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La lumière vive du sud de la France, où il séjourne en mai 1952, bouleverse Staël et lui suggère une série de paysages très colorés qui s’inspire des plages du Lavandou.

Le 31 mai il écrit à son marchand Jacques Dubourg: “La lumière est tout simplement fulgurante ici, bien plus que je ne m’en souvenais. Je vous ferai des choses de mer, de plage, en mesurant l’éclat jusqu’au bout si tout va bien…”. Et aussi, en juin: “Evidemment c’est une grande leçon que donne cette lumière grecque où seuls la pierre et le marbre résistent en radiation. Tout compte fait, ni Cézanne, ni Van Gogh, ni Bonnard ne s’en sont servis autrement qu’en éperon psychique, je veux dire sur le plan intime, ils auraient pu peindre ce qu’ils ont peint vraiment n’importe où, les grecs non, c’est total, leur sculpture prend et rend ce soleil comme il est impossible de le faire ailleurs, dans toute sa simplicité.”


Contrairement aux paysages peints sur la côte normande, où le dessin se réduit à une juxtaposition d’horizontales et où tout est mouvement et changement infinitésimal de lumière, ici, la couleur saturée explose dans une profusion de rouges, de bleus, de verts, étalés en à plats sans variations tonales. La composition se fait plus complexe, affectionne la verticale et s’ordonne par blocs de formes massives, comme sculptées par la couleur.

 

Lavandou
1952
Huile sur toile 195 x 97cm
Musée national d’art moderne, Paris