Eglise Notre-Dame-de-Toute-Grâce

1947
Les litanies de la Vierge, façade de l'église Notre-Dame-de-Toute-Grâce
Fernand Léger, 1947
mosaïque
Passy (Haute-Savoie)

Notre-Dame-de-Toute-Grâce est une église catholique construite dans la première moitié du XXe siècle, de 1937 à 1946, sur le plateau d'Assy, à exactement 1 000 mètres d'altitude, face à la chaîne du Mont Blanc, sur le territoire de la commune de Passy (Haute-Savoie), à l’initiative du chanoine Jean Devémy (1896-1981), par l’architecte savoyard Maurice Novarina.

Elle doit sa célébrité à sa décoration, réalisée par les plus grands artistes de l’époque. Elle est considérée comme l’édifice clé du renouveau de l’art sacré au xxe siècle. Au moment de sa consécration, en 1950, cette église résolument tournée vers l’art moderne choqua une partie traditionaliste du clergé français, accoutumée à plus de classicisme. L’église Notre-Dame-de-Toute-Grâce (1950), est l’édifice-clé du renouveau de l’art sacré au XXe siècle.

Les chefs-d’oeuvre qui la décorent sont signés des plus grands artistes de l’art moderne (Rouault, Bonnard, Lurçat, Matisse, Braque, Léger, Chagall…). Fondée par le chanoine Devémy pour la population sanatoriale nouvellement installée, dessinée par Maurice Novarina et consacrée en 1950, l’église du Plateau d’Assy a été décorée, avec les conseils du père dominicain Marie-Alain Couturier, par les plus grands maîtres de l’art moderne.(Œuvres de Bazaine, Bonnard, Bony, Braque, Chagall, Couturier, Hébert-Stevens, Huré, Kijno, Léger, Lipchitz, Lurçat, Mary, Matisse, Richier, Rouault, Signori, Strawinsky…). Ce n'est qu'en 2004 qu'elle est inscrite à l'Inventaire des Monuments Historiques.

Derrière les colonnes du porche de l'église, "les litanies de la Vierge" de Fernand Léger, recouvrent la totalité du mur de l'édifice. Les lourdes colonnes de granit vert, par un contraste calculé, servent à faire valoir en contrepoint l'admirable mosaïque de Fernand Léger qui réchauffe, éclaire et fait rayonner la façade.

D'après des cartons de Jean Lurçat, une immense tapisserie (4.50mx12.40m) dite de l'Apocalypse selon Saint Jean, habille tout le choeur de l'église.vers les Fonds Baptismaux une fresque de Marc Chagall montrant Moïse, et la traversée de la mer Rouge ; Juste à coté du baptistère, trône un bronze de Jacob Lipchitz: "Notre Dame de Liesse" dédié à la bonne entente des hommes sur la terre. La décoration de l'autel du Saint-Sacrement, situé sur la gauche du chœur a été confiée à Henri Matisse, cette céramique jaune au trait noir d'une très belle sobriété représente Saint Dominique. Sous cette céramique, Georges Braque avait sculpté la porte du tabernacle. Celle-ci fut volée, jamais retrouvée, elle fut remplacée par une copie. Le pendant de cet autel, à droite du chœur a lui, été décoré par une huile sur toile de Pierre Bonnard représentant Saint François de Sales.

Entre les deux, sous la tapisserie est installé: Le Christ en Croix, un bronze de Germaine Richier qui a métamorphosé le métal en un homme de douleur pétri par la souffrance. "Ayant aimé les siens, il les aima jusqu'au bout" (Jean XXIII, 1) Cette sculpture a fait couler beaucoup d'encre. Une polémique a même conduit au retrait de l’œuvre pendant quelques temps puis à sa présentation dans un coin moins noble de l'église. Elle a heureusement repris la place qu'elle mérite.

Il restait à habiller aussi les ouvertures. Georges Rouault fut un des premiers artistes contactés par le chanoine Devémy et par le père Couturier. Georges Rouault, considéré comme le plus grand peintre religieux du XX siècle, a fait son apprentissage chez un peintre sur vitraux. Il disposait de quatre oeuvres qui s'adaptaient parfaitement aux dimensions des fenêtres de l'église en construction, il en fit cadeau au chanoine Devémy

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