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l’Exposition internationale des arts décoratifs et industriels modernesse tient à Paris, sur l’esplanade des Invalides, les quais rive gauche et rive droite et les alentours du Grand Palais et du Petit Palais, du 28 avril au 30 novembre 1925.
Vingt et un pays, pour la plupart européens, participent à cette grande rencontre : Autriche, Belgique, Danemark, Espagne, Finlande, Grande-Bretagne, Grèce, Hollande, Italie, Lituanie, Luxembourg, Monaco, Pologne, Suède, Suisse, Tchécoslovaque, URSS, Yougoslavie. Seule l’Allemagne est absente pour des raisons économiques et politiques. L’Asie est représentée par la Chine, le Japon et la Turquie ; l’Afrique par les colonies françaises et les pays sous mandat français.
- A partir du bas, au centre : Porte d’honneur (1) ; à droite, Pavillon de l’esprit nouveau (2) ; à gauche, Pavillon de l’élégance (3).
- Les boutiques du Pont Alexandre III (4) ;
Pavillon Primavera (5).
- Pavillon de la manufacture de Sèvres (6) ; Pavillon du collectionneur Ruhlmann (7).
- Le Musée contemporain (8) ; Pavillon Lalique (9), Pavillon de l’Ambassade française (10)
1 - Porte d’honneur
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2- Pavillon de l’Esprit nouveau
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Objet du pavillon : un logement-type de réalisation exclusivement industrielle avec l’emploi systématique d’éléments standards l’étude de ces principes de standardisation dans leur généralisation urbaine et interurbaine application au plan d’agencement du centre de Paris. dit : Plan « Voisin » de Paris. Architectes : Le Corbusier et Pierre Jeanneret
Le Corbusier illustre les concepts du Purisme décrits dans la revue L'Esprit nouveau fondée avec Ozenfant en 1920. La différence avec les ensembliers art déco est notable : Le Corbusier, assisté de son cousin Pierre Jeanneret, réalise le mobilier mais il le nomme « équipement ». Ce sont des sortes de casiers standards, incorporés aux murs ou modulables. À l'intérieur de la cellule d'habitation, aucun décor n'est toléré. Seules de véritables œuvres d'art de Léger (La Balustre), Ozenfant, Gris, Picasso et Le Corbusier (Nature morte de l'Esprit nouveau) sont exposées.
3 - Pavillon de l’Élégance
Édifié par : Jeanne Lanvin, Jenny, Callot, Worth, Cartier avec la coopération de Mesdames Georgette et Alexandrine
Coopérateurs : Rateau pour la décoration intérieure et extérieure et l’ameublement ; Baguès pour la ferronnerie et le luminaire ; Bianchini et Rodier pour les tissus ; Braquenié pour les tapis et la tapisserie ; Gaudissart pour le carton ; Anciens Établissements Siégel et Stockmann pour les mannequins ; Maison Hermès pour la maroquinerie ; Dunand pour les vases
4 -Les boutiques du Pont Alexandre III

5 - Pavillon Primavera (Atelier des grands magasins du Printemps)

Conseil artistique : J. Ruhlmann, R. Guilleré. Architectes : Sauvage & Wybo pour l’extérieur ; A. Levard pour l’intérieur
6 - Pavillon de la manufacture de Sèvres

Architecte en chef : P. Patout et André Ventre ; architecte : Théodon
7 - Pavillon du collectionneur Ruhlmann
Le pavillon du Collectionneur Ruhlmann à l’Exposition de 1925 est certainement le plus réussi et le plus admiré par le public. L’architecture élégante de Pierre Patout, ornée des bas-reliefs de Joseph Bernard, se place dans la tradition classique. Sur la façade côté jardin, la porte d’entrée d’Edgar Brandt est surmontée du bas-relief « La Danse ».
D’une grande unité et d’une rare qualité, le pavillon abrite les meubles de Ruhlmann mais aussi ceux d’Henri Rapin et de Francis Jourdain. Les objets sont signés par Edgar Brandt et Jean Puiforcat pour le métal, Émile Decoeur et Émile Lenoble pour la céramique et François Décorchemont pour le verre. Le grand salon, pièce monumentale par ses proportions, présente un grand raffinement. Sous la grande coupole peinte par Rigal, devant les murs tendus d’un damas orné de grands vases fleuris avec guirlandes, draperies et oiseaux, dessiné par Stéphany et édité par Cornille Frères, Ruhlmann dispose ses meubles aux teintes sombres dont le grand bureau ministre et le chiffonnier Fontane. Le tapis à dominante bleue répond à la tenture de damas rose qu’éclairent un lustre volumineux et des appliques en cristal.
Dans la salle à manger, les murs marron sont tendus de grandes tapisseries devant lesquelles sont placés des meubles volumineux, buffet, desserte et une longue table à piètement arrondi. Le boudoir est orné de lambris peints en vert et or sculptés par Charles Hairon. Sur le tapis dessiné par Ruhlmann, est disposé le bureau à cylindre conçu en 1923 et réalisé en ébène de macassar et ivoire.
8 - Le Musée contemporain, Compagnie des Arts français

Architectes et artistes décorateurs Süe & Mare Extérieurs et intérieurs par Benezech pour la marbrerie ; Bret pour la miroiterie, Busigny frères pour la menuiserie ; Boucaut pour les revêtements ; Cullerier pour lma serrurerie ; R. Descallières pour le fer forgé.
9 - Pavillon Lalique
Décorateur : René Lalique Coopérateur : Marc Ducluzeaud, architecte. Extérieur exécuté par Pinton & Nion, Lacroix pour le ciment ; L. Maison pour les parties métalliques des portes ; la Manufacture Nationale de Sèvres pour les degrés en céramique, dessinés par René Lalique. Intérieur composé et exécuté par René Lalique. Le grand vase en verre a été dessiné et exécuté par René Lalique La salle à manger, composée par René Lalique et exécutée par la maison Charles Bernel. Vitrail, dressoir, appareils d’éclairage et service de table par René Lalique.
10- Pavillon de l’Ambassade française

L’idée de cette confrontation internationale est émise dès les premières années du XXe siècle. En 1902, l’Italie et la ville de Turin organisent la première Exposition internationale d’art décoratif et prennent ainsi le rôle de leader dans la promotion de l’art décoratif moderne.
Le règlement de l’exposition de 1902 est très strict : « On n’acceptera que les ouvrages originaux qui montreront une tendance bien marquée au renouvellement esthétique de la forme. Les imitations d’anciens styles et les productions industrielles dénuées d’inspiration artistique ne seront pas admises. » Ce règlement sera repris par tous les organisateurs des expositions suivantes : Milan en 1906, Rome et Turin en 1911.
En France, la Société des artistes décorateurs reprend ce principe dès sa création en 1901. En 1911, après plusieurs demandes et rapports pour l’organisation d’une exposition d’art décoratif moderne en France, les présidents des trois sociétés culturelles actives dans le domaine des arts décoratifs – l’Union centrale des Arts décoratifs, la Société des artistes décorateurs et la Société d’encouragement à l’art et à l’industrie – expriment conjointement le vœu que le gouvernement réalise cette exposition en 1915. Finalement l’exposition programmée en 1915, repoussée à 1916, ajournée pour cause de guerre à 1922, puis en 1924, aura enfin lieu en 1925.
Succès public incontestable, l’Exposition suscite pourtant une profonde déception auprès des artistes et des amateurs. Les reproches les plus importants qui lui sont faits, sont son ostentation luxueuse, l’absence de programme social, le caractère éphémère des constructions et donc des dépenses, la déconnection avec la vie contemporaine et ses nouvelles conditions techniques, industrielles et sociales.
Les pavillons, aménagés entre autres par des décorateurs, marques ou manufactures, se déploient entre les Invalides et le Grand Palais, dans lequel est montrée la sélection française organisée par sections, nommées classes. L’exposition a comme but d’être résolument moderne, dans la forme comme dans l’idée. Les organisateurs, personnalités du monde artistique mais aussi politique et industriel, choisissent les œuvres et les participants avec soin. Pensée dès les années 1910 et maintes fois repoussée, elle est également, pour la France, un outil commercial et culturel. Certains contemporains ont pu lui reprocher son absence de programme social, ou le peu de place réservée aux propositions plus radicales. Mais grâce au prix modique du ticket d’entrée, aux larges horaires d’ouverture et à la présence de restaurants et d’attractions, l’exposition est un grand succès populaire qui attire environ 15 millions de visiteurs.
La diversité des participants à l’exposition de 1925 reflète la multitude de tendances qui traversent l’Art déco. Des créateurs de sensibilités différentes se côtoient, parfois au sein du même pavillon, comme dans Une Ambassade française de la Société des artistes décorateurs. La presse du temps les oppose en une série de binômes, contemporains / modernes, traditionalistes / rationalistes, ou coloristes-décorateurs / ingénieurs-constructeurs. Les manifestes modernistes, tels que le pavillon de l’Esprit nouveau de Le Corbusier ou le pavillon constructiviste de l’URSS, restent minoritaires. La création de l’Union des artistes modernes en 1929, réunissant des grands noms de l’Art déco mais aussi l’entourage de Le Corbusier et de Charlotte Perriand, clarifie les oppositions. Se distinguent alors les tenants d’un luxe décoratif et les avocats d’une production rationalisée de masse.