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L'oeuvre de Richter est marquée par un concept clé : l'altération du réel. Il l'applique ici dans ces deux portraits sculptés installés face à face. D'abord moulés et traités avec ressemblance, les visages ont été recouverts de peinture pour les détourner du réel. L'origine de cette oeuvre remonte en 1967 lorsque Blinky Palermo, ami de Richter, crée un espace pour une exposition à la galerie Heiner Friedrich de Cologne. Richter décide d'utiliser cet espace pour y montrer deux sculptures. Ce sont des portraits sculptés des deux amis installés face à face. Richter et Palermo se rencontrent en 1961 à l'Académie des Beaux-Arts de Düsseldorf après avoir fui tous les deux l'Allemagne de l'Est. Ils portent un grand intérêt à la peinture dans un contexte artistique qui s'en détourne. Ici cependant pas de peinture. Ces pièces sont les seules sculptures figuratives de la carrière de Richter. Remarquez la hauteur des socles qui place ces têtes à hauteur d'homme. Cette échelle 1 concorde avec la technique utilisée pour réaliser les deux visages. L'artiste explique ; "Nous les avons fait nous-mêmes. J'ai fait un moulage en plâtre de son visage. Il m'a aidé à faire le mien et j'ai modelé le reste, la tête, les cheveux, les oreilles, l'arrière de la tête". Sur ces plâtres, il appose grossièrement de la peinture grise avec une large brosse, ce qui vient en altérer la texture et la surface. Ce processus d'altération de l'image prise du réel, ici à partir des visages mêmes des deux artistes rappelle aussi les altérations peintes que Richter a réalisé à partir d'images photographiques
À la fin des années 1960, Richter et sa femme Ema se lient d’une étroite amitié avec Blinky Palermo, que Richter avait rencontré à l’académie des Beaux-Arts de Düsseldorf. Ema coud alors certaines des peintures sur tissu de Palermo et Richter et Palermo se rendent ensemble à New York en 1970. Au début de l’année 1971, Palermo expose une peinture ocre jaune recouvrant les quatre murs d’une pièce dans une galerie de Munich. Comme Richter le racontera plus tard: «J’ai beaucoup aimé, et dit qu’il fallait [ajouter] des sculptures...
J'ai fait un moulage en plâtre de son visage, il m’a aidé à réaliser le mien, et j’ai modelé le reste: la tête, les cheveux, les oreilles, l'arrière de la tête.»