![]() |
![]() |
![]() |
![]() |
![]() |
![]() |
![]() |

En 1950, Matisse réalise Danseuse créole, une nouvelle interprétation du thème de la danse. Selon Aragon, le peintre s’est inspiré de la danseuse chorégraphe afro-américaine Katherine Duham. L’œuvre de Matisse trouve aussi sa source dans une forme d’exotisme, que le poète voyageur John-Antoine Nau nomme « un paradis d’attente » et qui est directement relié à l’inspiration baudelairienne qui guide son œuvre depuis Luxe, calme et volupté (1904, Musée d’Orsay, Paris). Matisse, dès 1945, à Paris, commence à dessiner des modèles martiniquaises, malgaches, pour l’illustration d’un ouvrage en hommage à son ami poète, réalisé dans les ateliers de l’imprimeur-lithographe Fernand Mourlot. À la convergence de ces deux courants, Danseuse créole se caractérise par la vivacité du traité et du mouvement des formes qui se détachent sur un fond dont les surfaces géométriques. La danseuse s’élance dans la diagonale de la composition. Elle est parée d’un costume dont la joyeuse profusion des courbes s’associe à la vision d’un être imaginaire mi-oiseau, mi-plante. Le goût de Matisse pour les spectacles et la musique, en particulier le jazz, se trouve ainsi illustré de même que sa connaissance de la culture afro qu’il découvre lors de ses séjours à New York entre 1930 et 1933.
Danseuse créole, par son exubérance, entre en contraste avec le caractère hiératique de Zulma, (1950 Statens Museum for Kunst, Copenhague), et désarticulé de La Négresse, (1952-1953, National Gallery of Art, Washington). Elle exprime, tel un feu d’artifice, la joie de vivre.