Le Torero mort ou L'homme mort
Edouard Manet, 1864
Huile sur toile, 75.9 x 153.3 cm
N. G. Washinghton.

Alterne de tout son long bandes blanches et noires, ratatinant toute échappée vers un fond. Les fonds uniformes, gris, bruns ou noirs que Manet emprunte peut-être aux moines de Zurbaran, ne sont jamais nocturnes ni clairs-obscurs romantiques ou symboliques : ils couvrent simplement la toile.

Manet pense payer tribut au Soldat mort de Velazquez, fleuron de la collection Pourtalès-Gorgier. C'est d'ailleurs sous cette appellation qu'il figure lors de la vente de la collection, le 1er avril 1865, et à ce titre que l'achète la National Gallery de Londres où il est conservé désormais. Mais voilà, c'est un faux. Ou plutôt, puisqu'il n'y a pas intention de nuire, une fausse attribution. Aujourd'hui les experts sont aussi unanimes à le retirer du corpus de l'œuvre du maître qu'ils l'étaient au XIXe siècle à lui en donner la paternité. Certains doutent même qu'il ait été peint par un Espagnol (peintre de l'Italie du XVII ?). Certes, mais il mériterait de l'être, répondent en substance les organisateurs de l'exposition. Ils ont raison : si Manet lui-même s'y est trompé, le péché des experts est véniel.

 

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Le Torero mort
1864