(1767-1824)
Néo-classique

L'œuvre de Girodet se situe à la charnière de la peinture néoclassique et de la peinture romantique. La recherche de la beauté idéale selon les canons classiques l'inscrit dans la lignée des peintres néoclassiques davidiens dont il est avec Antoine-Jean Gros, François Gérard, et Jean-Auguste-Dominique Ingres l'un des principaux représentants, alors même que, par une forte volonté d'innovation, il imprègne ses peintures d'une grâce et d'une poésie singulière qui préfigure le romantisme.

Pygmalion et Galatée 1819 Paris Musée du Louvre

Né Anne-Louis Girodet de Roucy (ou de Roussy selon les sources), le jeune Girodet passe son enfance dans sa ville natale de Montargis. Aussi doué pour le violon que pour le dessin, il choisit la peinture et rejoint, en 1785, Paris et l'atelier de David, dont il est l'un des élèves les plus talentueux.

Très proche de ses parents ainsi que le montre sa correspondance, Girodet déplore le décès de son père en 1784 et de sa mère en 1787 alors qu'il n' a pas 20 ans. Dans la capitale, le jeune homme est protégé et aidé par le docteur Trioson, un ami proche de sa famille. Girodet passe le Prix de Rome une première fois en 1787 où il est disqualifié pour avoir sorti des croquis de l'enceinte de l'épreuve (les candidats ne devant disposer d'aucune aide extérieure durant le concours). Il le retente l'année suivante avec La mort de Tatius et obtient la seconde place. Il en est lauréat en 1789 avec Joseph, reconnu par ses frères.

Il rejoint alors Rome et y peint Le Sommeil d'Endymion et Hippocrate refusant les présents d'Artaxerxès. En 1793, les Français sont exclus des États pontificaux et il quitte la Ville Éternelle, séjournant dans différentes cités de la péninsule italienne.

Girodet regagne Paris en 1795. Il y peint plusieurs tableaux majeurs dont le portrait de Jean-Baptiste Belley en 1797, Mademoiselle Lange en Danaé en 1799, un portrait de Napoléon Bonaparte Premier consul en 1802, la Leçon de géographie en 1803, les Funérailles d'Atala en 1808, le portrait de François-René de Chateaubriand méditant sur les ruines de Rome en 1809.

En 1809, le docteur Trioson adopte son protégé et en fait son héritier. À partir de cette date le peintre accolera Trioson à son patronyme, qui devient Girodet de Roucy-Trioson, simplifié en Girodet-Trioson.

Girodet-Trioson remporte le prix de la Décennie de 1810 avec Scène de déluge. L’Intervention des Sabines de Jacques-Louis David est classé second et le célèbre peintre du Sacre ne dissimule pas le dépit et la jalousie que lui cause la réussite de son ancien élève. En 1812, Girodet hérite d'une fortune qui lui permet de se consacrer à l'écriture de poèmes sur l'esthétisme. À partir de 1813, il participe à la décoration du château de Compiègne en y peignant plusieurs fresques murales.

Girodet-Trioson ne pâtit pas de la Restauration. Le roi lui commande un portrait posthume de Jacques Cathelineau et le 4 septembre 1816, il est nommé professeur à l'École des Beaux-Arts de Paris en remplacement de François-André Vincent. Il aura pour successeur Louis Hersent en 1825.

Les forces de Girodet déclinent et la qualité de ses dernières œuvres, telles Tête de Vierge et Pygmalion et Galatée, en pâtit. Il s'éteint à Paris le 9 décembre 1824 à l'âge de 57 ans.