Le Luxe, I
Henri Matisse , 1907
Huile sur toile, 210 x 138 cm
Centre Georges Pompidou, Paris

Il émane une aura vaguement mythique de cette œuvre, qui reflète aussi l'intérêt des avant-gardes pour l'art primitif, même si les sources de Matisse diffèrent nettement de celles de Picasso : peinture de la première Renaissance italienne et estampes japonaises.

Marqué par l'échec du Nu bleu, Matisse commence à rebrousser le chemin de l'avant-garde. Il peint des corps encore légèrement déformés mais dont la pose est immédiatement lisible. Néanmoins encore "roi des Fauves", il fait preuve d'une grande liberté dans la touche et le dessin des contours de ses figures gauches est disproportionné.

A cette époque Picasso paraît presque académique dans le rendu de l'anatomie. Mais l'équilibre des forces allait s'inverser de façon spectaculaire quelques mois plus tard lorsque Picasso dévoila dans son atelier Les Demoiselles d'Avignon à des visiteurs médusés, parmi lesquels se trouva Matisse. (voir : confrontation avec Meneur de cheval nu de Picasso).

Dans la deuxième version du Luxe, le fauve s'est totalement assagi. La ligne prend le pas sur la couleur qui n'est plus arbitraire et redevient réaliste

 

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Le Luxe, I
1907