La chapelle, décorée à fresque par Masaccio, Masolino entre 1424-28 puis par Filippino Lippi en 1481-83, se trouve dans le droit bras du transept de l'église de Santa Maria del Carmine, consacrée à la Madone del Popolo.

Le cycle de fresques, à l'exception des deux premières, raconte l'histoire de saint Pierre, comme suit :

1 - Masolino : La tentation d'Adam et Eve
2 - Masaccio, Adam et Eve chassée du Paradis terrestre
3 - Masaccio, Le tribut
4 - Masolino, Le sermon de Saint Pierre
5 - Masaccio, Le baptême des néophytes
6 - Masolino, La guérison de l'estropié et le résurrection de Tabita 
7 - Masaccio, La distribution des biens et la mort de Anania 
8 - Masaccio, Saint Pierre guéri avec l’ombre
9 - Filippino Lippi, La visite de Saint Paul à Saint Pierre en prison
10- Masaccio (et Filippino lippi), La résurrection du fils de Théophile et la chaire de Saint Pierre 
11- Filippino Lippi, Saint Pierre libéré de prison
12- Filippino Lippi, La dispute de Saint Pierre avec  Simon le mage et la crucifixion de Saint Pierre

 

En 1423, de retour d'Egypte pour le compte des Medicis, le riche marchand Felice Brancacci ordonne la décoration de la chapelle par des fresques illustrant la vie de saint Pierre, qui était alors le patron de celle-ci. Il adrese sa commande à Masolino et Masaccio, respectivement 40 et 22 ans, qui travaillent alors ensemble. Pendant longtemps, on a considéré que le second était le disciple du premier. En vérité, Masaccio est inscrit à l'Arte dei Medici e Speziali depuis 1422. Il assiste à la cérémonie de consécration de l'église Santa Maria del Carmine et est chargé de réaliser une fresque représentant la consécration, fresque qui sera détruite à la fin du XVIe siècle, lors de travaux de restructuration du couvent. Les deux peintres étaient vraisemblablement liés par un partenariat très soudé, comme le démontre le résultat cohérent et harmonieux du cycle. Dans ces fresques Masolino fait preuve de sa maîtrise de la culture gothique tardive, décorative et raffinée, tout en adaptant son style à celui de son jeune et plus innovant collègue. Plus puissante apparaît en effet la peinture de Masaccio, peuplée de personnages à la plastique solide, insérés dans un espace réaliste et marqués par un profond et presque tragique sens de la dignité morale. La perspective confère une extraordinaire unité visuelle à tout le cycle dont le réalisme va jusqu'à utiliser la source lumineuse de la fenêtre de la chapelle pour projeter les ombres des personnages.

En raison du départ de Masolino da Panicale pour la Hongrie et de Masaccio pour Rome, en 1427, les fresques restent inachevée. À la suite de l'exil des Brancacci en 1436, tombé en disgrâce pour ses sympathies envers les ennemis des medicis, les frères du monastère font enlever les portraits de tous les personnages liés à sa famille et, en 1460, consacrent la chapelle à la Vierge del Popolo. Ils insèrent alors un retable du XIIIe siècle. C'est seulement dans les années 1481-1483 que Filippino Lippi achève les scènes manquantes. Son intervention sobre et respectueuse de la peinture de ses prédécesseurs contribue à l'homogénéité stylistique de la chapelle.

Les fresques ont plusieurs fois failli disparaitre Après que la chapelle fut consacrée à la Vierge, un certain nombre de lampes votives ont été installées : le noir de fumée qu'elles ont produit a couvert la surface des fresques, causant de tels dégâts qu'elles ont dû être nettoyés dès la deuxième moitié du 16e siècle. En 1680 la Grande-Duchesse Vittoria della Rovere s'oppose au marquis Ferroni qui voulait transformer la chapelle en style baroque : les deux niveaux de fresques sont divisés par quatre jeux de sculptures taillées et dorées dans des encadrements de bois. C'est probablement de ce temps, pendant le règne de Cosme III le fanatique, que datent les feuilles ajoutées pour cacher la nudité d'Adam et Eve dans les deux fresques de la Tentation de Masolino et de l'Expulsion du Jardin de Masaccio. Toutefois au milieu du XVIIIe siècle une modernisation détruit les peintures de la voûte et et des lunettes. La chapelle échappa au feu alors que l'église fut dévastée par un incendie en 1771 l'église. En 1780, la chapelle est rachetée en par la famille Riccardi qui change l'autel et le plancher. Les fresques, négligées tout au long du XIXe siècle sont grossièrement restaurées en 1904. Les travaux de restauration entrepris dans les années quatre-vingt ont finalement permis de retrouver leur couleurs claires et lumineuses.

source : musées de Florence

 

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