Etant donnés la chute d'eau, le gaz ... Marcel Duchamp   1966
 
 
Etant donnés : 1°) la chute d'eau, 2°) le gaz d'éclairage
Marcel Duchamp , 1966
Montage de divers matériaux : vielle porte en bois, briques, velours, bois, cuir tiré sur une trame en métal, branchage, aluminium, fer, verre, plexiglas, linoléum, coton, lampes à gaz, moteur, etc.
242,5x 177,8, 124,5
Musé de Philadelphie, donation Fondation Cassandra
 
   

Pendant vingt ans, Duchamp élabora secrètement Etant donnés..., alors que tout le monde, y compris ses proches, pensaient qu'il avait cessé de créer.

Il signa cet environnement complexe en 1966, spécifiant à sa femme et à Bill Copley qu'il ne devait être montré qu'à après sa mort. Le jour venu, Etant donné… fut donc démonté, transporté et remonté en trois mois à partir d'un manuel intitulé Approximation démontable, exécuté entre 1946 et 1966 à New-York ("par approximation, j'entends une marge ad libitum dans le démontage et le remontage", et présenté au public.

Au musée de Philadelphie, dans une salle exclusivement réservée à cette œuvre, on ne voit d'abord qu'une grande porte en bois (venue de Caduqués) percée de deux petits trous à hauteur de regard. La scène que l'on découvre en y portant les yeux se compose d'un mur intérieur en briques, dans lequel une brèche fait apparaître une femme nue couchée sur le dos à même le sol couvert de branchages, les jambes écartées, tenant dans la main gauche tendue un bec Auer - dont la lumière est en l'occurrence électrique. Le corps de la femme est en plâtre recouvert de peau de porc, ce qui donne une apparence charnelle très vivante. Au fond de l'installation on distingue un paysage en trompe l'œil qui est une photographiée coloriée à la main. Au devant de cette vue coule une chute d'eau, réalisée en illusion optique à l'aide d'un tambour rotatif percé de trous, et d'un projecteur.

Cette conclusion ultime de l'érotisme duchampien peut s'interpréter comme un hymne à la femme- éternellement désirée (ou source de frustration)_ mais également comme une démonstration que l'œuvre d'art n'existe que par la participation du spectateur voyeur.

 

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