(1716-1800)
Art japonais

Itō Jakuchū aussi connu sous le nom de Itō Shunkyō, de son vrai nom Itō Jokin, surnoms: Keiwa, Jakuchû et Tobei-an, est né vers 1716 à Kyōto. C'est un peintre japonais d'animaux et de fleurs.

Canards mandarins dans la neige 1759 Tōkyō, Musée des collections impériales
Vieux pin et paon 1760 Tōkyō, Musée des collections impériales
Boudhha Sakyamuni 1765 Kyōto, Shōkokuji
Vieux pin et phénix blanc 1766 Tōkyō, Musée des collections impériales

Issu d'une famille aisée d'épiciers de Kyōto, il peut se consacrer à la peinture, libre de toutes contraintes économiques et même artistiques. Au monastère zen Shōkoku-ji de Kyōto, dont il est habitué, il a l'occasion d'étudier les peintures de fleurs et d'oiseaux de la chine des Song (960-1279) et probablement aussi des Ming (1368-1644) et leur réalisme le marque sans doute, lui que le style conventionnel de l'école Kanō ne peut contenter. Comme plusieurs autres artistes indépendants de son époque, il crée donc un style marqué par l'esprit positif ambiant où l'on retrouve mêlés des éléments Kanō et des enseignements de Maruyama Ōkyo (1733-1795), l'initiateur du réalisme pictural.

Jakuchû habite une grande maison de la rue Nishiki, les halles de Kyōto, et ce quartier pittoresque contribue sûrement à développer son goût pour la réalité de la chose peinte, ainsi que les animaux et les oiseaux qu'il élève dans son jardin dont un paon et un perroquet, très rare à cette époque, et diverses sortes de coqs.

Entre 1757 et 1766 environ, il exécute un ensemble de trente rouleaux suspendus intitulé Dōshokusai-e [Le Royaume coloré des êtres vivants] composés de fleurs, d'oiseaux et de poissons, véritable histoire naturelle en couleurs qu'il offre au Shōkoku-ji et qui sont aujourd'hui dans les collections impériales.

Le grand incendie qui ravage Kyōto en 1788 lui fait perdre sa fortune et sa maison, aussi se retire-t-il dans un monastère où il peut poursuivre son activité à l'écart des courants professionnels.

Les Coqs au cactus, vaste composition qui orne les portes à glissière (fusuma) au temple Saifuku-ji d'Osaka, sont le fruit de ses longues recherches. Observateur aigu, il parvient, par une stylisation exagérée, à donner à ses animaux une expression pleine de vigueur, voire de majesté. Le contraste des couleurs vives et de l'or est accentué par un immense cactus, témoin de sa curiosité pour les plantes exotiques. Son réalisme aboutit à une sorte d'expressionnisme, trait exceptionnel dans la peinture japonaise, qui explique l'intérêt croissant que l'on porte actuellement à cet artiste qui fait figure d'isolé.