(1884-1920)
Expressionnisme

Amedeo Clemente Modigliani est un peintre et un sculpteur italien rattaché à l'École de Paris et plus généralement à l'expressionnsime. Peintre de figures, nus, portraits, sculpteur, dessinateur. Peintre figuratif, il est devenu célèbre par ses peintures et ses sculptures où les visages ressemblent à des masques et où les formes sont étirées.

Nu assis 1916 Courtauld Institute of Art
Nu assis 1917 Anvers, Musée Royal des Beaux-Arts
Nu assis sur un divan 1917 Collection privée
Nu couché 1917 Collection privée
Nu couché 1917 New York, Metropolitan M. of Art
Nu couché 1917 New York, Guggenheim Museum
Nu couché 1917 Shanghai, collection privée
Nu couché 1919 New York, MOMA
Autoportrait 1919 Sao Paulo, Musée d'art contemporain

Né le 12 juillet 1884 à Livourne, Italie, au sein d'une famille romaine d'origine juive séfarade, Amedeo est le quatrième enfant d'un homme d'affaires ruiné, Flaminio Modigliani et d'Eugénie Garsin qu'il a épousé en 1872. Son enfance est pauvre et marquée par la maladie. À 14 ans, il subit une attaque de typhoïde et deux ans plus tard une tuberculose. En 1898, son frère de 26 ans, Emmanuel, est condamné à six mois de prison pour anarchisme.

En 1902, il s'inscrit à l'école libre du nu, la Scuola Libera di Nudo de l'Accademia di Belle Arti à Florence dirigée par le professeur Giovanni Fattori, le peintre chef de file des Macchiaioli, à Florence et l'année suivante à l'Institut des arts de Venise où il fréquente les bas-fonds.


En Janvier 1906, il arrive à Paris et habite dans un hôtel près de la Madeleine. Il s'inscrit à l'Académie Colarossi, rue de la Grande-Chaumière, et loue un atelier dans le maquis de Montmartre, rue Caulaincourt, près du Bateau-Lavoir où il rencontre les artistes de Montmartre. Il rencontre Pablo Picasso, Guillaume Apollinaire, André Derain et Diego Rivera ainsi que des intellectuels et artistes juifs comme Max Jacob, Lipchitz. Il peint surtout de petits portraits.

En 1907, il quitte son atelier de la rue Caulaincourt et change régulièrement de logement (hôtel Poirier, hôtel du Tertre, au Bateau-Lavoir et à l'hôtel Bouscarat), puis s'installe 7, place Jean-Baptiste Clément. Rencontre d'Utrillo, André Utter et Latourette (financier amateur d'art). En novembre, il rencontre le Dr. Paul Alexandre avec qui il se lie d'amitié. Jeune médecin amateur d'art, il sera le premier à s'intéresser à l'œuvre de Modigliani. Il va le soutenir et l'encourager jusqu'en 1914, lui achetant régulièrement des œuvres. Il le convainc de s'inscrire au Salon des Indépendants et d'exposer. Il s'intéresse aux arts primitifs, est influencé par l'œuvre de Toulouse-Lautrec. Au Salon d'Automne, il expose deux toiles et cinq aquarelles. À ce salon, découvre Cézanne (1839-1906) à qui un hommage est rendu.

Le 20 mars 1908, il expose six œuvres au Salon des Indépendants dont la Juive et l'Idole. Paul Alexandre lui achète la Juive. il connaît des difficultés financières importantes. Il fait de la sculpture dans des traverses de chênes servant à la construction de la station de métro Barbès Rochechouart.

En 1909, Il s'installe à Montparnasse et rencontre la famille de Paul Alexandre dont il fait un premier portrait et les portraits du père et du frère. Il rencontre le sculpteur roumain Constantin Brancusi avec qui il se lie d'amitié. Brancusi lui fait découvrir l'art nègre et l'aide à travailler la sculpture sur pierre. Il refuse de signer le Manifeste Futuriste par Marinetti. En été, il retourne à Livourne pour quelques mois où il fait plusieurs études de tête, dont deux seront exposées au Salon des Indépendants. Emmanuel lui trouve un travail de sculpteur à Carrara.

Il revient à Paris en septembre avec Le Mendiant, que Paul Alexandre lui achète. Il s'installe au 14 de la cité Falguière, à Montparnasse où il travaille la peinture et la sculpture. Il est influencé par les statuettes de la Côte d'Ivoire et par l'idole de Picasso. Il souhaite consacrer la plus grande partie de son temps à la sculpture.

le 18 mars 1910, il participe au 26e Salon des Indépendants. Le 1er mai, il expose six œuvres : Le Violoncelliste, Lunaire, deux études (dont le portrait de Piquemal), Le Mendiant, La Mendiante. Quatre de ces œuvres sont à vendre, les deux autres, Le Mendiant et La Mendiante appartiennent à la collection de Paul Alexandre. Modigliani attend d'être véritablement remarqué par les critiques mais seul Paul Alexandre lui achète ses œuvres. Il vit plus ou moins dans la misère. Il habite successivement à la Ruche, au 216 boulevard Raspail, au 16 rue Saint-Gothard à Montparnasse ; puis de nouveau à Montmartre, 39 rue du Passage de l'Elysée des Beaux-Arts, dans le couvent des Moineaux et à plusieurs reprises au Bateau-Lavoir. Jusqu'en 1914, il va se consacrer presque exclusivement à la sculpture sans pour autant abandonner la peinture. Il visite les expositions Matisse et Cézanne, ainsi que le Musée ethnographique du Trocadéro.

En 1911, Il habite 39 Passage de l'Elysée des Beaux-Arts. Il expose un ensemble de têtes sculptées ainsi que des gouaches à l'atelier du peintre portugais Amadeo de Souza Cardoso (1887-1918), rue du Colonel Combes. Fait un deuxième portrait de Paul Alexandre (il en fera un troisième en 1913). En mauvaise santé, sa tante Laure veut l'emmener en Normandie pour qu'il se repose. Septembre : il fait un court séjour à Yport en sa compagnie.

1912 Il continue à faire de la sculpture. Expose sept sculptures (têtes, ensemble décoratif) au Salon d'Automne. Il rencontre Lipchitz et Jacob Epstein. Son frère Umberto l'aide financièrement. Il tombe de nouveau très malade et ses amis, dont Ortis Zarate, décident de l'envoyer en Italie chez sa mère. Les dates de ce voyage sont incertaines.

1913 Avant de partir à Livourne, il dépose des sculptures, des gouaches et des dessins chez Paul Alexandre. De retour à Paris, il commence le cycle de Cariatides.
Le marchand de tableaux Chéron, rue de la Boétie, s'occupe de lui pendant quelques temps. Chéron n'a pas réellement d'expérience en art et recherche plus son intérêt que celui de l'artiste. Février : exposition à l'Armory Show à New York présentant les tendances de l'art contemporain européen. Modigliani n'est pas représenté, sans doute, faute de marchand s'occupant réellement de diffusion de ses œuvres. Il rencontre le sculpteur Ossip Zadkine, Kisling, Foujita et Soutine. Le marchand Paul Guillaume commence à s'intéresser à son travail.

1914 Il reprend son travail de peintre et doit abandonner la taille directe. Printemps : il fréquente Nina Hamnet. Le poète Max Jacob arrange une rencontre entre Paul Guillaume et Modigliani. Il devient son marchand : « En 1914, pendant toute l'année 1915 et une partie de 1916, j'ai été le seul marchand de Modigliani... ». Il lui loue un atelier 13 rue Ravignan près du Bateau-Lavoir à Montmartre. Il vit quelques temps avec Diego Rivera au 16 rue Saint Gothard. Mai-juin : Exposition « Twentieth Century Art » White Chapel Art Gallery à Londres. Juillet : il rencontre Béatrice Hastings (1879-1943), journaliste et poétesse anglaise, avec qui il vivra deux ans souvent mouvementés. Pendant ces deux années, sa production est plus sûre, plus intense et sereine. Il fera de nombreux portraits de sa compagne. Il travaille chez Béatrice Hastings, chez lez peintre Haviland ou bien dans l'atelier de la rue Ravignan. Il se fait réformer pendant la guerre. Paul Alexandre est mobilisé et ne reverra pas Modigliani. La collection de Paul Alexandre est essentiellement composée d'œuvres datant de 1907 à 1912.

1915 Paul Guillaume lui achète des tableaux. Il réalise de nombreux portraits (Paul Guillaume, Apollinaire, Max Jacob, Kisling, Henri Laurens et en particulier Béatrice Hastings). Il fréquente Vlaminck, Picasso, Derain, Marie Vassilieff. Il habite 13 place Emile Goudeau. Dans une lettre à sa mère datée du mois de novembre : « ...Je fais de nouveau de la peinture et j'en vends. C'est beaucoup... ». Les disputes avec Béatrice Hastings sont de plus en plus fréquentes.

1916 Été : il rompt avec Béatrice Hastings. Son état de santé s'aggrave. Il expose avec ses amis dans l'atelier du peintre suisse Lejeune, 6 rue Huyghens. Cet atelier devient un centre de travail pour les artistes d'avant-garde. Il y rencontre le poète polonais Léopold Zborowski qui devient son marchand. Simone Thiroux est sa nouvelle maîtresse.

1917 Rompt avec Simone Thiroux qui est enceinte. Il conteste la paternité. Modigliani travaille dans l'appartement de Zborowski, 3 rue Joseph Bara à Montparnasse et lui cède sa production pour quinze francs par jour. Il réalise de nombreux portraits de Zborowski et de sa femme Hanka, et de leur amie Lunia Czechowska. Il commence une première série d'études de nus. Mars : Rencontre Jeanne Hébuterne (1898-1920), étudiante à l'Académie Colarossi, qui devient sa compagne. Juillet : Ils s'installent 8 rue de la Grande-Chaumière, dans une chambre louée par Zborowski. 3 décembre : Zborowski organise la première exposition personnelle de Modigliani à la Galerie Berthe Weill, 50 rue Taitbout. Les nus exposés dans la vitrine font scandale et sont menacés de saisie par la police pour outrage à la pudeur. Avec ce scandale, aucun tableau ne fut vendu. Modigliani travaille de façon intense.

1918 Il réalise une autre série de nus. Mars : L'état de santé de Modigliani se dégrade de plus en plus. Zborowski décide de l'envoyer sur la Côte d'Azur avec Jeanne qui est enceinte. Ils s'installent à Nice pour un an. Sous la lumière du Midi, Modigliani éclaircit sa palette, travaille sur des formats lus grands. IL peint les quatre seuls paysages que l'on connaisse de lui. Il retrouve Soutine et Foujita.
29 novembre : Naissance de leur fille Jeanne, déclarée à l'état civil comme fille de Jeanne Hébuterne, de père inconnu. Elle sera par la suite reconnue par l'artiste.
Décembre : Paul Guillaume organise une exposition dans sa galerie, Faubourg Saint-Honoré à Paris, qui rassemble les toiles de Modigliani, Picasso et Matisse.

1919 Écrit plusieurs lettres à Zborowski pour lui demander de l'argent et envoie régulièrement ses toiles achevées à Paris. Il restera plusieurs mois à Cagnes dans la villa du peintre Osterlind. Rend visite à Renoir. Mai : il retourne à Paris. Jeanne est de nouveau enceinte et sa fille le rejoint le mois suivant. Juillet : Il s'engage par écrit à épouser Jeanne. Son état s'aggrave mais il continue de peindre ses proches : Jeanne Hébuterne, Lunia Czechowska, Hanka Zborowska, Zborowski...
Participe à l'exposition « Modern French Art » à la Galerie Mansard à Heale.

Septembre : Expose à Londres à la Hill Gallery où il a un grand succès. Francis Carco fait l'éloge de son travail dans un article pour l'Eventail, un magazine suisse.
Quatre peintures de Modigliani sont exposées au Salon d'Automne.

1920 Sa santé se détériore rapidement. Il fait son autoportrait. 22 janvier : Il est emmené inconscient à l'Hôpital de la Charité. 24 janvier : Modigliani meurt à l'Hôpital d'une méningite tuberculeuse sans avoir repris connaissance. 25 janvier : Jeanne Hébuterne enceinte de huit mois se jette du cinquième étage de l'immeuble de ses parents, laissant la petite Jeanne orpheline. 27 janvier : Modigliani est enterré « comme un prince » au cimetière du Père-Lachaise entouré de nombreux amis. Alors que Jeanne est enterrée au cimetière de Bagneux. Quelques années plus tard, elle sera inhumée à ses côtés.

1921 Zborowski organise une exposition posthume Galerie l'Evêque à Paris