinguely
1925-1991