L’armoire des ex-voto d’argent
Fra Angelico
1452
 
 

L’armoire des ex-voto d’argent
Fra Angelico,1450-1452
tempera sur panneau de bois trois panneaux
123x123 ; 123x160; 123x160.
Musée de San Marco, Florence

   

L’Armoire des ex-voto d’argent est le fruit d’une des grandes commandes des Médicis passée à Fra Angelico dans sa période de maturité. Il s’agit d’une œuvre tardive, conçue pour accueillir les offrandes déposées dans le sanctuaire de la Santa Annunziata, à Florence.

C’est pour le fils de Côme de Médicis, Pierre, promoteur de l’enrichissement artistique du sanctuaire, que Fra Angelico a peint cette extraordinaire armoire. Pour exprimer des concepts théologiques complexes, il choisit une exécution qui a tout le raffinement d’une enluminure. C’est en 1468, dans le commentaire de ces peintures, qu’un moine a attribué à Fra Giovanni le qualificatif d’"angélique" qui lui est resté.

Elle comporte trois panneaux autographes de Fra Angelico, peints vers 1450-1452, et divisés en compartiments. Le premier panneau est consacré à des scènes de l’enfance du Christ, le second à sa vie d’adulte et à ses miracles. C’est le troisième qui est exposé ici.

Sur le premier panneau consacré à l'enfance du christ sont représentés : la roue mystique, l'annonciation, La Nativité, La circoncision, l'adoration des Mages, La présentation au temple, La fuite en Egypte, Le Massacre des Innocents et Le Christ parmi les docteurs.

Sur le second panneau consacré aux action du Christ adulte sont repérsentés : La résurrection de Lazare, L'entrée à Jérusalem, la dernière Cène, le paiement de Judas, Le lavement des pieds, L'Eucharistie, La prière dans le Jardin des oliviers, La trahison de Judas, L'arrestation du Christ, Le Christ devant Caiafas, Le Christ raillé, Le Christ à la colonne

Sur le troisieme pannaeau, on reconnaît de gauche à droite et de haut en bas : La Montée au calvaire, le Dépouillement du Christ, la Crucifixion, la Déposition, la Descente aux limbes, les Pieuses femmes au sépulcre, l’Ascension, la Pentecôte, le Jugement dernier, le Couronnement de la Vierge et l’image symbolique que l’on appelle la Lex amoris.

Les scènes se passent dans des paysages qui, parfois, courent de l’une à l’autre. Chacune s’enrichit de deux cartouches sous forme de parchemins déployés : la marge inférieure contient le texte évangélique correspondant à la scène, tandis que le texte inscrit dans la marge supérieure fait référence au passage de l’Ancien Testament qui annonçait cet épisode. Cette peinture illustre donc un discours théologique inspiré de saint Thomas d’Aquin, qui vise à établir un parallèle entre le Nouveau et l’Ancien Testament pour affirmer la supériorité de la Lex amoris chrétienne sur la Lex timoris judaïque. Ils ont été ajoutées plus tard, non pas par Angelico, lorsque toutes les scènes étaient completes.

 

 

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